Des précipitations historiques et des victimes confirmées
Selon l’Institut national de la météorologie (INM), la Tunisie a enregistré des quantités exceptionnelles de pluie pour un mois de janvier, jamais observées dans certaines régions depuis plus de soixante-dix ans. À Monastir, Nabeul et dans le Grand Tunis, les relevés ont dépassé les normes historiques.
Le bilan humain fait état de quatre décès à Moknine, dans le gouvernorat de Monastir. Parmi les victimes figure une femme d’une quarantaine d’années, emportée par les eaux, selon la Protection civile. Les autorités locales parlent d’une situation critique dans plusieurs gouvernorats.
Villes paralysées, écoles et tribunaux fermés
Les fortes pluies n’ont quasiment pas cessé depuis lundi soir, notamment dans la capitale Tunis. Des images impressionnantes diffusées sur les réseaux sociaux montrent des rues transformées en torrents, avec des voitures bloquées jusqu’aux portières.
Face aux risques, les autorités ont décidé la suspension des cours dans les écoles du Grand Tunis et d’autres régions. Les audiences judiciaires ont également été suspendues, tout comme de nombreux services administratifs. Les transports publics et privés sont fortement perturbés, parfois totalement à l’arrêt.
L’armée mobilisée pour les opérations de sauvetage
Devant l’ampleur des inondations, l’armée tunisienne a été mobilisée pour appuyer la Protection civile dans les opérations de secours. Cette intervention vise notamment à évacuer des habitants piégés, sécuriser certaines zones urbaines et faciliter la circulation des secours. Les cumuls de pluie sont particulièrement élevés : 206 mm à Sidi Bou Saïd et jusqu’à 250 mm à Sayada en quelques heures, des niveaux jugés exceptionnels par les météorologues.
Des infrastructures sous pression
Si ces pluies sont historiques, les autorités rappellent que les inondations urbaines sont un phénomène récurrent en Tunisie. Les réseaux de drainage, souvent anciens ou sous-dimensionnés, peinent à absorber de tels volumes d’eau. L’urbanisation rapide, parfois non maîtrisée, a réduit les surfaces perméables, accentuant le ruissellement. À cela s’ajoute l’encombrement des canalisations par les déchets, qui limite l’écoulement et aggrave les débordements.
Un paradoxe climatique de plus en plus visible
Ces inondations surviennent après plusieurs années de sécheresse prolongée, marquées par un stress hydrique sévère et une baisse critique des réserves des barrages. Ce contraste met en lumière les effets du changement climatique, alternant pénuries d’eau et épisodes extrêmes. Les autorités surveillent désormais l’évolution météorologique et l’impact sur les populations, alors que les opérations de secours se poursuivent et que le bilan pourrait encore évoluer.












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