Pendant des décennies, le Maroc a vécu avec une fragilité structurelle : sa dépendance énergétique. Pétrole, gaz, charbon, une grande partie de la facture énergétique nationale dépendait des marchés internationaux, des tensions géopolitiques et des fluctuations de prix décidées ailleurs. Aujourd’hui, un projet discret mais stratégique pourrait commencer à changer cette réalité : Tendrara.
L’annonce du renforcement de la participation du groupe Managem dans le projet gazier de Tendrara, à l’est du Royaume, dépasse largement le cadre d’une simple opération financière. Elle révèle une ambition plus profonde : construire progressivement une souveraineté énergétique marocaine adaptée aux réalités du XXIe siècle.
L’acquisition des actifs de la société britannique Sound Energy permet à Managem de devenir l’acteur dominant du projet, avec une participation portée à 75 %, tandis que l’Office national des hydrocarbures et des mines conserve 25 %. Derrière ces chiffres se cache un changement stratégique majeur : le contrôle marocain sur l’un des projets gaziers les plus prometteurs du pays se renforce considérablement.
Le gaz naturel n’a jamais été la priorité du Maroc. Le Royaume a longtemps misé sur les énergies renouvelables, le solaire, l’éolien et l’efficacité énergétique. Cette orientation demeure pertinente. Mais l’expérience des dernières années a démontré qu’une transition énergétique ne peut reposer uniquement sur les énergies intermittentes.
Le gaz apparaît désormais comme l’énergie de transition capable d’assurer la stabilité du système tout en réduisant la dépendance aux combustibles les plus polluants.
Le projet de Tendrara s’inscrit précisément dans cette logique. Sa première phase prévoit une capacité pouvant atteindre cent millions de mètres cubes par an destinés principalement à l’industrie nationale. Une deuxième étape vise un raccordement au gazoduc Maghreb-Europe avec un potentiel de production bien supérieur.
À première vue, ces volumes restent modestes comparés aux grands producteurs mondiaux. Pourtant, l’intérêt du projet ne réside pas uniquement dans les quantités extraites. Il réside dans la capacité du Maroc à disposer d’une ressource locale, pilotable et sécurisée.
La véritable question est économique.
Chaque année, le Royaume consacre des dizaines de milliards de dirhams à l’importation d’énergie. Cette dépendance pèse sur la balance commerciale, fragilise certaines filières industrielles et expose les entreprises marocaines aux variations brutales des cours mondiaux. Le développement d’un gaz national, même partiel, peut contribuer à améliorer la compétitivité de secteurs entiers.
L’industrie marocaine est aujourd’hui confrontée à un défi paradoxal. Pour rester compétitive, elle doit produire davantage tout en réduisant son empreinte carbone. Le gaz naturel offre une solution intermédiaire crédible entre les combustibles traditionnels et les énergies totalement décarbonées qui nécessitent encore d’importants investissements technologiques.
Mais Tendrara n’est pas seulement un projet énergétique. C’est aussi un projet géopolitique.
Le contexte international a profondément changé depuis la guerre en Ukraine. L’énergie est redevenue une arme stratégique. Les États cherchent à sécuriser leurs approvisionnements, à diversifier leurs sources et à réduire leur vulnérabilité extérieure. Le Maroc n’échappe pas à cette logique.
L’un des enseignements majeurs de la crise énergétique mondiale est simple : les pays qui produisent une partie de leur énergie disposent d’une marge de manœuvre économique et diplomatique plus importante que ceux qui dépendent entièrement des importations.
Le pari de Tendrara s’inscrit donc dans une vision plus large qui associe gaz naturel, énergies renouvelables, hydrogène vert et interconnexions régionales. L’objectif n’est pas l’autosuffisance totale, probablement irréaliste à court terme, mais la réduction progressive de la dépendance.
Cependant, plusieurs défis demeurent.
La rentabilité économique du projet dépendra de l’évolution des prix internationaux du gaz. Les infrastructures de transport et de distribution devront être renforcées. La question environnementale restera également centrale dans un monde où les exigences climatiques deviennent de plus en plus strictes.
Enfin, le Maroc devra éviter un piège classique : considérer le gaz comme une fin en soi. Le véritable objectif reste la souveraineté énergétique globale. Le gaz n’est qu’un outil parmi d’autres.
La réussite de Tendrara ne se mesurera donc pas uniquement en mètres cubes produits. Elle se mesurera à sa capacité à soutenir l’industrie, à réduire la facture énergétique, à renforcer l’attractivité économique du Royaume et à préparer la transition vers le système énergétique de demain.
Pendant longtemps, le Maroc a importé son énergie. Tendrara pourrait marquer le début d’une nouvelle étape : celle d’un pays qui commence à produire une partie de sa propre sécurité énergétique.
L’acquisition des actifs de la société britannique Sound Energy permet à Managem de devenir l’acteur dominant du projet, avec une participation portée à 75 %, tandis que l’Office national des hydrocarbures et des mines conserve 25 %. Derrière ces chiffres se cache un changement stratégique majeur : le contrôle marocain sur l’un des projets gaziers les plus prometteurs du pays se renforce considérablement.
Le gaz naturel n’a jamais été la priorité du Maroc. Le Royaume a longtemps misé sur les énergies renouvelables, le solaire, l’éolien et l’efficacité énergétique. Cette orientation demeure pertinente. Mais l’expérience des dernières années a démontré qu’une transition énergétique ne peut reposer uniquement sur les énergies intermittentes.
Le gaz apparaît désormais comme l’énergie de transition capable d’assurer la stabilité du système tout en réduisant la dépendance aux combustibles les plus polluants.
Le projet de Tendrara s’inscrit précisément dans cette logique. Sa première phase prévoit une capacité pouvant atteindre cent millions de mètres cubes par an destinés principalement à l’industrie nationale. Une deuxième étape vise un raccordement au gazoduc Maghreb-Europe avec un potentiel de production bien supérieur.
À première vue, ces volumes restent modestes comparés aux grands producteurs mondiaux. Pourtant, l’intérêt du projet ne réside pas uniquement dans les quantités extraites. Il réside dans la capacité du Maroc à disposer d’une ressource locale, pilotable et sécurisée.
La véritable question est économique.
Chaque année, le Royaume consacre des dizaines de milliards de dirhams à l’importation d’énergie. Cette dépendance pèse sur la balance commerciale, fragilise certaines filières industrielles et expose les entreprises marocaines aux variations brutales des cours mondiaux. Le développement d’un gaz national, même partiel, peut contribuer à améliorer la compétitivité de secteurs entiers.
L’industrie marocaine est aujourd’hui confrontée à un défi paradoxal. Pour rester compétitive, elle doit produire davantage tout en réduisant son empreinte carbone. Le gaz naturel offre une solution intermédiaire crédible entre les combustibles traditionnels et les énergies totalement décarbonées qui nécessitent encore d’importants investissements technologiques.
Mais Tendrara n’est pas seulement un projet énergétique. C’est aussi un projet géopolitique.
Le contexte international a profondément changé depuis la guerre en Ukraine. L’énergie est redevenue une arme stratégique. Les États cherchent à sécuriser leurs approvisionnements, à diversifier leurs sources et à réduire leur vulnérabilité extérieure. Le Maroc n’échappe pas à cette logique.
L’un des enseignements majeurs de la crise énergétique mondiale est simple : les pays qui produisent une partie de leur énergie disposent d’une marge de manœuvre économique et diplomatique plus importante que ceux qui dépendent entièrement des importations.
Le pari de Tendrara s’inscrit donc dans une vision plus large qui associe gaz naturel, énergies renouvelables, hydrogène vert et interconnexions régionales. L’objectif n’est pas l’autosuffisance totale, probablement irréaliste à court terme, mais la réduction progressive de la dépendance.
Cependant, plusieurs défis demeurent.
La rentabilité économique du projet dépendra de l’évolution des prix internationaux du gaz. Les infrastructures de transport et de distribution devront être renforcées. La question environnementale restera également centrale dans un monde où les exigences climatiques deviennent de plus en plus strictes.
Enfin, le Maroc devra éviter un piège classique : considérer le gaz comme une fin en soi. Le véritable objectif reste la souveraineté énergétique globale. Le gaz n’est qu’un outil parmi d’autres.
La réussite de Tendrara ne se mesurera donc pas uniquement en mètres cubes produits. Elle se mesurera à sa capacité à soutenir l’industrie, à réduire la facture énergétique, à renforcer l’attractivité économique du Royaume et à préparer la transition vers le système énergétique de demain.
Pendant longtemps, le Maroc a importé son énergie. Tendrara pourrait marquer le début d’une nouvelle étape : celle d’un pays qui commence à produire une partie de sa propre sécurité énergétique.












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