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L’Ukraine remporte l’eurovision et perd Azovstal


La guerre est plus difficile à mener sur les champs de bataille que dans les médias.



256 soldats ukrainiens blessés, jusqu’alors terrés dans le complexe industriel Azovstal, à Marioupol, se sont rendus, le 17 mai, aux forces russes. Ce ne sont ni les premiers, ni les derniers combattants ukrainiens à tomber en captivité, ni même les plus nombreux, mais leur reddition est symbolique à plus d’un titre.

Le siège strict imposé par les généraux russes aux derniers combattants ukrainiens qui résistent dans l’usine sidérurgique Azovstal, dotée de profondes installations souterraines, semble commencer à porter ses fruits. Sans approvisionnements en nourriture et munitions, le sort des derniers soldats ukrainiens assiégés semble scellé.

La couverture faite par les médias occidentaux de cet évènement reflète une étrange perception de la situation sur le terrain. Encenser des « héros » ukrainiens qui auraient été « évacués » est une manière plutôt saugrenue pour décrire des combattants fatigués qui ont déposé les armes et ont été conduits en captivité.

La défaite en chantant

La propagande est une évidence dans tout conflit armé, chaque partie cherchant à gonfler l’importance de ses succès militaires et amoindrir celle de ses défaites, autant pour maintenir la cohésion du front intérieur que pour tenter de tromper l’ennemi sur la réalité de situation et affecter le morale de ses troupes.

Mais au-delà d’un certain seuil de « maquillage » de faits avérés, ce sont les opinions publiques qui sont gavées d’illusions, rendant le choc de la confrontation avec la réalité d’une cruelle brutalité.

Même la victoire symbolique d’un groupe de musique ukrainien au concours Eurovision, trois jours avant la reddition des soldats ukrainiens à Azovstal, ne saurait atténuer l’effet des graves difficultés que rencontrent les forces de Kiev sur le terrain.

Ce n’est pas encore la fin du siège imposé par l’armée russe aux occupants de ladite usine. Le nombre de combattants restant est estimé à quelques 1.500 soldats ukrainiens, parmi lesquels des néonazis du tristement célèbre régiment Azov. Veillant à préserver la vie de leurs soldats, les généraux russes ont préféré plier les forces ukrainiennes à l’usure.

Guerre d'usure

La lenteur des opérations militaires russes sur le terrain, présentée par les médias occidentaux comme preuve de la forte résistance des forces ukrainiennes, se révèle, en fait, la conséquence évidente d’une stratégie fondée sur l’attrition systématique et incessante des capacités humaines et matérielles des forces ukrainiennes.

Les groupements tactiques russes avancent jusqu’à buter sur des positions ukrainiennes, après quoi ces positions sont copieusement arrosées par l’artillerie jusqu’à l’effondrement des capacités de résistance adverse puis reprennent leur progression.

Cette stratégie prend du temps et nécessite essentiellement d’importantes ressources et une logistique efficace. Celui des deux camps qui peut approvisionner ses troupes suffisamment et le plus longtemps en sortira vainqueur.

Du côté russe, l’appui logistique ne donne pas de signes de défaillance, contrairement aux informations sur les prétendues difficultés de l’armée russe à s’approvisionner en aliments, munitions et carburants diffusées en début du conflit.

Pertes et approvisionnement

Les forces ukrainiennes, principalement celles coincées dans un chaudron opérationnel dans le Donbass, sont par contre presque coupées de leur base arrière. Remplacer les équipements perdus et les hommes blessés ou tombés au combat est une gageure pour la plupart des unités engagées.

Les aides militaires envoyées par les alliés occidentaux de l’Ukraine ne parviennent qu’en partie aux forces ukrainiennes sur la ligne de front. Elles sont souvent ciblées et détruites par l’aviation russe juste après avoir été introduites et stockées en territoire ukrainien. Le recours au transport ferroviaire a également été rendu presque impossible par les frappes russes contre les générateurs électriques qui alimentent le réseau.

Le président Zelensky aura beau tenir un discours à l’ouverture du festival de cinéma de Cannes, les fanfaronnades de Kiev sur de prétendues victoires hollywoodiennes de l’armée ukrainienne, servies jusqu’à la nausée par les médias occidentaux, n’ont aucun effet sur les champs de bataille. La vraie guerre n’a rien à voir avec le jeu « Call of duty ».





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 18 Mai 2022

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