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«La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens»




Article à écouter en podcast

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Il était temps que le Maroc, après avoir repris la main sur l’aspect diplomatique de la question du Sahara, prenne aussi les devants sur le plan militaire pour empêcher son enclavement forcé, du fait de l’activisme d’un groupe du Polisario qui a bloqué l’ouverture du Maroc sur son flanc sud, continental, africain. Le Maroc a donc saisi l’ONU, l’ONU a agi comme un « machin », et le Maroc a activé sa machine militaire. Il était temps…
 

Rabat a de tous temps fait montre de patience, car le royaume n’est pas plus un Etat hargneux que teigneux. Il l’a amplement prouvé par son plan d’autonomie, par son accord pour parler avec le Polisario (à Genève), par sa main tendue à Alger (2019)… Mais même un état non belliqueux, pacifique, doit faire respecter la légalité internationale, laquelle dispose de la libre circulation commerciale et civile entre le Maroc et la Mauritanie.
 

Jusque-là, cette affaire se résumait à des réunions cycliques du Conseil de sécurité de l’ONU, et des actions diplomatiques soutenues des deux parties, soit le Maroc et l’Algérie. En dehors des initiatives marocaines, rien de bien concret… Le Polisario, entretemps, grignotait petit à petit, s’approchant du point de passage de Guergarate, que l’ONU appelle « zone tampon », et qui est la frontière sud du Maroc (pour Lagouira, c’est plus complexe). Du côté Minurso, silence radio.
 

A ce niveau d’indifférence de la « communauté internationale », on peut s’interroger sur les véritables intentions de cette « communauté », et de ses intérêts. En attendant de trouver une réponse valable, et après 45 ans de conflit et 29 ans de cessez-le-feu, le Maroc a décidé de réagir, faisant alors de « la politique par d’autres moyens », comme disait le général prussien Clausewitz, qui en connaissait un rayon.
 

Aujourd’hui, alors que Brahim Ghali, chef du Polisario et interlocuteur de l’ONU, déclare aussi tranquillement que solennellement la fin du cessez-le-feu, et qu’il décrète « la mobilisation générale », on doit cette fois sérieusement s’interroger sur le mutisme de l’ONU, qui a réagi par un ronron habituel de son porte-parole. Avec 200 camions bloqués à sa frontière sud, le Maroc ne pouvait qu’agir, et il a agi, avec retenue. Le Polisario « déclare la guerre », et l’ONU regarde ailleurs…
 

Et c’est quand une armée est en opération que l’on peut commencer le décompte des amis, qui ne craignent pas de mécontenter les très irascibles Algériens… Les pays du Golfe (et leurs PIB) soutiennent l’opération marocaine à Guergarate, de même que la Jordanie, et plusieurs Etats africains. Quant à l’Union européenne, qui n’a d’autres « amis » que ses intérêts, elle a, par la voix de son haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borell (un bon connaisseur du dossier), coupé la poire en deux, demandant la libre circulation commerciale et le respect du cessez-le-feu, pour satisfaire respectivement Rabat et Alger. Mais M. Borrell a également appelé les ministres des affaires étrangères marocain et algérien, dans un geste de définition formelle des deux véritables parties de ce conflit.
 

L’Union européenne, en outre, reconnaît les côtes marocaines de Tanger au sud de Dakhla… Quant à la France, ses écoles sont ouvertes à Laâyoune et Dakhla, et la Chambre française de Commerce a tenu ses agapes à Dakhla voici un an... Mais ni Bruxelles ni Paris n’ont pris position « franchement et massivement » dans cette affaire. De l’art de ménager le chou et la chèvre… de faire des affaires avec les Marocains au Sahara, tout en entretenant l’opacité politique. Pendant que l’ONU agit plus que jamais comme un machin.
 

L’objectif de l’ONU est d’empêcher le recours à la force, mais il se trouve qu’elle ne comprend que le langage de la force et du fait accompli… Le Maroc n’aime pas cette solution, mais quand il y est acculé, il y a recours, comme l’a clairement signifié le roi Mohammed VI à Antonio Guterres. Il est désormais grand temps que le monde (celui qui compte) revisite réellement l’Histoire, scrute objectivement et attentivement la géopolitique de la région, et constate aussi l’unanimité de 35 millions de personnes habituellement discrètes, mais aujourd’hui bruyamment approbatrices de l’action de leur armée.
 

Rédigé par Aziz Boucetta le 17 novembre 2020 sur www.panorapost.com  







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