À Gaza, survivre reste un combat quotidien
C’est le troisième hiver vécu sous la guerre pour les Gazaouis. Selon les Nations unies, près de quatre-vingts pour cent des bâtiments ont été endommagés ou détruits après deux années de bombardements. Sur deux millions d’habitants, un million sept cent mille personnes vivent aujourd’hui dans des abris improvisés, parfois à même les ruines.
Le problème est criant : il n’y a pas assez de tentes. Sur plus de trois cent mille nécessaires, à peine soixante mille ont été livrées, dénoncent les ONG locales. Beaucoup de familles se réfugient alors dans des immeubles à moitié effondrés. Des pièges mortels. Chaque jour, des bâtiments s’écroulent sous l’effet du vent et des pluies, alertent les équipes humanitaires.
Mi-décembre, la tempête Byron a aggravé la situation. Dix-huit morts, plus de deux cent trente mille personnes affectées, des dizaines de milliers de tentes détruites ou endommagées. Dans certains camps, l’eau monte, les sols sont boueux, les couvertures trempées. Le quotidien devient invivable.
Aide humanitaire bloquée, famine seulement “repoussée”
Officiellement, la famine n’est plus déclarée à Gaza. Les agences onusiennes parlent d’un fléau « repoussé ». Les habitants mangent désormais, en moyenne, deux repas par jour. Un progrès, certes. Mais la malnutrition reste massive. Les denrées disponibles sont chères, peu variées, pauvres en protéines. Les nouveau-nés arrivent dans des états critiques. Les enfants souffrent de carences sévères. Les adultes ont perdu du poids, parfois dangereusement.
En cause, l’entrée très limitée de l’aide humanitaire. Des milliers de palettes de tentes, de bâches et de matériel d’urgence ont été refusées à l’entrée de Gaza. Certains objets, pourtant civils, sont jugés à risque d’usage militaire. Résultat : les ONG parlent d’une aide au compte-gouttes, très loin des besoins réels. Sur place, les humanitaires sont clairs : ce qui est fait aujourd’hui ne répond pas à l’urgence. C’est une goutte d’eau dans un océan de détresse.
Un cessez-le-feu fragile, des bombardements toujours entendus
Sur le papier, les armes doivent se taire. Dans la réalité, les explosions continuent d’être entendues. Depuis fin octobre, des centaines de personnes auraient encore été tuées à Gaza, selon des experts et observateurs indépendants. Pour beaucoup, le cessez-le-feu est plus politique que réel.
La diplomatie internationale promet une deuxième phase, avec retrait progressif des troupes israéliennes et discussions sur l’avenir du territoire. Mais sur le terrain, l’urgence est humanitaire, pas stratégique.
Les besoins financiers explosent. L’ONU réclame plusieurs milliards de dollars pour Gaza et la Cisjordanie, tandis que les financements internationaux annoncés pour deux mille vingt-six sont en baisse. L’écart entre les besoins et les moyens se creuse dangereusement.












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