L'écart qui choque : 98 jours contre 3
Faisons le calcul. Une salariée marocaine a droit à 14 semaines de congé maternité, 98 jours, intégralement rémunérés par la CNSS, répartis avant et après l'accouchement.
Le père salarié, lui, a droit à... trois jours, à prendre dans le mois suivant la naissance. Dans la fonction publique, l'écart se resserre un peu -15 jours pour les fonctionnaires- mais reste énorme.
Résultat : dans l'immense majorité des foyers, la charge des premières semaines avec un nouveau-né repose presque entièrement sur la mère, non pas par choix, mais parce que la loi ne laisse pas vraiment d'autre option au père.
Le père salarié, lui, a droit à... trois jours, à prendre dans le mois suivant la naissance. Dans la fonction publique, l'écart se resserre un peu -15 jours pour les fonctionnaires- mais reste énorme.
Résultat : dans l'immense majorité des foyers, la charge des premières semaines avec un nouveau-né repose presque entièrement sur la mère, non pas par choix, mais parce que la loi ne laisse pas vraiment d'autre option au père.
Ce que propose l'Istiqlal : un congé partagé et flexible
Le programme propose l'instauration d'un cadre légal permettant aux deux parents de bénéficier d'un congé rémunéré pour s'occuper de l'enfant durant sa première période de vie, avec une nouveauté de taille : la possibilité de partager ce congé et d'en bénéficier de façon flexible entre le père et la mère.
L'objectif affiché est double : renforcer la participation des pères aux soins précoces des enfants, et contribuer à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale pour l'ensemble du foyer, pas seulement pour la mère.
L'objectif affiché est double : renforcer la participation des pères aux soins précoces des enfants, et contribuer à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale pour l'ensemble du foyer, pas seulement pour la mère.
Un contexte de réforme déjà amorcé
Cette proposition ne sort pas de nulle part. Le sujet est déjà sur la table à deux niveaux. D'un côté, la réforme de la Moudawana, dont les 139 propositions d'amendement ont été présentées fin décembre 2024 et sont actuellement examinées au Parlement, introduit le principe de garde partagée et de coresponsabilité parentale effective.
De l'autre, le projet de réforme du Code du travail porté par le ministre de l'Emploi évoque, dans le cadre du dialogue social, une possible extension du congé paternité au secteur privé, sans qu'aucun engagement formel n'ait encore été pris.
L'Istiqlal s'inscrit donc dans une dynamique de réforme déjà enclenchée, plutôt que de partir de zéro.
De l'autre, le projet de réforme du Code du travail porté par le ministre de l'Emploi évoque, dans le cadre du dialogue social, une possible extension du congé paternité au secteur privé, sans qu'aucun engagement formel n'ait encore été pris.
L'Istiqlal s'inscrit donc dans une dynamique de réforme déjà enclenchée, plutôt que de partir de zéro.
Un pas vers un partage plus équitable
En misant sur la flexibilité et le partage entre les deux parents, l'Istiqlal s'aligne sur les recommandations qui accompagnent la réforme de la Moudawana : donner aux pères une vraie place dans les premières semaines de vie de l'enfant, et pas seulement un rôle symbolique.
C'est une mesure qui s'inscrit dans une évolution plus large de la société marocaine vers un partage plus équilibré des responsabilités familiales.
C'est une mesure qui s'inscrit dans une évolution plus large de la société marocaine vers un partage plus équilibré des responsabilités familiales.