L'ODJ Média

lodj






Jouahri tire la sonnette d’alarme et Lahlimi l’amplifie, où est Akhannouch ?


Alors que le mois de ramadan approchait avec l’inflation qui menaçait et que le gouvernement a tout dit sur ce qu’il voulait faire et beaucoup entrepris de ce qu’il avait dit, nous voilà, finalement, en plein ramadan, avec une inflation aussi triomphante que menaçante… Mais le gouvernement ne dit plus rien ; alors, la politique ayant comme la nature horreur du vide, ce sont deux hauts commis de l’Etat qui lancent le débat, chacun à sa manière. Et il faut les écouter, MM. Jouahri et Lahlimi.



Écouter le podcast de cet article :


Par Aziz Boucetta

Face à des ministres qui, quand ils s’expriment, s’extasient en égrenant des chiffres auxquels ils sont seuls à croire et en énumérant des réalisations autoproclamées qu’ils sont seuls à voir, Abdellatif Jouahri et Ahmed Lahlimi, en hommes responsables, en vétérans de la haute fonction publique et en observateurs engagés et impliqués de l’économie nationale, ont parlé.

Ce n’est plus un simple clapotis d’actualité mais un véritable raz-de-marée de réalité.

Abdellatif Jouahri annonce un taux directeur en augmentation à 3%, pour la première fois depuis 2014, et corrige à la baisse les prévisions de croissance trop optimistes du gouvernement, rappelant au passage la décompensation programmée en 2014 et le maintien de l’inflation qui va avec.

S’en suivent cafouillages, rumeurs de demandes d’arbitrage royal, retrait puis remise en ligne du communiqué de la banque centrale, silence inhabituel de M. Jouahri… et mutisme ordinaire du gouvernement.

Puis Ahmed Lahlimi s’invite à son tour, à travers un entretien accordé à nos confrères de Médias24. L’ancien ministre et haut-commissaire au plan y explique que l’inflation est structurelle en raison du choc sur l’offre agricole et donc alimentaire, elle-même due à l’avancée de l’aridité du pays et donc à la baisse de la production. M. Lahlimi en appelle donc à une refonte structurelle de la politique agricole du royaume pour pouvoir assurer, à terme, notre souveraineté et sécurité alimentaires.

Cela ramène au premier discours prononcé par le roi à l’occasion de l’inauguration du nouveau parlement, en octobre 2021, en présence du gouvernement Akhannouch au grand complet : « Qu’elle soit sanitaire, énergétique, industrielle, alimentaire ou autre, (la) préservation (de la souveraineté) est devenue l’enjeu d’une véritable compétition qui suscite des réactions fébriles chez certains. (…) Nous appelons à la création d’un dispositif national intégré ayant pour objet la réserve stratégique de produits de première nécessité, notamment alimentaires ». Bien sûr, cela n’a pas été fait.



Deux grandes problématiques sont dès lors ouvertes :

1/ La tension inflationniste actuelle est-elle structurelle... et due à l’offre comme le pense M. Lahlimi, ou à autre chose de pas très précis, comme le suggère confusément M. Jouahri dans la dernière décision de Bank al-Maghrib ? De la réponse à cette question dépendra la politique future du pays ;

2/ Dans un pays présentant une vulnérabilité accrue au changement climatique (3 sécheresses sur les 4 dernières années), quand (et accessoirement par qui) pourra être totalement refondée la politique agricole nationale, ses capacités, ses perspectives, ses objectifs, ses politiques publiques ? De la réponse à cette question dépendra, aussi, la politique future du pays.

Remarquons que dans l’un ou l’autre cas, le Nouveau modèle de développement subit l’effet tunnel et semble être déjà, et vite, entré dans l’Histoire du Maroc. Plus personne n’évoque ces taux de croissance de 6% et de 10% nécessaires pour financer les réformes et les chantiers.

Le pays en a déjà entamé certains (santé, éducation, dessalement…) mais sans réponse aux deux questions ci-dessus, il court le risque de tout déséquilibrer, budget, finances, monnaie, approvisionnements… et paix sociale.

Un débat doit donc se tenir sur la politique à mettre en œuvre, et c’est au gouvernement de le lancer, dans la concertation, par la réflexion, la conception, l’explication/communication et l’implémentation, dans le temps et dans le cadre d’une politique soutenue.

Mais une politique soutenue, cela signifie le long terme et donc au-delà de la mandature actuelle ; le débat doit donc s’ouvrir sur les autres composantes politiques, toutes, et expliquer aux syndicats et autres corps constitués.

Une telle démarche nécessite de la présence intellectuelle, de la vision long-termiste, de l’audace réformatrice, de la capacité d’action et de l’effectivité des politiques… Il ne faut pas que là où on demande un implant, une greffe, le gouvernement continue d’appliquer des rustines, comme ses mantras habituels « on va mieux contrôler les spéculateurs, et on va les sanc-tion-ner », et « on suit ça de près, ça ira mieux dans les semaines voire les jours qui viennent, inchallah ».

La politique cartoon ne marche plus.

Le gouvernement saura-t-il faire toute cela, conduire ce débat, le nourrir, l’enrichir, le porter et le supporter, pour arriver à quelque chose qu’il fera réellement ?

Le silence de Ssi Akhannouch est d’ores et déjà coupable. Le pays a besoin aujourd’hui plus que jamais d’un chef de gouvernement, d’un vrai qui agit et qui explique son action, pas de l’éternel autosatisfecit auquel plus personne ne croit et face auquel le grondement de colère monte…

Rédigé par Aziz Boucetta sur Panorapost 



Mercredi 29 Mars 2023

Billet | Billet 2026 | Chroniqueurs invités | Experts invités | Deep Think | Quartier libre | Chroniques Vidéo | Replay vidéo & podcast outdoor | Documentaires IA


Les chroniqueurs et experts invités de L’ODJ

L’ODJ Média

Les chroniqueurs et experts invités de L’ODJ

Par ordre alphabétique. Retrouvez les articles de chaque auteur : FR en français, AR en arabe.

  • Abdallah BenzekriFR
  • Abdelaziz KoukasFRAR
  • Abdelfettah EssadikiAR
  • Abdelghani El ArrasseFR
  • Abdeslam SeddikiFRAR
  • Abdessamad AlhyanFRAR
  • Adel GhallabFR
  • Adil BenhamzaFRAR
  • Adnan DebbarhFR
  • Ali BouallouFRAR
  • Ali TounsiAR
  • Anissa Mekouar SenhadjiFR
  • Ayoub MechmoumAR
  • Aziz BoucettaFRAR
  • Aziz DaoudaFRAR
  • Aziz RabbahFRAR
  • Aziza BenkiraneFRAR
  • Badr Ben AllachAR
  • Badreddine AitlekhouiAR
  • Bargach LarbiFR
  • Dr Anwar CherkaouiFRAR
  • Dr Az-Eddine BennaniFR
  • Dr Hassan BennaniFR
  • Dr Idriss QorichAR
  • Dr Khalid FathiFRAR
  • Dr Mustapha BelaouniAR
  • Dr Zakaria Benomar FarèsFR
  • El Montacir BensaidFRAR
  • Fawzia Talout MeknassiFR
  • Hassan AbdelkhalekFRAR
  • Hicham El AadnaniFRAR
  • Lahcen HaddadFRAR
  • Marwane El BouzdainiFR
  • Mohamed El OuardiFRAR
  • Mohamed Yasser MoulineFRAR
  • Mustapha SehimiFRAR
  • Naïm KamalFRAR
  • Najib MikouFRAR
  • Omar HasnaouiFR
  • Rachid BoufousFRAR
  • Saâd FaouziFR
  • Saïd TemsamaniFRAR
  • Souad MekkaouiFR
  • Taoufiq BoudchicheFRAR
  • Yasser DerkouliFR
  • Younes AmimiAR
  • Zakaria BeralaFR


Bannière Lodj DJ

Avertissement éditorial — L’ODJ

Avertissement éditorial

Les textes publiés dans les rubriques « Quartier libre », « Chroniqueurs invités », « Coup de cœur » et « Communiqué de presse » doivent respecter la charte de L’ODJ ainsi que les règles suivantes.

  1. Un espace de libre expression. L’ODJ ouvre cet espace aux internautes et aux confrères invités, avec leur accord, afin qu’ils puissent s’exprimer sur les sujets de leur choix, dans le respect de sa charte éditoriale.
  2. Une publication soumise à modération. La rédaction de lodj.ma examine les contributions avant leur publication et veille à leur conformité avec la charte de L’ODJ.
  3. Des opinions qui engagent leurs auteurs. Les auteurs assument la responsabilité des propos et des informations contenus dans leurs contributions. Leur publication ne signifie pas que la rédaction de lodj.ma adhère aux opinions exprimées. Cette règle s’applique sans préjudice des responsabilités prévues par la législation applicable.
  4. Aucun contenu illicite ou abusif. Les propos diffamatoires, menaçants, abusifs ou obscènes, ainsi que tout contenu contraire à la loi, sont refusés.
  5. Aucune discrimination. Les propos racistes, sexistes ou portant atteinte à une personne ou à un groupe en raison de sa religion, de son origine, de son genre ou de son orientation sexuelle ne sont pas admis.
  6. Le respect du travail d’autrui. Toute forme de plagiat est proscrite. Les contributions doivent respecter les droits d’auteur et mentionner les sources des citations ou des contenus repris.
  7. Une rédaction à votre écoute. Vous pouvez nous signaler tout manquement éventuel à la charte éditoriale de L’ODJ Média en écrivant à radio.lodj@gmail.com. Merci de préciser le texte concerné et les raisons de votre signalement afin de permettre à la rédaction de l’examiner.







LODJ24 TV
آخر الأخبار
جاري تحميل الأخبار...
BREAKING NEWS
📰 Chargement des actualités...

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html









Vos contributions
LODJ Vidéo