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Les NEET, un problème sociétal qui appelle des solutions urgentes.


NEET : Acronyme anglais (Not in Education, Employment or Training) signifiant jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en éducation, ni en formation



Par Abdeslam Seddiki

Que faire pour intégrer pleinement la catégorie sociale des NEET dans la vie active ?
Quelles solutions  faut-il mette en œuvre  pour  assurer  à ces jeunes une vie décente et un avenir meilleur ?
Ces questions sont légitimes lorsqu’on sait que nous sommes en face d’un phénomène sociétal qui est loin d’être  marginal. 


En effet, l’effectif des NEET,  acronyme  anglais (Not in Education, Employment or Training) signifiant jeunes qui ne sont  ni en emploi, ni en éducation, ni en formation, a atteint un niveau inquiétant,   soit 4,3 millions de jeunes âgés entre 15 et 34 ans.  Sur 6 millions de jeunes de 15 à 24 ans, le taux des  NEET s’élève en 2019 à 28,5% soit 1,7 million de jeunes, tandis que 55% des jeunes, soit 3,2 millions, poursuivent leurs études, effectuent un stage ou suivent une formation professionnelle. Le reste,  soit  16,1% des jeunes de 15 à 24 ans, représentant 1 million de jeunes,  exercent un métier.

Une étude réalisée par l’ONDA (Observatoire National de Développement Humain) a  identifié cinq profils des NEET, à savoir les femmes rurales au foyer à responsabilité familiale (54,3% des NEET), les jeunes citadins découragés (25%), les NEET en situation de transition (7,8%), les NEET volontaires par choix (7,5%), et les NEET souffrant de problèmes de santé (5,1%). On le voit,  le phénomène touche particulièrement l’élément féminin, puisque les jeunes femmes représentent 76,4% des NEET.

Ce phénomène n’est pas propre au  Maroc. Il  touche  même  les pays développés  quoiqu’à des degrés moindres.

A titre d’exemple, en France  près de 14% des jeunes de 15 à 29 ans font partie des NEET. En Tunisie, ce taux serait de 18%. En Algérie, il grimpe à plus de 20%. Ce phénomène y est  connu  sous le nom de « haïtistes » (des jeunes qui passent la journée à ne rien faire si ce n’est à s’appuyer sur  les murs).    Il est  le produit de la défaillance du système de formation d’une part et de la faible inclusion du système économique d’autre part.

Il faut certes orienter les politiques publiques en faveur de l’intégration des  jeunes dans la vie active. Mais  il ne saurait y avoir une solution unique. Chaque cas appelle un traitement spécifique.  D’où la nécessité de procéder au préalable  à une typologie des situations afin d’adapter les solutions apportées et d’optimiser les moyens mobilisés.  Dans tous les cas,  la priorité sera donnée à l’apprentissage. Il faut absolument doter les jeunes de compétences nécessaires les habilitant à s’insérer dans la vie active   en tant que salariés, ou en tant qu’auto entrepreneurs. A ceux qui  sont découragés par la recherche d’un emploi  introuvable, nous avons le devoir de   leur donner une lueur espoir.

A ce niveau, l’entreprisse doit jouer pleinement son rôle en assumant sa part de responsabilité à travers   notamment l’offre  de stages rémunérés  en partie. L’autre partie sera prise en charge par l’Etat sous forme de « prime de formation ». Au bout du compte, toutes les parties seront gagnantes : le stagiaire aura appris, au cours de cette période d’apprentissage,   un métier qui lui facilitera l’intégration dans la vie active ; l’entreprise disposera d’une ressource humaine qualifiée ; la société dans son ensemble  améliorera le niveau de son bien-être.

Dans certains cas, l’apprenti a besoin d’un tuteur spécifique pour l’accompagner.  Il est essentiel que les NEET bénéficient d'un soutien personnalisé pendant la période d'apprentissage, afin de traiter les questions sociales, les problèmes de motivation ou la rupture anticipée du contrat d'apprenti.

Dans d’autres cas, il suffit juste d’un simple complément  de formation pour débloquer la situation : agir sur le moral en faisant appel à des psychologues de travail ; faire bénéficier les chercheurs d’emploi  de  « soft skills » qui les aideraient à reprendre confiance en eux.

L’intégration des NEET dans le marché du travail appelle également l’engagement de l’ANAPEC en tant qu’acteur public chargé de l’intermédiation sur le marché du travail et de la mise en œuvre des politiques publiques de l’emploi. Les compétences de l’ANAPEC mériteraient d’être élargies horizontalement et verticalement pour couvrir l’ensemble du territoire et servir tous les demandeurs d’emploi.

 Toutes ces  propositions et d’autres  ont comme finalité de résoudre le problème des NEET en tant que stock  pour arrêter l’hémorragie et désamorcer la bombe.  Mais  Il convient surtout de traiter le mal à la racine en agissant sur les raisons qui sont à l’origine du phénomène.  D’où la nécessité, en premier lieu, de   combattre le décrochage et l’abandon scolaires notamment dans les rangs des filles rurales, en  leur assurant  les conditions  pour poursuivre leurs études  et aller aussi loin qu’elles l’auraient souhaité.  En deuxième lieu, il faut mettre en place un système d’orientation qui concilie entre les aptitudes intrinsèques des  apprenants et les besoins de l’économie en qualifications diverses. 

Il ne s’agit pas d’une mise en œuvre figée de l’adéquation formation-emploi, mais plutôt d’une responsabilisation des jeunes  à travers  leur implication dans le parcours éducatif. En tout état de cause,  la formation est un processus qui s’étale sur toute la vie. « On ne finit pas d’apprendre »  écrivait avec lucidité Feu Mahdi Al Mandjra !

Par Abdeslam Seddiki

 



Mardi 22 Juin 2021

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