Cette nomination met également fin à de vieux débats qui ont longtemps tenté d'enfermer les femmes dans des limites artificielles.
Mais une fois passée l'émotion du symbole, une question fondamentale demeure : un gouvernement a-t-il un sexe ? La réponse est probablement non.
Les citoyens ne jugeront pas la nouvelle Cheffe du gouvernement parce qu'elle est une femme. Ils la jugeront sur sa capacité à améliorer leur quotidien, à renforcer la confiance dans les institutions et à répondre aux attentes économiques et sociales du pays.
Les premiers critères d'évaluation apparaîtront très rapidement.
Ensuite, la nature de la majorité gouvernementale. S'agira-t-il d'une simple coalition construite sur l'arithmétique électorale ou d'une véritable alliance politique porteuse d'une vision commune pour le Maroc ? La stabilité ne repose pas uniquement sur le nombre de sièges ; elle repose également sur la cohérence du projet collectif et la capacité à servir l'intérêt général.
Enfin, les premières décisions seront déterminantes. Le pouvoir d'achat, l'emploi, les disparités territoriales, la qualité des services publics, la lutte contre la corruption, la bonne gouvernance et la prévention des conflits d'intérêts figurent parmi les préoccupations majeures des citoyens. C'est sur ces terrains que se construira la confiance.
À cet égard, un autre symbole mérite d'être observé. Le Maroc compte aujourd'hui deux femmes occupant des positions stratégiques au sommet de l'État : l'une à la tête du gouvernement, l'autre, Madame Zineb El Adaoui, à la présidence de la Cour des comptes. Gouverner d'un côté, contrôler de l'autre. Agir et rendre compte. Décider et évaluer.
Cette configuration illustre une idée forte : la modernisation de l'État ne se mesure pas seulement à l'accès des femmes aux responsabilités. Elle se mesure surtout à la capacité des institutions à fonctionner harmonieusement, à se compléter et à garantir l'intérêt général dans le respect de la reddition des comptes.
L'enjeu n'est donc pas de savoir si une femme gouverne différemment d'un homme. L'enjeu est de savoir si elle réussira, avec son équipe, à répondre aux attentes des Marocains, à renforcer la confiance dans l'action publique et à ouvrir une nouvelle étape de développement pour le Royaume.
Le gouvernement n'a pas de sexe. Il a une responsabilité.
Ces générations futures y verront la confirmation qu'aucune responsabilité nationale n'est hors de portée lorsque le mérite, la confiance et la compétence sont au rendez-vous.












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