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De Taïz à Riyad, la nouvelle guerre du Yémen teste les défenses saoudiennes

Yémen : la guerre d’usure des missiles met les défenses saoudiennes sous pression


Rédigé par La Rédaction le Vendredi 18 Septembre 2026

Entre frappes au Yémen, missiles contre le territoire saoudien et inquiétudes sur les stocks d’intercepteurs, la confrontation entre Riyad et les Houthis prend désormais la forme d’une guerre d’endurance. Washington soutient le Royaume en matière de renseignement, sans s’engager directement dans les combats.



Arabie saoudite–Houthis : Riyad cherche des intercepteurs, Sanaa poursuit l’escalade

Les attaques houthis contre le territoire saoudien et les frappes menées au Yémen replacent Riyad et Sanaa dans une confrontation militaire directe. Derrière les missiles apparaît toutefois une autre bataille : celle des stocks d’intercepteurs, qui pousse l’Arabie saoudite à rechercher des soutiens extérieurs alors que le conflit menace également Bab el-Mandeb et les exportations énergétiques du Golfe.

La question n’est peut-être plus de savoir si l’Arabie saoudite possède les moyens d’intercepter les missiles et drones tirés depuis le Yémen. Elle est de savoir combien de temps elle pourra maintenir ce rythme.

Samedi 19 septembre, les autorités saoudiennes ont annoncé l’interception d’un missile balistique lancé par les Houthis vers Riyad. Des tentatives contre Yanbu, Taïf, Baysh et les îles Farasan auraient également été déjouées, selon la coalition dirigée par Riyad. Les Houthis affirment pour leur part avoir visé des sites sensibles dans la capitale ainsi que des installations d’Aramco.

Cette nouvelle séquence intervient après plusieurs semaines d’escalade. Le conflit yéménite, largement gelé depuis la trêve de 2022, s’est brutalement réactivé cet été. Les forces houthis ont progressé sur la façade occidentale du pays et renforcé leur présence autour du détroit de Bab el-Mandeb, passage maritime stratégique reliant la mer Rouge au golfe d’Aden.

Riyad répond par des opérations aériennes. Jeudi, les Houthis ont affirmé que trois tours de télécommunications avaient été frappées dans le gouvernorat de Taïz et qu'une autre attaque avait fait un mort à Abs, dans la province de Hajjah. Ces informations ont été reprises par Reuters et AFP, mais reposent sur les médias contrôlés par Sanaa et n’ont pas été confirmées publiquement par l’Arabie saoudite.

Le développement le plus révélateur se situe cependant ailleurs.

Selon l’Associated Press, citant deux responsables régionaux, les stocks saoudiens de missiles intercepteurs diminuent au point que Riyad a demandé à la France, au Royaume-Uni, au Pakistan et à l’Égypte de contribuer à renforcer sa défense aérienne. Aucun déploiement de ces pays n’était toutefois publiquement confirmé.

Parler d’une Arabie saoudite « à court de missiles » serait donc prématuré. Mais la situation révèle une contrainte classique des guerres de drones : l’attaquant peut multiplier des vecteurs relativement peu coûteux tandis que le défenseur consomme des intercepteurs sophistiqués, coûteux et disponibles en quantités limitées.

Les États-Unis restent engagés, mais à distance. Washington a jusqu’ici écarté une intervention militaire directe contre les Houthis tout en renforçant son assistance en renseignement et en planification. CENTCOM dispose désormais d’une task force chargée précisément de cette coopération avec les forces saoudiennes.

Une autre bataille se déroule parallèlement sur le terrain religieux et informationnel. Riyad affirme avoir intercepté le 15 septembre un drone houthi se dirigeant vers La Mecque. Abdelmalek Al-Houthi dément catégoriquement que son mouvement ait voulu frapper la ville sainte. Aucun élément indépendant rendu public ne permet pour l’instant de déterminer avec certitude la cible finale de l’appareil.

Les autorités religieuses proches de Sanaa ont à leur tour accusé Riyad d’instrumentaliser La Mecque pour mobiliser l’opinion musulmane. Cette rhétorique appartient pleinement à la guerre de communication qui accompagne désormais les opérations militaires : chaque camp cherche à transformer les interceptions, les frappes et leurs conséquences civiles en argument politique.

Pendant ce temps, la facture humaine augmente. Au 18 septembre, l’ONU comptabilisait 112 818 nouveaux déplacés au Yémen, dont plus de 100 000 en quelques jours, dans un pays où plus de 22 millions de personnes dépendent déjà de l’aide humanitaire.

La faiblesse saoudienne ne peut donc pas être résumée à une supposée panne militaire. Le problème est plus structurel : Riyad doit simultanément protéger ses villes, ses bases, ses infrastructures pétrolières et ses routes d’exportation face à une menace capable de multiplier missiles et drones.

Dans cette nouvelle guerre du Yémen, l’arme décisive pourrait finalement être moins le missile que le stock permettant de l’arrêter.





Vendredi 18 Septembre 2026

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