Quand le passé s’efface, qui sommes-nous encore ?
Dans cette chronique consacrée aux Méandres de l’Oubli, Rida Lamrini explore le lien fragile entre mémoire et identité. Comment reconnaître son histoire lorsqu’aucun souvenir ne vient la confirmer ? À qui se fier lorsque les paroles d’autrui deviennent les seuls chemins vers soi ? Derrière le mystère de l’amnésie se dessine une inquiétude plus profonde : retrouver son passé pourrait bouleverser davantage que son absence.
Sans dévoiler l’intrigue, l’auteur nous conduit au seuil d’un roman où la recherche de soi rencontre l’incertitude. L’oubli y ouvre un vertige intime, celui d’une vie qu’il faut réapprendre à reconnaître. Et la question dépasse bientôt le personnage pour atteindre le lecteur : voudrions-nous tout savoir de notre histoire, si la vérité devait ébranler l’image que nous avons de nous-mêmes ?
Un homme sans mémoire : que reste-t-il de lui lorsque son passé disparaît ?
Mémoire, identité et vérité : les questions au cœur de mon roman Les Méandres de l’Oubli.
Il y a des mystères que l’on cherche chez les autres. Et puis il y a ceux qui se cachent dans sa propre histoire. Imaginez un homme qui ne se souvient plus de sa vie : autour de lui, le monde continue d’avancer, mais son passé demeure inaccessible.
Quand la mémoire ne répond plus
On l’interroge sur son passé, on tente de lui faire raconter ce qu’il a vécu. Mais rien ne revient vraiment. Aucun souvenir ne surgit de cette mémoire éteinte. Comment reconnaître sa propre histoire lorsqu’on ne s’en souvient plus ? Et à qui faire confiance quand la mémoire ne peut plus servir de témoin ?
Tout devient troublant. Cet homme ne cherche pas simplement à retrouver des souvenirs perdus. Il tente de comprendre qui il est, ce qui l’a conduit jusqu’à cette situation et quelle part de vérité se dissimule derrière ce qu’il entend.
Retrouver son passé, est-ce retrouver la vérité ?
Chaque réponse pourrait lui permettre d’avancer. Mais peut-elle aussi l’égarer ? Et si retrouver son passé ne signifiait pas nécessairement retrouver la paix ? Lorsqu’on ne peut plus se fier à soi-même, il faut reconstituer son existence à partir de fragments, de témoignages et de questions sans réponse.
Que reste-t-il de nous lorsque nous ne pouvons plus nous fier à notre propre mémoire ?
Le passé, cette part de nous qui nous échappe
Le passé n’est pas seulement ce qui nous est arrivé. C’est aussi ce que nous en avons retenu, ce que nous en avons compris, parfois ce que nous avons préféré enfouir. Il nous accompagne, même lorsque nous croyons l’avoir laissé derrière nous.
Mais que se passe-t-il lorsque ce passé devient soudain un territoire inconnu ? Comment avancer lorsque les souvenirs qui nous relient à notre propre histoire se dérobent, et que les récits des autres deviennent les seuls repères disponibles ?
Une question qui nous concerne tous
C’est cette situation que j’explore dans mon roman Les Méandres de l’Oubli, dont la parution est prévue en janvier 2027. Je ne vous en dirai pas davantage aujourd’hui. Je préfère vous laisser découvrir, le moment venu, les méandres dans lesquels cet homme devra s’engager pour retrouver le fil de son histoire.
En refermant ce roman, pourrions-nous nous empêcher de nous poser cette question : que ferions-nous si nous découvrions un jour que nous avons oublié une partie essentielle de notre vie ? Chercherions-nous à tout prix à la retrouver, même si la vérité risquait de bouleverser tout ce que nous croyons savoir de nous-mêmes ?
Elle m’intéresse aussi pour ce qu’elle révèle de chacun de nous.


