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Avant la croissance et la prospérité… la dignité




A lire ou à écouter en podcast :

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« La dignité est un mot qui ne comporte pas de pluriel », disait l’essayiste, écrivain et poète français Paul Claudel, mais l’indignité peut être plurielle, multiforme et pluridimensionnelle. Dans un Maroc qui avance et qui évolue, à sa vitesse, la dignité devrait devenir le leitmotiv convaincu de nos politiques, car individuelle et collective, la dignité est également le fruit et la conséquence des politique publiques. Or, dans notre pays, bien trop nombreux sont les cas où l’homme se retrouve, seul, face à son indignité…
 

Les images des jeunes (et moins jeunes) gens qui se jettent à la mer près de Fnideq pour rallier Sebta à la nage incarnent le manque de dignité ressentie par toutes ces personnes, dont certaines sont mortes. Elles sont mortes dignement en fuyant ce qu’elles considéraient comme indignité. Or, comme le rappelle l’autre essayiste français qu’est Henri Lamoureux, « la dignité passe par le sentiment qu'on a de son utilité ». Sans emploi, sans argent, sans perspective d’avenir ni d’ouvertures à venir, ces personnes ont perdu foi en leur utilité, d’où leur acte.
 

Au-delà de leur geste, c’est la dignité du pays tout entier qui est malmenée, surtout en cette phase délicate que traversent les relations entre le Maroc et l’Espagne, dont les médias ont abondamment commenté l’événement, avant de relater le retour de plusieurs de ces migrants dans leur pays. C’est peu digne de nous…
 

… Comme il peu digne qu’en parallèle des opérations et campagnes officielles d’aide et de soutien aux populations démunies et/ou paupérisées, les partis politiques investissent et s’investissent dans des actions ciblées, calculées, intéressées… indignes d’eux et très peu dignes pour les bénéficiaires dans le besoin. En effet, en marge de la polémique actuelle sur les largesses de la Fondation Joud d’Aziz Akhannouch, la question se pose sur les aides distribuées par les autres formations politiques en ce moment, à la veille d’élections (comme toujours) cruciales pour le royaume.
 

Et puisqu’on en est à ces politiques préjudiciables à la bonne tenue de la dignité humaine, il appartiendrait à notre gouvernement de revoir la stratégie des visas adoptée par les représentations diplomatiques installées au Maroc. Se voir réclamer des documents frôlant l’intime et le confidentiel et être obligé de les fournir sous peine de se voir refuser le visa est un acte qui porte atteinte à la dignité des ressortissants marocains, souvent parqués dans la rue, privés de leur passeport des semaines durant, attendant le « verdict » du consulat auquel ils n’ont même pas accès (surtout pour les pays européens) et livrés à eux-mêmes dans leurs démarches qui consistent à se déposséder de tant de données personnelles, et de leur dignité.
 

Le mot « dignité » figure deux fois dans le court préambule de la Charte des Nations Unies, laquelle dispose en son article 1er que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Le Maroc a depuis une vingtaine d’années une politique où le citoyen est au cœur des dispositifs publics, bien que tout soit perfectible.
 

Mais, pour autant, peut-on dire que la dignité du Marocain, de la Marocaine, est une chose désormais définitivement ancrée dans les esprits ? Bien évidemment non, et c’est sur cela que nos politiques devraient axer leur action car il ne saurait y avoir de croissance, de prospérité, de développement, sans que la dignité humaine, vraie, entière et indivisible, soit consacrée. Et le cas des jeunes marocains arpentant les quartiers parisiens ou autres n’est pas porteur de grande dignité, ni pour ces jeunes gens ni pour le pays tout entier.
 

Le Maroc est aujourd’hui engagé dans un bras de fer diplomatique et géopolitique avec bien des pays. Il serait hautement appréciable, et apprécié, louable et utile que le front intérieur soit fort, et pour cela, il n’existe pas d’autre moyen que la dignité humaine, laquelle passe par une véritable citoyenneté, dans le système de santé, dans l’éducation, dans l’entreprise, à la rue, au sein de la famille…
 

Avec la dignité humaine, tout est possible ; sans elle, les périls apparaissent.
 

Rédigé par Aziz Boucetta sur https://panorapost.com






Rédigé par le Mardi 27 Avril 2021

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