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Ménages marocains : la confiance résiste, l’épargne se dérobe

Pourquoi la confiance s’améliore-t-elle sur un an alors que seuls 2,8 % des ménages déclarent épargner ?


La confiance et l’épargne mesurent deux réalités différentes. L’indice de confiance du HCP synthétise sept soldes d’opinion concernant le niveau de vie, le chômage, les achats durables et les finances personnelles. Ses sept composantes s’améliorent par rapport au troisième trimestre 2025, ce qui explique la progression annuelle de 5,6 points. Mais cinq se dégradent sur un trimestre, et l’indice perd 5,2 points depuis le premier trimestre 2026.
L’épargne révèle, elle, la faiblesse des marges financières : seuls 2,8 % des ménages déclarent épargner actuellement une partie de leur revenu. La capacité future à épargner, anticipée par 7,5 % des ménages, n’entre pas dans le calcul de l’indice. Un pessimisme moins prononcé peut donc coexister avec des budgets toujours sous pression.



La confiance des ménages marocains s’améliore par rapport à 2025, mais cette évolution ne suffit pas à annoncer un retour au confort financier. Ce mini-site décrypte les résultats de l’enquête de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan au troisième trimestre 2026, en distinguant les perceptions, les situations déclarées et les anticipations.

Premier constat : l’indice de confiance atteint 59,2 points, contre 53,6 un an auparavant. Toutefois, il recule pour le deuxième trimestre consécutif, après 64,4 points au premier trimestre 2026. Le dossier explique cette double lecture : une amélioration annuelle réelle, accompagnée d’un essoufflement récent.

Un tableau comparatif détaille les sept composantes de l’indice. Toutes progressent sur un an, mais cinq se dégradent sur un trimestre. Les perspectives du chômage constituent la principale contribution arithmétique négative au mouvement trimestriel.

Le parcours s’attarde ensuite sur l’épargne. Si 58,2 % des ménages déclarent couvrir leurs dépenses avec leurs revenus, 39 % s’endettent ou puisent dans leur épargne. Seuls 2,8 % épargnent une partie de leur revenu. Pour les douze prochains mois, 7,5 % prévoient d’épargner.

Le lecteur découvre également pourquoi un solde d’opinion moins défavorable ne signifie pas qu’une majorité vit mieux, et pourquoi les perceptions des prix alimentaires ne doivent pas être confondues avec le taux d’inflation.

Graphique, cartes chiffrées, tableaux et explications méthodologiques permettent de comprendre les résultats sans raccourcis. Le dossier précise enfin les limites des données : elles ne mesurent ni le patrimoine des ménages ni la taille de la classe moyenne, et ne permettent pas d’établir la significativité statistique du recul trimestriel de l’indice de confiance publié.

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La confiance résiste,
l’épargne se dérobe

Pourquoi l’amélioration annuelle de la confiance des ménages marocains ne signifie-t-elle pas un retour à l’aisance financière ?

Au troisième trimestre 2026, l’indice de confiance atteint 59,2 points : il gagne 5,6 points sur un an, mais perd 0,9 point sur un trimestre. Seuls 2,8 % des ménages déclarent épargner une partie de leur revenu. L’enquête du Haut-Commissariat au Plan décrit un pessimisme moins prononcé qu’en 2025, sans effacer les tensions sur les budgets.

· Lecture : environ 8 minutes ·

59,2points de confiance sur une échelle de 0 à 200
2,8 %des ménages déclarent épargner une partie de leur revenu
Comprendre les chiffres ↓

Un mieux sur un an, des tensions au présent

  • La confiance perd de l’élan. L’ICM recule pour le deuxième trimestre consécutif, tout en restant supérieur à son niveau du T3 2025.
  • L’amélioration annuelle est générale. Les sept composantes de l’indice progressent sur un an ; cinq se dégradent sur un trimestre.
  • L’épargne actuelle reste rare. 58,2 % des ménages couvrent leurs dépenses avec leurs revenus ; 39,0 % s’endettent ou puisent dans leur épargne ; 2,8 % épargnent.
  • La perspective d’épargne se détériore. Seuls 7,5 % prévoient d’épargner dans les douze prochains mois.
  • Les perceptions restent sous pression. La hausse des prix alimentaires est constatée par 95,9 % des ménages sur les douze derniers mois.

Le rebond annuel masque un essoufflement récent

L’indice de confiance des ménages était de 53,6 points au troisième trimestre 2025. Après avoir atteint 64,4 points au premier trimestre 2026, il est revenu à 60,1 au deuxième, puis à 59,2 au troisième. Il abandonne ainsi 5,2 points depuis le premier trimestre.

+5,6

points sur un an

L’ICM passe de 53,6 au T3 2025 à 59,2 au T3 2026.

Source : HCP, enquête ménages T3 2026.
−0,9

point sur un trimestre

L’indice baisse de 60,1 au T2 2026 à 59,2 au T3 2026.

Source : HCP, enquête ménages T3 2026.
Évolution de l’indice de confiance : quatre repères disponibles T3 2025 : 53,6. T1 2026 : 64,4. T2 2026 : 60,1. T3 2026 : 59,2. Le T4 2025 n’est pas représenté. 6560 5550 53,664,4 60,159,2 T3 2025T1 2026 T2 2026T3 2026
ICM, en points. Axe vertical resserré de 50 à 65 pour rendre les écarts lisibles. Le trait pointillé relie deux repères non consécutifs : la valeur du T4 2025 n’est pas fournie dans l’analyse. Source : HCP.

La lecture fidèle tient donc les deux bouts : une confiance meilleure qu’un an auparavant, mais en perte d’élan depuis le premier trimestre. Ne retenir qu’une seule comparaison donnerait une vision incomplète du mouvement.

Sept composantes, deux lectures

Pour chacun de ces soldes d’opinion, une hausse traduit une amélioration. Les sept progressent sur un an, mais cinq reculent sur un trimestre. Seuls le jugement sur le niveau de vie passé et l’opportunité d’acheter des biens durables s’améliorent entre le T2 et le T3 2026.

Soldes d’opinion et variations en points. Source : HCP ; écarts calculés à partir des valeurs publiées et arrondies.
ComposanteT3 2025T2 2026T3 2026Écart trimestrielÉcart annuel
Niveau de vie passé−72,9−73,1−71,1+2,0+1,8
Niveau de vie futur−44,3−41,7−43,0−1,3+1,3
Perspectives du chômage−56,4−38,8−44,0−5,2+12,4
Achat de biens durables−57,7−50,6−49,3+1,3+8,4
Finances actuelles−36,4−36,1−36,2−0,1+0,2
Finances passées−46,8−38,9−40,2−1,3+6,6
Finances futures−10,0+0,1−1,9−2,0+8,1

Le chômage pèse sur le recul trimestriel

Avec une baisse de 5,2 points, le solde relatif aux perspectives du chômage constitue la principale contribution négative au mouvement trimestriel. Les sept composantes ayant une pondération égale, ce recul retire environ 0,74 point à l’indice, avant les effets des autres indicateurs. Cette décomposition est arithmétique : elle n’établit pas une causalité.

Au troisième trimestre, 61,3 % des ménages anticipent une hausse du chômage et 17,3 % une baisse. Le solde favorable moins défavorable donne 17,3 − 61,3 = −44,0 points. Ces réponses mesurent des anticipations, pas le taux de chômage.

Achats durables : un mieux encore relatif

Le solde gagne 1,3 point sur un trimestre et 8,4 points sur un an. Pourtant, 63,8 % des ménages jugent le moment peu opportun pour ces achats, contre 14,5 % qui le considèrent favorable. Le jugement devient moins défavorable, sans devenir majoritairement favorable.

L’épargne révèle une fragilité persistante

La situation financière actuelle se répartit entre trois catégories. Leur somme atteint exactement 100 %. Cette répartition distingue l’équilibre du budget, le recours à d’autres ressources et la constitution d’une épargne.

Les revenus couvrent les dépenses58,2 %
Endettement ou prélèvement dans l’épargne39,0 %
Épargne d’une partie du revenu2,8 %
Situation déclarée au T3 2026. Chaque barre est rapportée à une échelle de 0 à 100 %. Source : HCP.

Les 2,8 % mesurent une épargne actuellement déclarée. Ce résultat ne signifie pas que seuls 2,8 % des ménages possèdent une épargne, un patrimoine ou un compte bancaire. Il ne mesure pas le stock constitué au fil du temps.

De même, les 39,0 % regroupent l’endettement et le prélèvement dans l’épargne. Le document ne permet pas d’isoler chacune de ces situations. Écrire que « 39 % des ménages s’endettent » serait inexact.

7,5 %

prévoient d’épargner

Cette anticipation porte sur les douze prochains mois. À l’inverse, 92,5 % ne le prévoient pas.

Source : HCP, T3 2026.
−85

points de solde

Le solde de capacité future à épargner se dégrade de 4,1 points sur un trimestre et de 4,2 points sur un an.

Calcul : 7,5 − 92,5 = −85. Source : HCP.

Le plus bas de la série présentée

Le solde était de −80,9 au trimestre précédent et de −80,8 un an auparavant. À −85, il atteint son niveau le plus bas dans le tableau historique fourni, qui couvre le T1 2018 au T3 2026. Les éléments disponibles ne suffisent pas à établir un record absolu depuis la création de l’enquête.

Ce que ces données disent de la classe moyenne

Elles éclairent une fragilité financière déclarée, mais ne permettent pas de mesurer la taille de la classe moyenne. La note ne fournit pas les croisements nécessaires par revenu, patrimoine ou catégorie sociale. Assimiler les seuls ménages épargnants à l’ensemble de la classe moyenne dépasserait les données disponibles.

Un solde qui remonte ne signifie pas une majorité qui va mieux

Sur les douze derniers mois, 76,3 % des ménages déclarent une dégradation de leur niveau de vie, 18,5 % une stabilité et 5,2 % une amélioration. Le solde de −71,1 points est moins défavorable qu’au trimestre précédent, où il atteignait −73,1. La dégradation reste pourtant très largement majoritaire.

L’intertitre du HCP évoquant une amélioration du niveau de vie doit donc être lu à cette lumière : c’est le solde relatif à l’évolution passée qui se redresse. Pour les douze prochains mois, 51,7 % anticipent une dégradation, 39,6 % une stabilité et 8,7 % une amélioration.

Concernant leurs finances personnelles futures, 16,5 % envisagent une amélioration, 65,1 % une stabilité et 18,4 % une dégradation. Le solde repasse sous zéro, de +0,1 à −1,9 point. Une stabilité attendue ne constitue pas, en elle-même, une preuve d’aisance financière.

Prix alimentaires : une hausse largement ressentie

Parts des ménages au T3 2026. Source : HCP.
PerceptionPart
Hausse constatée sur les douze derniers mois95,9 %
Baisse constatée sur les douze derniers mois0,4 %
Hausse attendue sur les douze prochains mois77,9 %
Stabilité attendue21,1 %
Baisse attendue1,0 %

Le solde sur les prix passés s’améliore de 1,5 point sur le trimestre, à −95,5, tout en restant identique à celui d’un an auparavant. Pour les prix futurs, il se dégrade de 1,7 point sur un trimestre, à −76,9, mais gagne 4,5 points sur un an.

Quatre repères pour éviter les contresens

Comment se calcule un solde d’opinion ?

On soustrait la proportion de réponses défavorables à celle des réponses favorables. Pour les perspectives du chômage : 17,3 % anticipent une baisse et 61,3 % une hausse. Le solde est donc de −44,0 points.

Comment se calcule l’indice de confiance ?

L’ICM est la moyenne arithmétique des sept soldes d’opinion, augmentée de 100. À partir des valeurs publiées, le recalcul donne environ 59,186, soit 59,2 après arrondi.

La baisse de 0,9 point est-elle statistiquement significative ?

La note ne fournit pas d’intervalles de confiance permettant de la qualifier ainsi. Le recul décrit l’évolution des valeurs publiées ; il faut conserver cette limite dans son interprétation.

Pourquoi distinguer points et pourcentages ?

Les variations d’indices et de soldes sont exprimées en points. Une baisse de l’ICM de 60,1 à 59,2 correspond à −0,9 point. Les périodes de douze mois évoquées dans les questions doivent aussi être distinguées des comparaisons entre deux vagues trimestrielles de l’enquête.

Une confiance moins dégradée ne reconstitue pas les marges financières

L’amélioration annuelle de l’ICM ne signifie pas un retour à l’aisance : l’indice reste en recul depuis le premier trimestre et l’épargne déclarée demeure très minoritaire. La perspective d’épargne, qui n’entre pas dans son calcul, se détériore même sur un trimestre comme sur un an.

Pour les prochaines publications, les points à surveiller sont explicites : la trajectoire trimestrielle de l’ICM, les anticipations relatives au chômage, la part des ménages qui épargnent et celle de ceux qui s’endettent ou puisent dans leur épargne. Leur suivi permettra de distinguer une amélioration des opinions d’un desserrement effectif des budgets.

Le moral et la marge de manœuvre financière ne racontent pas toujours la même histoire.

Des chiffres attribués, des limites explicites

Ce mini-site reprend l’analyse éditoriale fournie dans le PDF « HCP_Menages_T3_2026_Analyse_LODJ », datée du 16 octobre 2026. Cette analyse s’appuie sur une source statistique unique : le Haut-Commissariat au Plan, Résultats de l’enquête de conjoncture auprès des ménages, troisième trimestre 2026, pages imprimées 2 à 7.

Les calculs complémentaires portent sur les différences de soldes, la décomposition arithmétique de l’indice et la comparaison de la série historique présentée. Les pourcentages et soldes repris dans le PDF sont arithmétiquement cohérents. Les écarts reposent sur des valeurs publiées et arrondies.

Consulter le document source du HCP

L’ODJ Média · Redaction de LODJ · 16 octobre 2026


Vendredi 16 Octobre 2026

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