Un désengagement progressif vis-à-vis du mariage
Les données de l’Enquête Nationale sur la Famille 2025 montrent également que 51,7 % des célibataires ne souhaitent pas se marier, contre 40,6 % qui l’envisagent encore. Pour le sociologue Bouchaib Majdoul, cette tendance ne traduit pas un simple désintérêt, mais une transformation profonde des normes sociales. Selon lui, le mariage n’est plus perçu comme une obligation, mais comme un choix individuel conditionné par des facteurs économiques et personnels. Il devient une décision réfléchie, intégrant à la fois les aspirations personnelles et les contraintes matérielles.
Pressions économiques et recomposition des rôles
L’écart entre hommes et femmes s’explique notamment par les réalités économiques. Dans un contexte marqué par la précarité et le chômage, les hommes hésitent davantage à s’engager, le mariage étant encore associé à leur rôle de principal soutien financier du foyer. Pour les femmes, le mariage conserve une valeur sociale importante, mais les attentes évoluent. Les critères de choix du conjoint deviennent plus exigeants, avec une recherche accrue de compatibilité affective, sociale et éducative.
Un recul de l’âge du mariage et une autonomie relative
Cette transformation s’accompagne d’un recul notable de l’âge du mariage : 33,3 ans pour les hommes et 26,3 ans pour les femmes. Les jeunes prolongent leurs études, cherchent une stabilité professionnelle et privilégient davantage le choix du partenaire. Cependant, cette autonomie reste partielle. Dans 58,3 % des cas, la famille continue d’intervenir dans la formation des unions. Cette persistance s’explique par la dépendance économique prolongée, qui rend l’appui familial indispensable pour concrétiser le mariage.
Une transformation plus large du modèle familial
Au-delà du mariage, c’est l’ensemble du modèle familial qui évolue. La fécondité est désormais estimée à 1,98 enfant par femme, traduisant des familles plus réduites mais davantage investies dans l’éducation et la santé des enfants. Par ailleurs, le taux de divorce, évalué à 3,6 ‰, confirme une fragilisation progressive du lien conjugal. Le mariage apparaît ainsi de moins en moins comme une union stable et définitive, et de plus en plus comme un engagement susceptible d’être reconsidéré. Cette évolution dessine un changement profond des structures sociales, où les logiques traditionnelles cohabitent désormais avec des trajectoires de vie plus individualisées et incertaines.












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