La coïncidence a parfois une cruelle élégance.
Nous nous étions retrouvés chez Ali Fassi Fihri, qui étudiait à Marseille et venait tout juste d'épouser Yasmina Baddou, laquelle préparait alors son baccalauréat. Le journal télévisé ce soir-là annonçait l'assassinat d'Anouar Sadate.
Quarante-cinq ans plus tard, c'est Ali lui-même qui nous manque, et l'association que préside aujourd'hui Yasmina Baddou — Amani — participe pour la première fois à ce même tournoi. La vie envoi parfois des signaux qu’il nous appartient de décrypter, on ne sait pas toujours le faire.
Ali Fassi Fihri était un grand commis de l'État
Cette discrétion lui a d'ailleurs été injustement reprochée lorsqu'il présida la Fédération Royale Marocaine de Football. On s'empressa de conclure, à tort, qu'il était étranger au monde du football. C'était mal connaitre son parcours.
Ali Fassi Fihri a été un joueur de grande classe. Feu Cluzeau, qui savait reconnaître un talent, voyait en lui un futur Bamous. Son père, Secrétaire Général du Ministère de la Justice, n'était pas d’accord — jouer au football, pour un fils de bonne famille, n'était pas jugé convenable à l'époque.
Mais ceux qui l'ont vu évoluer gardent le souvenir d'un numéro 8 d'une élégance rare, qu'on surnommait Gerson, en hommage à la légende brésilienne des années soixante-dix.
Ce n'était pas là une flatterie : c'était une description. Il savait ce qu'était le football et connaissait l’importance de la formation dans ce sport, le temps lui a donné raison.
Sa présidence mérite d'être relue à cette lumière. Je présente mes condoléances les plus sincères à son épouse Yasmina Baddou et à leurs enfants, à son frère Taïeb, mon camarade de classe, au reste de la famille, ainsi qu'à ses amis proches, notamment Lotfi Fahsi et Moha Ouzahra.
Il nous quitte au milieu d'un tournoi dédié aux joueurs issus des orphelinats et maisons d’accueils de Casablanca.
الله يرحمه إنا لله و إنا للهً راجعون
Par Bargach Larbi.












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