a Targhalline a également profité de cette période internationale pour se signaler. Titulaire contre le Lesotho, il a joué un rôle important dans la régulation de l’entrejeu grâce à sa disponibilité à la relance et à la qualité de ses transmissions. Sa prestation a notamment permis à Neil El Aynaoui d’évoluer plus haut et rappelle qu’il existe une véritable concurrence au milieu de terrain.
Soufiane Rahimi a encore démontré son efficacité malgré un temps de jeu limité. Buteur quelques minutes après son entrée contre le Gabon, puis passeur face au Lesotho, il a parfaitement assumé son rôle de joker offensif. Son entrée contre le Mali a été moins réussie, mais son bilan reste favorable avec un but et une passe décisive sur la trêve.
D’autres joueurs conservent leur statut sans pour autant avoir bouleversé la hiérarchie. Yassine Bounou a une nouvelle fois répondu présent dans les buts et n’a donné aucune raison de remettre en cause sa place de numéro un. La question concerne davantage sa gestion : avec trois rencontres au programme, fallait-il réellement lui faire disputer l’intégralité du rassemblement alors que ses doublures n’ont eu aucune occasion de se montrer ?
Issa Diop a livré trois prestations sérieuses, sans véritable coup d’éclat mais sans erreur majeure. Neil El Aynaoui, présent dans différentes configurations, a affiché du sérieux mais manque encore d’influence avec le ballon pour devenir totalement incontournable. Abdessamad Ezzalzouli a beaucoup provoqué et obtenu puis transformé le penalty marocain contre le Mali, même si ses actions restent parfois insuffisamment concrétisées.
Gessime Yassine avait laissé entrevoir des progrès intéressants lors de sa titularisation face au Gabon, mais son faible temps de jeu par la suite ne permet pas d’aller plus loin dans l’évaluation. Anass Salah-Eddine, titulaire contre le Mali après quelques minutes face au Gabon, a montré sa capacité à accompagner les attaques sans suffisamment peser dans les derniers mètres. Abdelhamid Aït Boudlal, de son côté, a livré une prestation correcte contre le Lesotho, même si le niveau de l’opposition ne permettait pas de tirer des conclusions définitives.
À l’inverse, plusieurs joueurs sortent de cette trêve avec davantage de questions. Ismael Saibari, suspendu contre le Gabon, n’a pas suffisamment pesé lors des deux matches suivants. Discret face au Lesotho et imprécis dans les trente derniers mètres, il n’a pas retrouvé son meilleur niveau contre le Mali.
Brahim Diaz a certes marqué contre le Lesotho, mais son influence dans le jeu est restée limitée. Souvent enfermé face au bloc adverse, il n’a pas davantage réussi à faire la différence lors de son entrée contre le Mali. Nayef Aguerd, attendu pour renforcer la défense, n’a pas totalement rassuré. Solide dans les duels contre le Gabon, il s’est montré plus inquiétant face au Mali, notamment lorsque l’adversaire a accéléré.
Zakaria El Ouahdi avait également une réelle opportunité de marquer des points en étant titularisé face au Lesotho. Son déchet technique et son manque d’impact dans son couloir n’ont toutefois pas permis de bouleverser la hiérarchie. Yassir Zabiri se trouve dans une situation différente. Titulaire contre le Gabon, il a été confronté à un marquage individuel strict et s’est retrouvé relativement isolé. Il n’a ensuite pratiquement plus eu l’occasion de se montrer, rendant son évaluation difficile.
Ilias Akhomach, rappelé après une longue absence, n’a eu droit qu’à quelques minutes contre le Gabon malgré une entrée encourageante. Achraf Hakimi constitue également un cas particulier. Suspendu lors du premier match, il n’a joué que quelques minutes contre le Lesotho avant de rester sur le banc face au Mali. Son faible temps de jeu interroge forcément la pertinence de sa convocation, alors que le capitaine marocain aurait pu être ménagé ou, au contraire, davantage utilisé selon les besoins du staff.
La gestion des joueurs restés sans la moindre minute constitue l’une des principales interrogations du rassemblement. Munir El Kajoui, Ahmed Reda Tagnaouti et Alaa Bellaarouch n’ont pas joué une seule rencontre, alors que Yassine Bounou a disputé les trois matches. L’amical contre le Mali semblait pourtant constituer une occasion idéale pour tester l’une des doublures et permettre au staff de mieux établir sa hiérarchie.
Même constat pour Marwane Saadane, Redouane Halhal et Samir El Mourabet, tous convoqués mais jamais utilisés. Leur présence dans un groupe aussi large perd forcément une partie de son intérêt lorsqu’aucune minute ne leur est accordée.
Tawfik Bentayeb n’a, lui, eu droit qu’à quelques minutes contre le Lesotho avant d’entrer à la 90e minute face au Mali. Dans ces conditions, il reste difficile d’évaluer ce qu’il peut réellement apporter à la sélection. Soufiane El Faouzi a connu une situation similaire, avec seulement quelques minutes de jeu.
Le cas d’Ali Maamar mérite également d’être observé. Pour ses premières titularisations avec les Lions de l’Atlas, le jeune latéral a montré de l’envie et une volonté d’apporter offensivement, mais également certaines approximations dans le placement, les transmissions et les situations défensives. Ces imperfections restent compréhensibles pour un joueur qui découvre le niveau international A.
La question porte donc moins sur le joueur que sur la manière dont il a été intégré. Sa promotion rapide depuis les U20, sans véritable passage par les U23, constitue un pari important de la part de Mohamed Ouahbi. Le sélectionneur lui a d’ailleurs renouvelé sa confiance contre le Mali, alors que plusieurs autres joueurs du groupe n’ont pas bénéficié de la moindre minute.
Au final, c’est aussi la gestion de Mohamed Ouahbi qui laisse le plus d’interrogations. Le bilan de deux victoires et un nul reste difficile à contester sur le plan comptable. Mais avec un groupe de 30 joueurs et trois rencontres au programme, dont un match amical, le rassemblement offrait au sélectionneur une véritable opportunité de multiplier les essais.
Trois gardiens sont ainsi repartis sans jouer, deux défenseurs centraux n’ont pas quitté le banc et plusieurs joueurs offensifs ont eu très peu de temps pour se montrer. À l’inverse, certains éléments ont bénéficié d’une confiance répétée, comme Ali Maamar, alors que d’autres possibilités n’ont pas été réellement explorées.
Face au Mali, les difficultés observées lorsque l’adversaire a fermé les espaces ont également rappelé certaines limites du jeu marocain : circulation parfois trop lente, manque de mouvement et peu de solutions entre les lignes lorsque le scénario de la rencontre se complique.
Mohamed Ouahbi peut retenir les six points obtenus contre le Gabon et le Lesotho, ainsi que l’émergence de Bouaddi, la confirmation de Mazraoui et les bonnes séquences proposées par El Khannouss, Ounahi ou encore Targhalline. Mais ce rassemblement laisse aussi une question centrale : à quoi sert de convoquer 30 joueurs si une partie d’entre eux n’a pratiquement aucune possibilité de jouer ?
Un rassemblement international doit aussi permettre de préparer l’imprévu, de tester les doublures, d’expérimenter de nouvelles associations et de créer une véritable concurrence. Sur ce terrain, les Lions de l’Atlas terminent cette trêve avec plusieurs enseignements positifs, mais également avec de nombreuses interrogations.
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Rédigé par Salma Labtar le Mercredi 7 Octobre 2026
Deux victoires, un nul et plusieurs enseignements : le rassemblement d’octobre a permis à certains joueurs de marquer des points, tandis que d’autres ont déçu ou n’ont tout simplement pas eu l’occasion de se montrer. Avec 30 joueurs convoqués et plusieurs éléments restés sans la moindre minute, la gestion du groupe par Mohamed Ouahbi soulève également plusieurs interrogations.
Journaliste sportive et militante féministe, lauréate de l'ISIC. Dompteuse de mots, je jongle avec... En savoir plus sur cet auteur
Mercredi 7 Octobre 2026
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