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Les élections, toujours d’actualité ?




A lire ou à écouter en podcast :

les_elections,_toujours_d_actualite.mp3 Les élections, toujours d’actualité.mp3  (4.32 Mo)

Entre variants de virus et différentes variables de récession, les élections restent envers et contre tout programmées pour cette année bénie 2021. C’est sans doute une bonne chose pour la classe politique, mais pas pour la démocratie naissante du royaume. Une élection, en effet, ce sont des partis, des institutions, un bilan pour les sortants et des programmes pour les entrants. Avons-nous tout cela ? Rien n’est moins sûr…
 

Les choses sont sérieuses, en dépit de cette propension des Marocains à l’humour, transformé peu à peu en mauvaise humeur. Les ministres, et le premier d’entre eux, pataugent visiblement, ne sachant rien de l’avenir, se vautrant dans des déclarations inutiles au mieux, puériles au pire. Alors que le premier lot de vaccins vient de, péniblement, arriver, nous démarrons une laborieuse campagne de vaccination dont nous ne connaissons pas encore le déroulé, mais pour laquelle le ministre de la Santé a déclaré la fin en mai…
 

Et pendant que les partis politiques ont avalé leur langue, ce qui les change des couleuvres, nos ministres se gargarisent des taux de croissance de l’année 2021, enchaînant les déclamations sur la relance, la résilience, la croissance, la gouvernance, alors même que les personnes physiques cherchent à survivre financièrement et que les personnes morales désespèrent de pouvoir résister économiquement.
 

En 2016, souvenons-nous, la date des élections de septembre avait été annoncée en janvier, et dès lors, la pré-campagne avait été lancée avec la lutte burlesque, à défaut d’être dantesque, entre Abdelilah Benkirane et Ilyas el Omary, PAM et PJD croisant le fer et se vouant mutuellement aux feux de l’enfer. Cette année, rien… On sait qu’il y aura des élections, locales, régionales et nationales, mais sans aucun calendrier…
 

… qui, au demeurant, serait bien hasardeux à mettre en place ! En effet, entre une vaccination qui n’en finit pas de ne pas vraiment démarrer, le très attendu et toujours furtif modèle de développement mille fois promis sans retard et mille fois remis à plus tard, le verdict du Conseil de la Concurrence qui impliquerait un chef de parti et compliquerait l’élection… comment proposer une date pour un scrutin sans paraître encore plus ridicule que le gouvernement ne l’est déjà ?
 

Il est peut-être temps de reprendre la direction du pays en mode manuel, pour gérer la fin de l’épidémie et assurer le redémarrage… pour faire digérer cette affaire (bienheureuse soit dit en passant) du rapprochement avec Israël… pour inciter les banques à venir – réellement – au chevet d’une économie et de pleins secteurs au bord de la banqueroute… pour donner le temps au pays de se doter d’une classe politique à même de se projeter à l’extérieur, en Afrique et ailleurs, et affronter les nouveaux défis internationaux.
 

L’élection en 2021, c’est moralement difficile, et c’est une affaire de simple logique… un scrutin, c’est la rencontre de politiques avec une population. Or, celle-ci est mortifiée par la Covid-19, appauvrie, inquiète voire angoissée, sans visibilité sur le proche avenir et les défis plus lointains. Que pourront sérieusement répondre nos politiques aux questions désormais existentielles qui leur seront posées par des électeurs au bord de la crise de nerfs ?  
 

L’élection en 2021, c’est techniquement ardu, et c’est une question de bon sens… La vaccination n’a pas encore commencé, elle durera bien plus que prévu et elle n’annihilera pas pour autant les mesures sanitaires, port de masques, distanciation… Qui pourrait raisonnablement penser qu’avec des mesures sanitaires aussi fermes, les gens se déplaceraient aux bureaux de vote ? Sauf à s’accommoder d’un taux de participation ridicule…
 

L’élection en 2021, c’est politiquement dangereux, car soit elle reconduira les « élites » actuelles, avec l’efficacité qu’on leur connaît… soit elle propulsera aux affaires de nouveaux responsables qui devront travailler sans aucune expérience publique ni science de la gestion de crise… Et décevoir une population déjà crispée et ô combien anxieuse est toujours périlleux.
 

Mais il y aura toujours les inconditionnels de la démocratie pour insister sur le respect des délais institutionnels. Un débat devrait donc être lancé autour de la question de savoir s’il faut privilégier la reprise et remettre les élections, ou maintenir les élections en compromettant la reprise.
 

Et dans tous les cas, nous savons tous que ce n’est pas le gouvernement qui gouvernera.
 

Publié par Aziz Boucetta sur https://panorapost.com








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