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Interview d’Aziz Akhannouch : On s’attendait au fou rire, mais on a évité le pire


Pour son premier grand passage à la télé (SNRT et 2M), le chef du gouvernement qu'on sait moyennement tribun s'en est finalement sorti sans trop de casse, en dépit d'un manque flagrant d'audace. Un entretien de 75 minutes, dans lequel les deux gentils journalistes ont fait le tour, scindant l’interview en trois parties, les 100 jours du gouvernement, les grands chantiers dudit et la réalité politique entre majorité et opposition. Et comme attendu, Aziz Akhannouch n’a été moyen que dans les deux derniers, peu convaincant pour le premier.



Par Aziz Boucetta

Pour son premier grand passage à la télé (SNRT et 2M), le chef du gouvernement qu'on sait moyennement tribun s'en est finalement sorti sans trop de casse, en dépit d'un manque flagrant d'audace. Un entretien de 75 minutes, dans lequel les deux gentils journalistes ont fait le tour, scindant l’interview en trois parties, les 100 jours du gouvernement, les grands chantiers dudit et la réalité politique entre majorité et opposition. Et comme attendu, Aziz Akhannouch n’a été moyen que dans les deux derniers, peu convaincant pour le premier.

L’entretien, dit-on, était enregistré, ce qui reste un comportement plutôt ordinaire chez nos politiques, peu familiarisés avec ce type d’exercice. Mais alors, quand on évite le direct, pourquoi faire l’économie d’une bonne préparation ? M. Akhannouch se sait piètre communicant, ses conseillers aussi, et les seconds auraient dû dire au premier de mieux se préparer, de prendre au besoin – et besoin il y a – un coach en communication, de mettre au point des « petites phrases », de refaire l’enregistrement à chaque fois que nécessaire, et laisser les monteurs faire leur travail… Rien de tout cela ne semble avoir été fait, et cela a donné un Akhannouch peu convaincant, même s’il a évité d’être cataclysmique.

Alors on a vu ce soir-là du mercredi 19 janvier un chef de gouvernement dans ses petits souliers, manifestement mal à l’aise, sourire (très) emprunté, doigts nerveusement animés, et jambe parfois ramenée vers l’arrière. La gêne et l’inconfort étaient visibles, douloureusement palpables, même si l’homme s’est relâché à mesure qu’avançait l’entretien. Les tics de langage sont aussi légion : les « Yaâni » sont trop nombreux et masquent un manque de vocabulaire, le mélange bilingue ne peut éviter la comparaison avec tous ses prédécesseurs qui maîtrisaient la langue officielle, et les récurrents « inchallah » et autres « hamdoullah » qu’on peut admettre une fois ou deux, pas plus (le décompte a été arrêté à la vingtième fois), de la part du chef du gouvernement d’un pays en crise multidimensionnelle.

Et donc, après deux petits mensonges de départ, sur les maires de Rabat et de Casablanca, la 1ère ayant fait montre de népotisme et la 2nde de légèreté, le chef du gouvernement répond sur son manque de communication ainsi que celui de son équipe. Sa réponse est extraordinaire de candeur : « En votant pour nous, les gens savaient qui nous étions et comment nous travaillons, sans trop parler, mais dans l’action ». Fort bien, nous savons aujourd’hui que le chef du gouvernement ne parlera qu’exceptionnellement.

Sur les frontières, Aziz Akhannouch a révélé ce que tout le monde sait, en l’occurrence que cela ne relève pas de lui. « Il y a une commission scientifique et un comité interministériel, dont les avis sont contraignants », a-t-il affirmé, alors même que des membres éminents de la 1ère commission appellent à l’ouverture de ces frontières. Pas grave, « dans quelques semaines », nous dit le chef du gouvernement sans s’engager mais en jetant un froid sur les millions de Marocains reliés à l’étranger et sur les milliers s’y trouvant, bloqués.

Enfin, sur la partie diplomatique, M. Akhannouch a montré qu’il connaît ses classiques, très classiques, mais il a inquiétamment affiché sa méconnaissance, ou au moins faible connaissance, des grands enjeux géopolitiques du Maroc. On ose à peine penser à des discussions sur ce volet avec ses homologues étrangers. Nasser Bourita devra impérativement y être présent…

Concernant les grands chantiers du royaume, le chef du gouvernement les connaît et les connaît bien, malgré quelques imprécisions, mais rien de bien grave : protection sociale et relance, Awrach et agriculture (il donne le sentiment d’être un ministre de l’Agriculture promu, ce dont il convient), inflation et digitalisation…

Quant à la partie politique, Aziz Akhannouch est sûr de son fait, profère quelques contre-vérités sur le rôle et la place de l’opposition, mais affirme que la cohésion gouvernementale est là en dépit de quelques députés rebelles, ce qui est tout à fait normal. Sur les députés insuffisamment lettrés, il rétorque que ce sont des élus de la nation, ce qui est vrai et le reproche, si reproche il doit y avoir, doit être adressé à leurs électeurs, ce qui est tout aussi vrai.

En somme, une prestation lisse, sans aucun relief, les journalistes ayant posé les question adéquates et attendues mais sans aucune relance, avec une sorte de coupable complaisance. M. Akhannouch a montré qu’il était un technocrate réussi et abouti, qui doit délivrer et qui délivrera, mais il a aussi montré que la politique est remisée au placard pour 5 ans.

Alors soit… que l’action soit, mais alors une véritable action, faite d’audace et d’imagination, d’innovation aussi, pour compenser le déficit de politique qui ira croissant. Mais pour la prochaine prestation, M. Akhannouch serait vraiment avisé de prendre un coach et d’être plus exigeant avec ses spin doctors tellement absents, vu la performance, qu’on pourrait les penser bloqués aussi à l’étranger…

Rédigé par Aziz Boucetta sur PanoraPost



Vendredi 21 Janvier 2022

Chroniqueurs invités | Coup de cœur



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