Ce chiffre, équivalent à quelque 3 milliards de dirhams, place cette implantation parmi les projets industriels les plus significatifs pour le Royaume ces dernières années.
L’usine, dont la mise en chantier est prévue immédiatement, aura une capacité annuelle de production de 6 millions de pneus radiaux semi-acier, destinés à équiper voitures particulières et véhicules utilitaires légers. La construction financée via un mélange de fonds propres et de ressources levées par l’entreprise devrait s’étaler sur environ deux ans, avant que la production ne commence.
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Un pari industriel à fort impact
Sur le plan économique, Guizhou Tyre anticipe des retombées financières substantielles : un chiffre d’affaires annuel moyen estimé à 182,5 millions de dollars, associé à un bénéfice net d’environ 40,8 millions une fois l’usine pleinement opérationnelle.
Dans un marché mondial du pneumatique marqué par une concurrence acharnée, cette capacité de production informatique et automatisée confère au Maroc un avantage stratégique non négligeable. Le groupe chinois souligne que cette unitée s’inscrit dans une démarche d’expansion internationale réfléchie, visant à optimiser sa chaîne logistique et à réduire les délais de livraison vers l’Europe, l’Afrique et les Amériques.
Ce choix n’est pas anodin. Tanger Tech, déjà connu pour accueillir d’autres grands investisseurs comme Sentury Tire s’affirme de plus en plus comme un hub industriel attractif pour les manufacturiers mondiaux, bénéficiant d’infrastructures portuaires avancées et d’une proximité avec les marchés clés.
Au-delà des chiffres : un signal fort pour l’écosystème marocain
Il y a quelque chose de presque symbolique dans cette annonce. En visitant récemment Tanger, j’ai croisé des techniciens marocains formés à des machines de pointe certains racontaient leur fierté de travailler pour des lignes de production qui, il y a peu, semblaient hors de portée dans notre pays. Ce genre de projet ne se limite pas à des chiffres spectaculaires ; il crée des opportunités concrètes pour une main-d’œuvre qualifiée, renforce le transfert de technologies, et structure des chaînes d’approvisionnement locales.
C’est aussi un message adressé aux décideurs et aux entrepreneurs marocains : le Royaume n’est plus seulement une plateforme d’assemblage, mais un lieu où se construisent des industries à haute valeur ajoutée. Cela alimente une dynamique positive pour les jeunes ingénieurs et techniciens, tout en consolidant la base industrielle nationale.
Perspectives et défis à moyen terme
Malgré l’enthousiasme suscité par cette annonce, il serait naïf d’occulter les défis. La réussite d’un tel projet dépendra de la capacité du Maroc à intégrer davantage de fournisseurs locaux, à assurer une montée en compétence continue des ressources humaines, et à maintenir un environnement économique stable et favorable à l’investissement.
Mais pour l’instant, les signes sont encourageants. Avec des flux d’investissements étrangers qui se multiplient, notamment dans l’automobile, l’électronique ou les technologies vertes, le Royaume s’affirme progressivement comme un pivot industriel en Afrique du Nord.
À l’heure où ces lignes sont rédigées, les discussions entre le gouvernement marocain, les représentants de Guizhou Tyre et les partenaires locaux se poursuivent, avec l’objectif clair de transformer cette promesse économique en réalité tangible pour les générations à venir.












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