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Le Maroc perd Hajja Hamdaouiya mais retrouve Ilyas El Omari




A lire ou à écouter en podcast :

break_time500ms_le_maroc1617891210.mp3 Le Maroc perd Hajja Hamdaouiya mais retrouve Ilyas El Omari  (951 Ko)

Le Maroc est en deuil, ou devrait… La grande, l’immense, l’incomparable et inégalable Hajja Hamdaouiya s’en est allée vers un monde, dit-on, meilleur. Ses chansons, ses paroles, la légende qu’elle avait tissée autour d’elle lui survivront. L’héroïne est morte, mais toute chose ayant son opposé, l’anti-héros est revenu, et l’équilibre est maintenu…
 

Voilà une dame qui a bien décrit son pays, ses errements et ses tourments, ses contradictions et ses antagonismes, ses joies et ses tristesses, courant d’un thème à l’autre, parcourant les générations et rythmant nos tourments de ses paroles pleines de vérités, souvent crues.
 

A quoi reconnaît-on un grand chanteur ? Au nombre de phrases qui sont passées directement de son répertoire au langage courant. Et dans cet ordre d’idées, la diva en a eu, des mots ou expressions comme cela. « Ila khyabet daba teziane », dit-elle ainsi, dans une variante en darija du fameux « après la pluie, le beau temps » ou « lkass lhlou  » (un bon verre), jolie allusion à la dive et les verres qui s’en suivent, ou encore « daba yji  » (il viendra).
 

Elle avait un répertoire avec des paroles qui feraient rougir de honte feue Madame Claude, comme cette fameuse chanson particulièrement suggestive de « Ba Lahcen  », et ses mélodies ont également marqué des générations entières, avec des airs et autres mélopées reconnaissables aux toutes premières notes. Mais comme nous sommes un peuple étrange, nous avons laissé cette icône vivre de charité, dans le plus total dénuement, durant plusieurs années. Puisse-t-elle nous le pardonner !...Cette dame, cette grande, cette immense dame est aujourd’hui disparue, et la légende vivante basculera en mythe posthume.
 

Et le même jour, les Marocains découvrent, ébahis, l’image de Monsieur Ilyas (el Omari), ancien secrétaire général démissionnaire du PAM et ancien président tout aussi démissionnaire de la Région Tanger-Tétouan-al Hoceima, actuellement homme d’affaires prospère au Maroc et ailleurs. Cet homme a marqué les esprits des Marocains, du moins ceux qui s’intéressaient encore à la chose politique, par son aptitude à alchimiser l’arithmétique électorale, et aussi par ses duels en distanciel (déjà…) avec son challenger Abdelilah Benkirane. Qui le battit à plate couture.
 

Monsieur Ilyas disparut alors, avec armes et bagages, sans âme ni véritable ancrage, partant en Espagne, pestant contre tous. Et le voilà qui réapparaît, implants sur la tête, barbe soigneusement taillée, le regard toujours aussi affûté, à la recherche d’on ne sait quoi. Et devinez de quoi il parla, à cette radio chinoise qui a eu l’étrange idée de le questionner ? De l’histoire de la Chine, de la grandeur de la Chine, des succès de la Chine sous la conduite éclairée du grand Xi Jinping ! Il a, en gros, expliqué que maintenant que la Chine s’est réveillée, le monde peut trembler…
 

L’homme a beaucoup lu, et il a ainsi une tête bien pleine, mais aussi surfaite que sa courte carrière politique est peu éthique et que ses pratiques très peu esthétiques, comme en témoignent celles et ceux qui l’ont côtoyé. Aussi, après avoir foncé bille en tête aux élections de 2016, puis après être parti sur un coup de tête en 2018, le voilà qui revient, implants sur la tête, en 2021, faire les yeux doux au très irascible Empire du Milieu.
 

Connaissant l’homme, il ne fait rien au hasard… et de fait se pose la question : pourquoi ce retour, maintenant ? Est-ce pour briguer un autre mandat national comme semble vouloir le faire son avatar Hamid Chabat ? Est-ce pour repartir en Chine et, sur les traces de son lointain concitoyen tangérois Ibn Batouta, s’étonner des fabuleux progrès de ce pays, en vue d’en amadouer les dirigeants et de ramener des vaccins ? En effet, fan et fin connaisseur de la Chine, il est le plus « chinois » de nos responsables politiques, même s’il est un peu has been…
 

Ainsi donc, à quelques heures d’intervalles, en ce début de semaine, nous avons perdu l’immense et incomparable Hajja Hamdaouiya, mais avons-nous pour autant gagné le mystérieux et truculent Monsieur Ilyas ?

Par Aziz Boucetta sur https://panorapost.com




Jeudi 8 Avril 2021


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