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Les prochaines élections seront-elles un levier d’inclusion politique de la femme marocaine ?


Par Taoufiq Boudchiche, Economiste et diplomate.

L’un des principaux enjeux des prochaines élections prévues au Maroc au mois de septembre prochain, serait selon plusieurs indices, l’arrivée d’une nouvelle génération d’élus (hommes et femmes) et d’un nouveau gouvernement, lequel est appelé à accélérer le décollage socioéconomique du Royaume.

Car, malgré les efforts entrepris par les gouvernements successifs, le chemin vers l’émergence économique continue d’être plombé par des faiblesses structurelles dans les domaines de l’emploi, des disparités sociales et territoriales, de l’éducation publique, du taux d’activité des femmes et celui des jeunes même parmi les diplômés,…. Le rapport sur le Nouveau Modèle de Développement (NMD) en avait déjà fait un état des lieux pour préconiser les pistes de solution.



Parmi celles-ci, il y a celle d’une gouvernance politique rénovée orientée vers une meilleure « inclusivité» multidimensionnelle et territorialisée dans un environnement de plus en plus VUCA (Volatility, Uncertainity, Complexity, Ambiguïté).

Les crises récentes, le désordre mondial et l’actualité de la guerre au Moyen Orient illustre de telles situations.

A ce titre, la rencontre organisée à Rabat le 25 avril dernier par la Fondation ConnectinGroup Présidée par l’ex.Ministre Nouzha Bouchareb et par le réseau des femmes médiatrices présidée par Mme l’Ambassadeure Farida Jaidi sous le thème « Femme, Paix et Sécurité : enjeux des élections », a permis de mettre en lumière la problématique spécifique de l’inclusion des femmes et des jeunes lors des prochaines élections.

Celle-ci a été soulignée comme un fondement essentiel de la rénovation du champ politique et décisionnel au Maroc, où 24 % seulement des sièges au parlement sont occupés par des femmes et encore moins, 8 à 9% dans les cercles décisionnels des partis politiques (bureaux politiques), alors que les femmes représentent plus de 50 % de l’électorat, a-t-il été précisé par Madame Bouchareb.

Madame Farida Jaïdi a quant à elle souligné les synergies entre société civile et partis politiques à travers l’action du réseau des femmes médiatrices dans la diplomatie préventive, la médiation et le maintien de la paix conformément à la résolution 1325 des Nations-Unies.

Elle a souligné les enjeux de l’inclusion politique des femmes dans la démocratisation de la société, la diffusion des valeurs de paix et dans l’immunisation de la société contre les violences et insécurités en tous genres (économiques, sociales, numériques…).

Les échanges entre les participants, ont ainsi mis en avant l’importance de « l’inclusivité » en tant que concepts clé à mettre en pratique dans les politiques publiques :

Les prochaines élections seront-elles un levier d’inclusion politique de la femme marocaine ?
Avec l’objectif de promouvoir le formidable potentiel humain des femmes dans le développement du pays, lesquelles forment à titre de rappel la moitié de la population.

Leur marginalisation dans les sphères décisionnelles a de toute évidence un coût humain, économique et social qui freine les avancées économiques et sociales du pays, lequel coût est largement documenté dans les rapports des organismes nationaux et internationaux.*

De même, a t’il été souligné la valeur ajoutée de « l’inclusivité » comme facteur de résilience globale aux effets des chocs géopolitiques et géoéconomiques ainsi que ceux générés par la conjugaison des multiples menaces qui pèsent sur l’avenir de l’humanité et en particulier sur le continent africain :

Conflits, catastrophes naturelles, sanitaires, climatiques, insécurités (alimentaires, énergétiques, …), violences contre les personnes et les communautés, extrémismes…

Une rencontre enrichie par la participation active de Mme Shakilla K. Umotoni, Ambassadeure du Rwanda au Maroc qui a évoqué les programmes d’inclusion des femmes dans son pays à la suite du génocide.

L’exemple rwandais a été une source d’enseignement très instructif pour les participants qui apparaît aujourd’hui, comme un modèle du genre, en matière de mécanismes institutionnels et juridiques de lutte contre toutes les formes d’exclusion et de discrimination ethnique, politique, économique et socioculturelle.

Celles-ci, ayant été perçues comme l’un des facteurs ayant favorisé les conditions tragiques du génocide.

Le pays se distingue actuellement par une gouvernance inclusive très performante qui a hissé le pays en haut du podium africain avec par exemple un parlement composé de 64 % de femmes élues et un taux minimal de participation des femmes de 30% imposé par la loi à toutes les actions publiques et privées.

Les prochaines élections seront-elles un levier d’inclusion politique de la femme marocaine ?
Une gouvernance inclusive qui a permis à ce pays un redressement économique et social impressionnant avec un taux de 7,7 % de croissance économique lors de la période 2000 à 2020 et qui n’a cessé de progresser atteignant 9,4 % en 2025.

A l’issue de cette rencontre, les participants ont mis en exergue les actions prioritaires qu’ils s’attacheront à promouvoir à court et moyen terme consistant notamment à consolider le réseautage et la coopération Sud-Sud dans ce domaine, le partage des bonnes pratiques, l’intégration de l’Intelligence Artificielle et du numérique dans la réflexion, la formation et le coaching visant à encourager les candidatures féminines aux prochaines élections, le renforcement de la société civile comme force de proposition et acteur de changement sur ces sujets, l’incitation des partis politiques à s’emparer de cet enjeu pour passer des intentions à l’action…

Des remerciements ont été en outre adressés tout au long de la rencontre à la Fondation Frederic Naumann représentée par Madame Saloua Ghanmi pour son soutien à l’organisation de cette rencontre.

* Voir à ce propos par exemple le rapport IRES intitulé l’avenir de la femme marocaine à l’horizon 2050 : nœuds du futur et orientations de politiques publiques.

Par Taoufiq Boudchiche.



Lundi 27 Avril 2026


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