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Chronique – La Russie face à l'impensable : quand un géant pétrolier manque… de carburant


Rédigé par le Dimanche 28 Juin 2026



Pendant plus de quatre ans de guerre, beaucoup d'observateurs ont cru que la véritable faiblesse de la Russie serait financière, technologique ou militaire. Pourtant, un autre front est en train de s'ouvrir : celui de la logistique énergétique.

Le paradoxe est saisissant. Pour la première fois depuis des décennies, l'un des premiers producteurs et exportateurs mondiaux de pétrole connaît des pénuries de carburant dans plusieurs régions, y compris en Crimée occupée. Les longues files d'attente devant les stations-service, les restrictions de vente et les mesures d'urgence illustrent une situation qui aurait semblé inimaginable il y a encore quelques mois.

Pourquoi la Russie manque-t-elle d'essence ? Ce n'est pas parce qu'elle manque de pétrole.

Le problème se situe beaucoup plus loin dans la chaîne :
les raffineries sont régulièrement frappées par des drones ukrainiens ;
les dépôts pétroliers sont incendiés ;
les infrastructures ferroviaires et routières sont perturbées ;
les capacités de raffinage diminuent fortement.

Selon plusieurs estimations, la production d'essence aurait chuté d'environ un quart par rapport à l'an dernier, poussant Moscou à interdire certaines exportations de carburants et même à envisager un arrêt total des exportations de diesel afin d'alimenter en priorité le marché intérieur.

Pourquoi la Crimée est-elle devenue le point faible ?

Depuis plusieurs semaines, Kiev mène une stratégie très différente.
L'objectif n'est plus seulement de détruire des équipements militaires.
Il s'agit désormais d'isoler progressivement la Crimée. Les frappes visent :

les terminaux pétroliers ;
les dépôts de carburant ;
les ponts et axes logistiques ;
les centrales électriques ;
les convois de ravitaillement.

Résultat : les autorités installées par Moscou ont suspendu les ventes normales d'essence aux particuliers et instauré des restrictions afin de réserver le carburant aux services essentiels. Plusieurs zones ont également connu des coupures d'électricité.

Un autre élément retient l'attention. Cette fameuse lettre de Zelensky à Poutine

Le président ukrainien a publié une lettre ouverte adressée à Vladimir Poutine.
Son objectif n'était pas uniquement diplomatique. Il s'agissait surtout d'une opération politique et psychologique destinée autant aux Russes qu'à la communauté internationale.

Le message est clair : la guerre est désormais visible sur le territoire contrôlé par Moscou ;
la Crimée n'est plus un sanctuaire ; chaque attaque russe aura désormais un coût croissant.

Le Kremlin a rejeté cette initiative. Vladimir Poutine a qualifié cette lettre de provocatrice et a refusé une rencontre directe avec son homologue ukrainien.

Que peut-il se passer maintenant ? Trois scénarios semblent aujourd'hui crédibles.

Premier scénario : la Russie stabilise la situation.
En protégeant davantage ses raffineries, en important temporairement du carburant et en rationnant les ventes, Moscou pourrait limiter les effets de la crise.

Deuxième scénario : la crise s'aggrave.
Si les frappes ukrainiennes continuent au rythme actuel, les difficultés logistiques pourraient toucher davantage de régions russes et compliquer l'approvisionnement des forces engagées sur le front.

Troisième scénario : une escalade militaire.
La Crimée possède une valeur stratégique mais aussi symbolique immense pour Vladimir Poutine. Si le Kremlin estime que cette péninsule est réellement menacée, une réponse militaire plus dure reste envisageable. Plusieurs analystes soulignent toutefois que l'issue demeure très incertaine.

Une guerre qui change de nature

Depuis 2022, la Russie avait réussi à préserver une forme de normalité dans une grande partie de son territoire. Ce n'est plus totalement le cas.

Les Ukrainiens cherchent désormais moins à conquérir rapidement qu'à rendre la guerre extrêmement coûteuse pour Moscou, en attaquant les infrastructures énergétiques, logistiques et économiques.

Lorsqu'un pays capable d'exporter plusieurs millions de barils de pétrole par jour voit apparaître des files d'attente devant les stations-service, ce n'est pas un simple problème d'essence.

C'est le signe qu'une guerre moderne ne se gagne plus seulement avec des chars ou des missiles. Elle se joue aussi dans les raffineries, les réseaux électriques, les dépôts de carburant et les chaînes logistiques. Et sur ce terrain-là, la bataille entre Kiev et Moscou est entrée dans une nouvelle phase.





Dimanche 28 Juin 2026

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