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Chine–Afrique–Maroc, l’heure des résultats

Que reste-t-il des promesses commerciales, industrielles et de coopération sur le terrain ?

Les échanges entre la Chine, l’Afrique et le Maroc ouvrent des débouchés commerciaux et industriels. Leurs retombées se mesurent dans les commandes, les emplois, les achats locaux et les compétences acquises. Le tarif zéro chinois peut aider une PME marocaine à vendre, à condition que son produit soit éligible, que le coût de livraison reste compétitif et que les commandes se répètent. Dans les batteries, Jorf Lasfar produit déjà des matériaux, tandis que le projet de Kénitra doit être suivi jusqu’aux premières livraisons commerciales. La liaison Tanger–Dakar offre un autre point d’observation. Pour savoir quelle valeur reste au Maroc, il faut distinguer le transit de la transformation locale. Le dossier applique la même méthode aux coopérations de terrain. Du traitement des eaux du Sebou aux missions médicales en Afrique, les résultats se lisent dans le fonctionnement des installations et dans la capacité des équipes locales à prendre durablement le relais.



Ce dossier spécial en format Scroll de L’ODJ Média réunit dix articles sur les relations entre la Chine, l’Afrique et le Maroc

Il suit le parcours d’un produit marocain vers le marché chinois, de son classement douanier à la seconde commande. Il examine la filière des batteries à partir de Jorf Lasfar et de Kénitra, en distinguant les capacités annoncées, les volumes produits et les livraisons. La liaison Tanger–Dakar sert à expliquer ce qui différencie le transit d’une marchandise de sa transformation au Maroc. À Bouskoura, une ligne de composants en carbure de silicium donne un point de départ concret pour explorer les métiers de l’électronique de puissance.

Le dossier s’intéresse aussi aux conditions qui permettent aux coopérations de durer. Le rapprochement entre le Yangtsé et le Sebou pose la question du financement de l’exploitation des stations de traitement. Dans les oasis marocaines, fixer les dunes suppose de tenir compte de l’eau disponible et de l’entretien des plantations. Les missions médicales chinoises soulèvent la question de la transmission des compétences. En Guinée, le projet de riz hybride invite à examiner les charges de l’exploitant autant que le rendement de sa parcelle.

Deux articles élargissent enfin le regard. Le premier suit la valeur d’un souvenir artisanal de l’atelier jusqu’au client. Le second examine la manière dont les médias racontent la Chine à leurs lecteurs. Un sommaire illustré, des chiffres clés, un glossaire et les références de chaque article permettent de circuler entre les sujets et de retrouver les éléments qui étayent les analyses présentées.

Chine–Afrique–Maroc | 10 enquêtes et décryptages – L’ODJ Média
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Dossier spécial · 10 articles

Chine–Afrique–Maroc

Que reste-t-il des promesses sur le terrain ?

Le Maroc voit s’ouvrir des débouchés en Chine et se développer de nouvelles activités industrielles sur son territoire. Pour en mesurer les effets, ce dossier suit les commandes, les marchandises, les emplois et les compétences. Il compare aussi des expériences africaines et chinoises, de la dépollution des rivières à la formation médicale, pour éclairer les décisions marocaines. Dix articles distinguent les résultats documentés, les objectifs annoncés et les données qui manquent encore.

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Illustration d’un port à conteneurs au crépuscule et d’un navire quittant les quais.
Illustration de couverture · Dossier L’ODJ Média

Le dossier en trois parties

Sommaire

Les faits à garder en tête

L’essentiel

  • Le tarif zéro ouvre un débouché. Son effet dépend du produit, des règles d’origine, du coût de livraison et des commandes obtenues.
  • Les projets industriels avancent par étapes. Les volumes produits, les clients servis et les achats auprès de fournisseurs locaux permettent de suivre la valeur créée.
  • Les coopérations s’évaluent dans la durée. Suivre les stations de traitement, les plantations et les compétences après une mission permet de mesurer ce qui reste.

Trois chiffres pour situer le dossier

11,1 millions
d’EVP traités par Tanger Med en 2025, en hausse de 8,4 % sur un an.Tanger Med
40 000 t
de capacité annoncée pour la première unité de précurseurs de cathodes de COBCO à Jorf Lasfar.COBCO
14 stations
construites pour traiter les effluents des huileries dans la zone du bassin du Sebou, selon le bilan relayé en mars 2025.Maroc.ma / MAP
Déficit commercial marocain de biens avec la Chine
202486,2 Mds DH
2025110,2 Mds DH
Échelle de 0 à 120 milliards de dirhams. Données antérieures à l’entrée en vigueur de la préférence chinoise. Office des Changes

Partie 1 sur 3

Industrie et commerce

Du droit de douane au composant électronique, quatre articles suivent la valeur créée entre le port, l’usine et le client.

Économie et commerce

Tarif zéro en Chine, le parcours d’un produit marocain

Depuis mai 2026, le Maroc figure parmi les pays africains couverts par un régime tarifaire préférentiel chinois. Pour une PME marocaine, le gain se mesure au coût de la marchandise livrée et à sa capacité à trouver des acheteurs réguliers.

Une bouteille d’huile d’argan et un carton d’expédition devant un terminal à conteneurs.
Illustration éditoriale · L’ODJ Média

Ce que Pékin a ouvert

Le texte publié par la Commission des tarifs douaniers du Conseil des affaires d’État chinois fixe deux dates. Le régime étudié s’applique du 1er mai 2026 au 30 avril 2028. Le Maroc figure dans l’annexe avec dix-neuf autres pays africains qui entretiennent des relations diplomatiques avec Pékin et qui ne relèvent pas de la catégorie des pays les moins avancés. Cette décision élargit une politique que la Chine avait déjà mise en place pour d’autres pays du continent. Pour un exportateur marocain, le document à examiner est l’annexe tarifaire, ligne par ligne, à partir du code douanier de son produit. [1]

Le point de départ marocain donne la mesure de l’enjeu. Selon l’Office des Changes, le déficit commercial de biens avec la Chine a atteint 110,2 milliards de dirhams en 2025, après 86,2 milliards en 2024. Ce solde, mesuré avant l’entrée en vigueur de la préférence, traduit l’écart entre les marchandises que le Maroc achète à la Chine et celles qu’il lui vend. Une progression des exportations dans quelques spécialités peut créer de vrais débouchés pour les entreprises concernées, même si son effet sur le solde bilatéral reste modeste. Les deux évolutions se suivent à des échelles différentes.

Le dossier commence avant le départ

Prenons le cas d’une PME qui voudrait expédier de l’huile d’argan conditionnée. Selon l’usage et la présentation du produit, elle doit faire vérifier son classement et les exigences correspondantes par son partenaire importateur. Elle devra documenter l’origine, rapprocher les informations figurant sur ses pièces commerciales et s’assurer que les conditions de la préférence sont remplies. Le conditionnement, la traçabilité et les formalités à l’arrivée font partie du calendrier. Une erreur de classement ou un dossier incomplet peut immobiliser un lot et faire grimper la facture.

Le prix qui compte est celui de la livraison

Le gain douanier se calcule à partir du droit qui aurait été appliqué au même produit sans la préférence. La comparaison doit ensuite intégrer le fret, l’assurance, les frais de dédouanement, les formalités éventuelles et la distribution. La taxe intérieure applicable à l’importation doit aussi être examinée séparément. Selon le contrat, la baisse du droit peut se retrouver dans le prix proposé au consommateur, améliorer la marge du distributeur ou donner à l’exportateur une latitude pour négocier. Il faut regarder le contrat et la facture pour savoir qui bénéficie de l’avantage.

La difficulté est aussi commerciale. Un premier lot peut trouver preneur à la faveur d’un salon ou d’une opération de promotion. Obtenir une seconde commande suppose de livrer à temps, de répondre aux exigences du distributeur et d’absorber les coûts d’un marché lointain. À ce stade, les documents publics consultés établissent l’accès au régime pour le Maroc. Ils ne permettent pas de chiffrer la part des exportateurs marocains qui l’utilisent ni l’économie moyenne effectivement réalisée. Une déclaration d’importation correspondant à une expédition documentée serait la pièce décisive.

Pour suivre les premiers effets, il faudra observer les exportations mensuelles en valeur et, quand les séries le permettent, en volume, en comparant les mêmes mois d’une année à l’autre. Les campagnes agricoles, les prix et le change peuvent faire varier les recettes indépendamment du tarif. Le premier bilan utile pour une PME tiendra en trois questions concrètes. Le produit est-il entré aux conditions attendues ? Quel a été son coût réel à l’arrivée ? Le client chinois a-t-il passé une nouvelle commande ?

Industrie

Batteries chinoises au Maroc, où se crée la valeur ?

Jorf Lasfar documente déjà une production de matériaux pour batteries. À Kénitra, le calendrier annoncé par Gotion ouvre une autre étape industrielle. Pour le Maroc, la question porte sur les opérations réalisées sur place, les emplois et les fournisseurs qui entrent dans la filière.

Des échantillons de matériaux pour batteries devant une ligne de production.
Illustration éditoriale · L’ODJ Média

Deux sites, deux étapes industrielles

Une usine de matériaux pour batteries et une usine de cellules peuvent appartenir à la même filière tout en produisant des biens très différents. À Jorf Lasfar, COBCO, porté par CNGR et Al Mada, a inauguré en juin 2025 une première unité dédiée aux précurseurs de cathodes au nickel, au manganèse et au cobalt. La capacité annoncée pour cette unité est de 40 000 tonnes. En août 2026, L’ODJ a rapporté un autre chiffre, issu du groupe, celui du millier de tonnes de précurseurs au nickel produites. La capacité de l’outil industriel et le volume fabriqué renseignent deux étapes distinctes de la montée en cadence. [1][2]

À Kénitra, Gotion Power Morocco a annoncé en octobre que la mise en service des équipements de sa ligne de cellules devait commencer la semaine du 20 octobre. Les publications retrouvées documentent ce calendrier. Au 7 novembre, les sources consultées ne permettent pas d’attester la date des premiers lots commercialisés. Pour suivre le projet, les jalons à distinguer sont la mise en route des machines, les premiers lots d’essai, la qualification du produit par les clients et le démarrage des livraisons. Ces étapes peuvent s’échelonner et méritent chacune un suivi daté. [3]

La filière se joue aussi chez les fournisseurs

Une usine crée une activité locale dès sa construction et mobilise ensuite des services, de la maintenance, de la logistique et des achats industriels. La question est de savoir dans quelles catégories les fournisseurs marocains peuvent monter en responsabilité. Une entreprise qui entretient les installations occupe une place différente de celle qui livre un composant répondant aux exigences d’un fabricant. Les deux contribuent à l’activité, avec des marges, des besoins de formation et des débouchés différents.

Le tableau industriel marocain comprend aussi les projets de cathodes et d’anodes de BTR à Tanger Tech, qui ont fait l’objet d’un comité de pilotage présenté par le ministère chargé de l’Investissement. Cette implantation ajoute une pièce au paysage. La proximité entre sites peut favoriser des services ou des recrutements communs. Pour établir qu’elle débouche sur une chaîne intégrée, il faudrait pouvoir documenter des relations commerciales entre producteurs, les spécifications exigées et la provenance des intrants. [4]

Les chiffres qui permettront de juger

Le suivi utile devrait partir d’indicateurs simples. Combien de personnes sont employées après la phase de chantier et dans quels métiers ? Quels achats sont réalisés auprès d’entreprises marocaines et que fournissent-elles exactement ? Quelle part des équipements peut être entretenue localement ? Une réponse précise suppose de séparer les emplois directs des prestations sous-traitées et de distinguer la valeur des achats de la quantité de fournisseurs. Un même chiffre d’emploi peut recouvrir des trajectoires très différentes selon les compétences acquises et les perspectives de carrière.

La demande finale mérite le même examen. Une capacité importante prend tout son sens quand des acheteurs qualifient les produits et les commandent régulièrement. Le coût de l’électricité, les exigences des clients, la disponibilité des intrants et les délais d’expédition pèsent sur cette équation. Pour le Maroc, la réussite se lira dans des volumes livrés, des contrats et des équipes capables d’améliorer les procédés sur place. À mesure que les sites publient ces éléments, on pourra mieux apprécier ce que le Royaume apporte à la filière et ce que la filière lui rapporte.

Ports et logistique

De Tanger à Dakar, que transporte réellement le corridor ?

Une ligne maritime relie Tanger à Dakar dans le réseau publié par Maersk. Pour mesurer la portée africaine de Tanger Med, il faut suivre les marchandises au-delà du quai et distinguer le transit, la transformation et la vente.

Une grue déplace un conteneur au-dessus d’un porte-conteneurs.
Illustration éditoriale · L’ODJ Média

Le port compte des mouvements

Tanger Med a traité 11 106 164 équivalents vingt pieds en 2025, en hausse de 8,4 % sur un an selon le groupe. L’EVP est une unité de capacité qui prend pour référence un conteneur de vingt pieds. Le chiffre donne une mesure de l’activité des terminaux. Il agrège des opérations qui répondent à des logiques différentes. Le port peut servir de point de correspondance à une cargaison, de porte d’entrée pour un industriel installé au Maroc ou de point de départ pour un exportateur. L’intérêt économique de chaque parcours dépend de ce qui se passe autour de la manutention. [1]

Une rotation publiée par Maersk pour octobre 2026 inclut la séquence Algésiras–Tanger–Dakar. Ce document établit un lien commercial proposé par l’armateur. Il ne détaille ni les marchandises transportées sur ce segment ni leur origine. Un programme de desserte renseigne la connectivité. Pour connaître son usage industriel, il faut d’autres pièces, comme un connaissement, des documents de vente et les éléments qui retracent l’origine ou la transformation du produit. [2]

Trois itinéraires pour un même conteneur

Imaginons une marchandise partie d’un port chinois et déchargée à Tanger pour changer de navire avant Dakar. La plateforme marocaine fournit une prestation logistique et permet à l’armateur de regrouper ses flux. Dans un deuxième itinéraire, un industriel marocain importe des pièces, les transforme dans son atelier et réexpédie un produit fini. Il faut alors regarder les emplois, l’énergie, les services et les achats engagés au Maroc. Dans un troisième cas, une entreprise marocaine utilise la ligne pour exporter un bien fabriqué localement avec ses propres fournisseurs. Vu du quai, les trois conteneurs peuvent se ressembler. Leurs retombées économiques se mesurent autrement.

Le test du client à Dakar

Pour un fabricant, le bon itinéraire est celui qui livre au coût et au délai promis, y compris quand la chaîne se grippe. Le tarif maritime entre dans le calcul avec le transport terrestre, les formalités, le temps passé au port et les éventuels surcoûts liés à un retard. Pour son client sénégalais, la question est de savoir si le fournisseur peut garantir un prix, des stocks et un service après-vente. Une ligne régulière rend la relation possible. La commande suivante dépend de la qualité de la livraison et de la capacité du distributeur à vendre.

Dans ce dossier, le contrepoint du Malawi, présenté par Chinafrique, est instructif. Le projet rapporté concerne la modernisation d’un chantier naval et de services sur le lac. Les distances, les équipements et les besoins diffèrent de ceux d’un grand port méditerranéen. La question commune porte sur l’usage de l’infrastructure par les entreprises et les habitants. Au Malawi, elle se pose pour la desserte de communautés et les échanges régionaux. Au Maroc, elle se pose aussi pour les industriels qui cherchent un débouché en Afrique de l’Ouest. [3]

Une mesure crédible du rôle africain de Tanger Med devrait donc rapprocher les données portuaires des destinations, des catégories de marchandises et des activités industrielles réalisées au Maroc. Ces informations ne figurent pas ensemble dans les sources publiques consultées. Le reportage le plus probant commencera par un produit identifiable, avec son fabricant, son transitaire et son acheteur. On pourra alors répondre à une question que le trafic global laisse ouverte. Quelle part du prix payé à Dakar correspond à du travail, à des services et à des intrants mobilisés au Maroc ?

Sources de l’article

Technologie

Puces électroniques, le prochain métier industriel du Maroc ?

À Bouskoura, une ligne de composants en carbure de silicium donne un point d’appui au débat. L’exemple du laboratoire pilote de Wuhan permet de poser une question précise. Quels équipements et quels métiers aideraient les entreprises marocaines à franchir l’étape suivante ?

Un module électronique sous les sondes d’un banc d’essai.
Illustration éditoriale · L’ODJ Média

Partir des opérations déjà implantées

Le mot « puce » rassemble des opérations très différentes. Concevoir un circuit, fabriquer les structures sur une plaque, découper les composants, les encapsuler et contrôler leur fiabilité exigent des équipes, des équipements et des investissements distincts. Il existe aussi plusieurs familles de produits. Les composants de puissance employés dans un système de traction électrique répondent à d’autres exigences que les processeurs d’un ordinateur. Parler d’une industrie marocaine des semi-conducteurs demande donc de préciser la famille de composants et l’étape industrielle que l’on examine.

À Bouskoura, le ministère de l’Industrie et du Commerce a documenté l’inauguration d’une nouvelle ligne de STMicroelectronics spécialisée dans les produits en carbure de silicium destinés notamment aux véhicules électriques. Le carbure de silicium trouve un usage dans l’électronique de puissance, là où il faut contrôler ou convertir des courants et des tensions. Le cas marocain donne matière à une enquête concrète sur les profils recrutés, la qualification des procédés, la maintenance des équipements et les liens avec les clients industriels. [1]

À Wuhan, l’étape entre le laboratoire et l’usine

Dans la zone de développement de Wuhan, la plateforme du laboratoire Jiufengshan, dite JFS, figure parmi les installations pilotes de semi-conducteurs composés retenues par les autorités chinoises. Une ligne pilote permet de mettre au point un procédé ou de vérifier qu’il tient quand on répète les opérations. Partager cet équipement peut offrir à des entreprises et à des chercheurs un accès à des essais que chaque structure aurait du mal à financer seule. La documentation publique établit l’existence de la plateforme. Pour évaluer ses effets, il faudrait disposer de résultats par entreprise, sur plusieurs années. [2]

Le bon créneau dépend d’un client identifiable

Au Maroc, la première question concerne les industriels susceptibles d’utiliser de tels services. Un fabricant de composants peut chercher à qualifier un nouveau matériau. Un équipementier peut avoir besoin de vérifier la durée de vie d’un module soumis à la chaleur et aux vibrations. Une équipe de recherche peut vouloir passer d’un prototype à une petite série reproductible. Ces demandes impliquent des moyens différents. Les réunir autour d’une plateforme commune supposerait des volumes suffisants, des règles d’accès claires et une organisation qui protège les données techniques des entreprises.

L’assemblage, les tests, la qualification et la conception de modules de puissance sont des pistes à examiner avec les entreprises et les écoles. Pour chaque piste, le débat doit porter sur les machines nécessaires, leur utilisation attendue et les compétences disponibles. Une ligne sous-utilisée coûte cher à maintenir. À l’inverse, un service d’essai proche d’un donneur d’ordre peut réduire les délais d’un projet et permettre aux ingénieurs de résoudre un problème avec l’atelier qui le rencontre. Un premier inventaire peut porter sur les délais de qualification et les motifs pour lesquels les industriels font réaliser certains essais à l’étranger. Ces informations aideraient à établir quel équipement mutualisé répondrait à un besoin régulier.

Une enquête sur l’étape suivante pourrait donc partir de la fiche technique d’un composant, identifier les opérations réalisées à Bouskoura et repérer les tests qui exigent aujourd’hui un prestataire extérieur. La comparaison avec Wuhan devient alors utile. Elle aide à examiner une méthode de mise en commun des équipements et de rapprochement entre recherche et industrie. La décision marocaine dépendra d’une demande vérifiable et d’équipes capables de faire fonctionner l’outil sur la durée.

Partie 2 sur 3

Coopérations de terrain

Eau, oasis, santé et agriculture. Quatre expériences éclairent les conditions dans lesquelles un projet peut durer.

Eau et environnement

Du Yangtsé au Sebou, qui paie pour dépolluer ?

Le bassin du Sebou dispose d’équipements dédiés au traitement des effluents des huileries. L’expérience chinoise du Yangtsé aide à formuler les questions que posent ces installations. Qui en assure le fonctionnement et que révèlent les analyses de l’eau ?

Des bassins de traitement au premier plan, une oliveraie et un cours d’eau en arrière-plan.
Illustration éditoriale · L’ODJ Média

La loi chinoise et ses instruments

Entrée en vigueur en mars 2021, la loi chinoise de protection du Yangtsé organise l’action à l’échelle du bassin. Elle couvre la planification, la protection des ressources et la prévention de la pollution. Le ministère chinois de l’Écologie publie des séries sur la qualité des eaux de surface. Ensemble, ces documents donnent accès au cadre de l’action et à des mesures de suivi. Pour apprécier l’efficacité d’un chantier précis, il faut ensuite examiner les stations de mesure, les dates et les indicateurs qui concernent le tronçon étudié. [1][2]

À Yichang, le dossier de Chinafrique raconte la reconversion de sites industriels et la restitution de portions de berge. Ce récit permet d’identifier des opérations et des acteurs. Établir leur effet sur l’eau suppose de rapprocher les relevés d’avant et d’après, de tenir compte des variations saisonnières et d’examiner le sort des activités déplacées. La mise en valeur d’une rive visible par le public et la réduction de la pollution dans un bassin se documentent chacune avec leurs propres données. [3]

Dans le Sebou, suivre la campagne oléicole

Au Maroc, le bilan de l’Agence du bassin hydraulique du Sebou relayé en mars 2025 mentionne quatorze stations construites pour traiter les margines, les effluents issus de l’extraction de l’huile d’olive. Il fait état d’une capacité totale de traitement de plus de 709 000 mètres cubes par an. Cette capacité constitue un repère pour situer les équipements. Le volume collecté et traité pendant une campagne renseignerait davantage sur leur usage. Pour comprendre ce qui arrive dans l’oued, il faut suivre la chaîne depuis l’huilerie, en passant par le transport ou le stockage des effluents, jusqu’à l’installation qui les reçoit. [4]

Après l’investissement, la facture de fonctionnement

Construire une station ouvre une dépense durable. L’exploitation demande du personnel, de l’énergie, de l’entretien et des analyses. Le partage de ces coûts influe sur la capacité des installations à fonctionner chaque saison. Une petite huilerie éloignée peut faire face à un coût de collecte proportionnellement plus élevé qu’une unité proche d’un site de traitement. Pour comprendre la répartition de l’effort, il faut examiner les conventions entre collectivités, exploitants et entreprises, ainsi que les modalités de facturation ou de prise en charge du transport.

Les documents publics consultés donnent un bilan de construction. Ils ne fournissent pas, pour chaque installation, les volumes traités et les séries d’analyses récentes qui permettraient d’attribuer une évolution de la qualité de l’eau à un équipement. Un cas précis rendrait cette question vérifiable. Choisir une station et un tronçon, relever les résultats en amont et en aval pendant la même période et rapprocher les données du calendrier des huileries donnerait déjà une base de comparaison. Le débit et les autres sources de rejets devraient figurer dans la lecture.

La leçon à tirer du rapprochement avec le Yangtsé tient à la manière de poser les questions. Qui finance les travaux ? Qui s’engage sur le fonctionnement quotidien ? Qui contrôle et publie les mesures ? Un riverain peut juger d’un aménagement en voyant sa berge. Pour juger d’une politique de dépollution, il lui faut aussi des séries lisibles, un lieu de prélèvement identifiable et la possibilité de suivre les résultats d’une année sur l’autre.

Climat et territoires

Fixer les dunes quand l’eau manque

Le reverdissement d’une zone sableuse en Chine fournit un point de comparaison aux oasis marocaines. La survie des plantations, la disponibilité de l’eau et la capacité des habitants à entretenir les aménagements décident de ce qui dure.

De jeunes plants protégés par des barrières de paille au bord d’une oasis.
Illustration éditoriale · L’ODJ Média

La dune avance dans un territoire habité

Dans le Drâa-Tafilalet, une oasis est à la fois un lieu de production, un ensemble de savoir-faire et une organisation de l’eau. La FAO et ses partenaires marocains, dont l’ANDZOA, ont documenté les actions du projet OASIL dans la région. La FAO relève parmi les difficultés la raréfaction de l’eau et la dégradation de dispositifs traditionnels d’irrigation comme les khettaras et les seguias. Quand les ressources diminuent, les arbitrages touchent à la fois les cultures, l’entretien des ouvrages et le temps que les habitants peuvent consacrer aux travaux collectifs. [1]

Le reportage de Chinafrique sur le reverdissement du désert en Mongolie intérieure met en avant une expérience locale, construite au fil des années. L’histoire montre la durée de l’effort. Une étude hydrologique consacrée aux plantes utilisées pour revégétaliser la zone sableuse du Mu Us permet de compléter ce récit. Elle examine les stratégies d’usage de l’eau de végétaux installés dans un milieu où cette ressource est limitée. Un tel travail incite à comparer les besoins des espèces et les conditions de leur implantation avant de tirer des conclusions pour un autre territoire. [2][3]

Quand planter entre en concurrence avec d’autres usages

Une bande de végétation peut réduire le déplacement du sable près d’une route, d’un canal ou d’une parcelle. Le choix du site dépend du vent, de la topographie et des usages à protéger. Le choix des espèces dépend aussi de leur capacité à survivre avec l’eau disponible et l’entretien prévu. Là où la ressource est comptée, l’eau utilisée pour installer les plants doit entrer dans le même bilan que l’irrigation agricole. Les protections mécaniques, la régénération de végétation existante et la restauration des ouvrages d’eau peuvent être évaluées dans ce même cadre.

Le résultat se lit après plusieurs saisons

Un bilan établi à la plantation renseigne sur la mobilisation et le nombre de plants. Le bilan après plusieurs saisons sèches renseigne sur leur survie et sur les besoins réels d’entretien. La mesure doit suivre les mêmes parcelles, avec une description de l’irrigation et du remplacement des plants morts. Pour une oasis, il faut aussi observer les effets à proximité des chemins, des canaux et des terres cultivées. Un relevé local du sable accumulé peut apporter davantage à la décision qu’un chiffre global d’hectares traités.

Qui s’occupe du dispositif une fois le chantier terminé ? Une association d’usagers de l’eau, une commune ou un groupement de producteurs n’aura pas les mêmes moyens ni les mêmes obligations. La continuité dépend d’un calendrier de tâches, de l’accès au matériel et d’un partage compréhensible de la dépense. Les habitants savent souvent où le sable s’accumule et quels ouvrages cèdent les premiers. Leur expérience aide à choisir les endroits qui justifient un suivi rapproché. Le coût à comparer est celui de la protection sur toute sa durée, y compris le renouvellement des plantations et le travail nécessaire pour dégager ou réparer les ouvrages après un épisode venteux.

Pour le Maroc, le rapprochement avec la Chine est utile lorsqu’il aide à comparer des méthodes sur des critères identiques. Quel équipement est protégé ? Combien d’eau mobilise l’installation ? Quel entretien reste nécessaire ? Une oasis dont les habitants peuvent suivre ces trois éléments dispose d’une base pour décider où étendre la protection. C’est à cette échelle que la lutte contre l’ensablement rejoint les décisions quotidiennes sur l’eau et les cultures.

Sources de l’article

Santé et coopération

Médecins chinois en Afrique, quelles compétences restent après la mission ?

Le Maroc et l’Ouganda accueillent des équipes médicales chinoises. Le travail en commun pendant leur présence se voit au quotidien. La transmission se mesure ensuite, quand les équipes locales prennent le relais.

Deux soignants fictifs échangent autour d’un appareil d’échographie. Illustration générée par IA.
Illustration éditoriale · L’ODJ Média

Du travail en commun à la transmission

En septembre 2026, le ministère marocain de la Santé et de la Protection sociale a accueilli la cérémonie marquant la fin du mandat de la 197e mission médicale chinoise au Maroc, selon l’ambassade de Chine. En Ouganda, la représentation chinoise a annoncé l’arrivée d’une 26e équipe au cours du même mois. Ces numéros correspondent aux séries de missions propres à chaque pays. Ils donnent un repère sur la continuité des échanges. Pour mesurer les résultats, les documents utiles sont les bilans des établissements qui accueillent les médecins et les retours des praticiens qui ont travaillé avec eux. [1][2]

Dans le cas ougandais présenté par Chinafrique, le travail côte à côte au bloc opératoire fait partie des activités mises en avant. Le reportage cite notamment la formation à des interventions réalisées par chirurgie mini-invasive. Ce type de collaboration permet de suivre une question concrète. Après avoir observé puis pratiqué un geste sous supervision, combien de soignants locaux sont autorisés et en mesure de le réaliser dans leur établissement ? La disponibilité d’une salle, du matériel et de l’équipe qui accompagne l’intervention compte autant que le parcours individuel du chirurgien. [3]

Ce que le Maroc peut mesurer

En juillet 2025, lors d’une rencontre avec des responsables de Shanghai, le ministère marocain de la Santé a évoqué le développement de formations spécialisées pour les cadres marocains et des échanges d’expertise. Le chantier de la transmission peut être suivi à partir d’un service précis. Il faut connaître les besoins identifiés au départ, la durée de présence des formateurs, les compétences visées et les conditions dans lesquelles elles sont évaluées. Un bilan par établissement permettrait de saisir la diversité des situations. [4]

Le relais se joue dans le service

Dans un service hospitalier, le temps consacré à former entre en concurrence avec l’activité quotidienne. La transmission a davantage de chances de se poursuivre quand des créneaux sont dégagés, que le responsable du service peut identifier des référents et que la maintenance des appareils est assurée. Un programme peut aussi prévoir des échanges à distance et des séances de retour d’expérience après le départ de l’équipe invitée. Cette continuité aide à déterminer si les situations rencontrées sur place correspondent à celles qui ont été travaillées pendant la mission.

Les sources publiques consultées décrivent les échanges et les objectifs annoncés. Elles ne donnent pas, pour un même service marocain, de série permettant de suivre l’autonomie des équipes après la fin d’une mission. Deux bilans séparés éclaireraient le débat. L’un décrirait l’activité de soins assurée pendant la présence de l’équipe. L’autre suivrait les professionnels formés et leur pratique plusieurs mois après, avec des données agrégées et l’avis des encadrants. Il est également utile de savoir qui peut former les nouveaux arrivants. Le départ ou la mobilité d’un seul praticien peut fragiliser une compétence si les protocoles et la formation restent concentrés entre ses mains.

La perspective d’une coopération associant des hôpitaux marocains, chinois et africains devient plus concrète si elle part d’une compétence définie par les établissements. Un service marocain pourrait partager à son tour une expérience qu’il maîtrise, tandis qu’un partenaire africain préciserait ses besoins et ses capacités d’accueil. Le résultat le plus parlant se verrait dans une équipe capable de poursuivre l’activité, d’évaluer ses résultats et d’accompagner la formation des collègues qui prennent le relais.

Agriculture et alimentation

Riz hybride en Guinée, le rendement fait-il le revenu ?

À Koba, la Guinée soutient un projet de semences de riz hybride avec une entreprise chinoise. Pour juger de l’intérêt du modèle pour les exploitants, le calcul doit aller de l’achat de semences au prix du riz vendu.

Des épis de riz, une calculatrice et un carnet de comptes devant une rizière.
Illustration éditoriale · L’ODJ Média

Le projet et la parcelle

En juillet 2026, la Primature guinéenne a annoncé une rencontre avec l’entreprise Yi Longhe au sujet du développement du riz hybride. Le mois suivant, le ministre de l’Agriculture a visité les installations de Koba, dans la région de Boké, dans le cadre du projet de production de semences. Ces documents établissent le soutien des autorités et la réalité du site de travail. Le reportage de Chinafrique décrit des essais, des formations et des gains présentés par les acteurs du projet. Il fournit des pistes pour une enquête sur la parcelle et sur les conditions dans lesquelles ces résultats ont été obtenus. [1][2][3]

Le rendement mesure la quantité récoltée sur une surface donnée. Pour l’exploitant, la première question est celle du volume qu’il peut vendre ou consommer, après les pertes et les opérations de séchage. Le résultat dépend aussi de l’accès à l’eau, du calendrier de culture, de la préparation du sol et des pratiques de récolte. Comparer une parcelle de démonstration bien encadrée à une ferme qui doit assurer seule la conduite de sa campagne peut donner une image incomplète de l’intérêt de la variété.

Le coût d’une tonne supplémentaire

Il faut connaître le prix payé pour les semences, leur disponibilité à temps et le coût des autres intrants. Il faut aussi compter la main-d’œuvre, l’irrigation, la récolte, le transport et le stockage. Une récolte plus abondante peut améliorer le revenu si le prix de vente couvre le coût de la production supplémentaire. La situation peut changer selon que l’agriculteur possède le matériel, partage des équipements ou rémunère un prestataire.

Deux fermes, plusieurs campagnes

Une comparaison solide partirait de deux exploitations proches, aux conditions de sol et d’irrigation comparables, sur plusieurs campagnes. On y noterait les quantités produites, les coûts payés et la valeur des soutiens reçus. Si le projet fournit gratuitement une partie du matériel ou des intrants, ce soutien peut expliquer une partie des gains. L’agriculteur a besoin de savoir si la marge dégagée pendant le pilote se maintient quand il prend en charge une plus grande part des dépenses.

La production de semences sur place mérite un examen à part. Elle peut améliorer la disponibilité si les volumes suivent et si la qualité est régulière. La capacité des distributeurs à approvisionner les villages avant le semis et à traiter les problèmes de qualité joue dans l’adoption. Pour passer du succès d’un essai à une conclusion sur l’autosuffisance guinéenne, il faudrait aussi connaître les surfaces effectivement cultivées, le volume commercialisé et la place de ce riz dans les achats des ménages. Le calendrier des paiements compte autant que le montant de la marge. Une dépense avancée au semis et récupérée seulement après la vente peut rendre la variété difficile à adopter pour une exploitation disposant de peu de trésorerie.

Le lien marocain passe par une question de recherche appliquée. Des agronomes marocains et guinéens pourraient examiner ensemble les protocoles d’essai, la gestion de l’irrigation ou la mesure des pertes après récolte. Les documents consultés portent sur le projet guinéo-chinois. La participation marocaine reste une piste à instruire avec les institutions concernées. Le meilleur point de départ est le carnet de campagne des producteurs. Il permet de voir ce qu’une technique rapporte une fois payés l’eau, les semences et le travail.

Sources de l’article

Partie 3 sur 3

Culture et médias

Deux articles suivent ce qui circule avec les échanges économiques, des objets que l’on emporte aux récits que l’on publie.

Artisanat et tourisme

Du mouton du Xinjiang à l’atelier marocain, comment naît un souvenir qui se vend ?

Un mouton en peluche a trouvé son public au Xinjiang grâce à son lien avec le territoire et à sa circulation en ligne. Au Maroc, suivre un objet de l’atelier à la boutique permet d’examiner la part du prix qui rémunère le travail artisanal.

Un petit mouton de laine, des pelotes et des ciseaux sur un établi.
Illustration éditoriale · L’ODJ Média

Un objet reconnaissable en quelques secondes

Le petit mouton en peluche présenté par la presse chinoise est devenu un souvenir recherché par des visiteurs du Xinjiang. Sa silhouette, sa fabrication artisanale et les références visuelles à la région lui donnent une histoire facile à raconter et à partager en image. Chinafrique met l’accent sur sa circulation sur les réseaux sociaux et les échanges entre visiteurs et habitants. Ces récits documentent un phénomène de visibilité. Il faudrait des comptes de production et de vente pour connaître le revenu qu’il a généré chez les personnes qui fabriquent l’objet. [1][2]

Un souvenir voyage bien quand il est assez petit pour être emporté, assez reconnaissable pour évoquer un lieu et proposé à un prix que le visiteur comprend. L’histoire de sa fabrication joue aussi. Qui a dessiné le motif ? D’où vient la matière ? Quel geste demande le plus de temps ? Dans une boutique ou sur un écran, quelques informations précises aident à faire le lien entre l’objet et l’atelier. Au Maroc, on pourrait suivre une pièce de petite céramique, un objet en vannerie ou un accessoire textile, selon l’atelier retenu.

Ce que les données marocaines éclairent

La Maison de l’Artisan publie des études par filière et par marché, dont des travaux sur la poterie, la céramique et la vannerie. Elles renseignent la visibilité numérique et les exportations selon les familles de produits. Les mentions sur les réseaux donnent une indication d’attention. Pour savoir si cette attention fait vivre un atelier, il faut la rapprocher du nombre de commandes, des retours et du prix payé au producteur. Une coopérative qui conserve ses données de vente peut aider à établir ce lien. [3]

Suivre le prix, de la matière au client

Un prix affiché couvre la matière, le temps de fabrication, les pièces perdues ou défectueuses et la préparation de la commande. Il peut inclure la commission d’un intermédiaire, le loyer d’un point de vente ou les frais d’une plateforme. Le délai de paiement compte aussi. Un atelier peut avoir rempli son carnet et devoir quand même financer longtemps la matière et les salaires avant d’encaisser ses ventes. Documenter une commande de bout en bout permet de voir comment ces coûts et ces risques se répartissent.

Si un objet suscite un engouement soudain, l’atelier doit décider combien de pièces il peut fabriquer sans dégrader la qualité. Une production collective peut répartir la charge à condition de convenir de spécifications communes et d’un prix qui couvre le travail. La question de la reproduction se pose aussi. Un motif visible en ligne peut être repris rapidement. La documentation de sa provenance et du nom de l’atelier facilite son identification par les acheteurs. La boutique touristique et la vente en ligne impliquent aussi des coûts différents. Dans le second cas, l’emballage, l’expédition et le risque de casse peuvent peser particulièrement sur les pièces en céramique.

Le cas du Xinjiang invite donc à regarder le souvenir comme une petite chaîne économique. Une vidéo peut attirer l’attention et une boutique bien située peut déclencher l’achat. Le test pour une coopérative marocaine est plus durable. Les commandes reviennent-elles ? Le prix couvre-t-il les heures passées sur la pièce ? Le visiteur sait-il qui l’a fabriquée ? C’est à partir de ces réponses qu’on pourra relier la popularité de l’objet au revenu de l’atelier.

Sources de l’article

Médias et société

Qui raconte la Chine aux lecteurs marocains ?

Un voyage de journalistes kényans en Chine pose une question qui concerne aussi les médias marocains. Quand les organisateurs fixent une partie du programme, quelles vérifications permettent de produire un récit qui apporte quelque chose au lecteur ?

Un enregistreur, un appareil photo et un carnet sur un bureau face à une ville chinoise.
Illustration éditoriale · L’ODJ Média

Ce qu’une visite donne à voir

Le numéro de novembre de Chinafrique raconte le déplacement d’un groupe de journalistes kényans dans la province chinoise du Zhejiang. Les étapes évoquées, dont un port et une communauté rurale, donnent accès à des scènes concrètes et à des interlocuteurs. Le récit s’inscrit dans une année où Pékin a publié un programme d’échanges humains et culturels Chine–Afrique. Les documents publics éclairent le cadre et les objectifs affichés. Ils renseignent moins les conditions de travail de chaque participant, notamment le temps dont il disposait pour mener des entretiens de son choix. [1][2]

Un voyage organisé peut permettre de visiter un site industriel qu’il serait difficile d’approcher seul, de bénéficier d’une traduction et de comprendre rapidement le vocabulaire des acteurs. Ces avantages pèsent pour une rédaction dont le budget de reportage est limité. Le programme détermine aussi ce qui peut être vu dans le temps imparti. Un parcours concentré sur les sites exemplaires donne à voir des situations qui peuvent être exactes et instructives. Pour savoir si elles sont représentatives, il faut chercher des données comparables et des interlocuteurs choisis par la rédaction.

Décrire les conditions du reportage

Pour un média marocain, une mention simple peut préciser qui a organisé la visite et pris en charge les déplacements. L’article peut également indiquer comment ont été choisis les lieux et les personnes interrogées. Le lecteur comprend alors la provenance des observations et peut la distinguer des vérifications faites séparément. Il faut examiner les conditions du voyage kényan avant d’en tirer un jugement. Les sources consultées ne suffisent pas à établir comment chaque article publié après la visite a été préparé.

Les preuves que l’on peut réunir à distance

La rédaction peut travailler avec un confrère local ou un chercheur indépendant, vérifier un chiffre auprès de l’entreprise concernée et rechercher la statistique officielle qui permet de le situer. Elle peut aussi demander la version originale d’un texte lorsque le sens dépend d’une traduction. Pour les sujets industriels, une donnée de capacité gagne à être rapprochée de la date de mise en service et des volumes effectivement fabriqués. Pour les sujets sociaux, une visite dans un établissement prend une autre portée quand elle est complétée par le regard des usagers et des professionnels.

Des réseaux africains offrent des points d’appui. Le Wits Centre for Journalism anime l’Africa–China Reporting Project. La Media Foundation for West Africa a publié en 2026 un appel pour une formation consacrée à la couverture des relations commerciales, politiques et d’investissement entre l’Afrique et la Chine. Ces initiatives permettent de repérer des confrères qui connaissent les dossiers et leurs sources locales, et de comparer les méthodes employées d’un pays à l’autre. [3][4]

Pour L’ODJ, le point de départ peut être une question posée depuis le Maroc, comme le devenir d’une usine, d’une expédition ou d’une formation hospitalière. Un correspondant africain peut éclairer ce qui se passe à l’autre bout de la relation. Un document chinois peut préciser ce qui a été décidé. Le reportage prend forme quand ces éléments se rencontrent et que le lecteur peut reconnaître ce que la rédaction a observé, ce que les acteurs déclarent et ce que les pièces permettent d’établir.

Quatre notions pour lire le dossier

Comprendre

Que signifie un tarif douanier préférentiel ?

Un droit réduit ou nul peut s’appliquer si le produit entre dans le régime prévu et respecte ses conditions, notamment les règles d’origine. Le fret, les formalités et les taxes applicables à l’importation entrent toujours dans l’évaluation du coût livré. Lire l’article sur le tarif zéro.

Qu’est-ce qu’un EVP ?

L’équivalent vingt pieds est une unité de capacité fondée sur la taille d’un conteneur de vingt pieds. Un volume portuaire en EVP agrège des flux de nature différente, dont le transit. Lire l’article sur Tanger–Dakar.

Que sont les margines ?

Ce sont les effluents liquides issus de l’extraction de l’huile d’olive. Pour évaluer le dispositif du Sebou, on peut suivre les volumes collectés et traités au cours d’une campagne. Lire l’article sur le Sebou.

Quelle différence entre rendement et revenu agricole ?

Le rendement mesure ce qui est récolté sur une surface donnée. Le revenu de l’exploitant dépend aussi des volumes vendus, du prix obtenu et des charges engagées. Lire l’article sur le riz hybride.

Perspectives pour le Maroc

Les résultats à suivre

Les prochains bilans seront d’autant plus instructifs qu’ils suivront trois trajectoires. Pour le commerce, celle d’un produit de la déclaration en douane jusqu’à la deuxième commande. Pour l’industrie, celle d’un site de l’installation des équipements jusqu’aux livraisons et à la qualification des fournisseurs. Pour les coopérations de terrain, celle des installations et des compétences après le lancement du projet ou la fin de la mission.

Sources et méthode

Cette édition reprend les dix articles du dossier L’ODJ Média du 7 novembre 2026. Les références publiques figurent au pied de chaque article. Les reportages de Chinafrique, numéro 11 de novembre 2026, sont identifiés par leur titre et leur pagination. Les parcours d’entreprises ou de marchandises présentés à titre d’exemple gardent leur statut de cas illustratifs.


Samedi 7 Novembre 2026


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