2025, c’est aussi l’émergence internationale du football marocain qui enchaîne les consécrations mondiales et commence à s’imposer parmi les nations qui comptent en football. U20, U17, femmes, hommes, futsal, équipe B…
2025, ce sont également les peines alternatives, introduites en août dans le corpus pénal, et aussi la loi organique sur la grève, et également la loi portant réorganisation du Conseil national de la presse, les deux derniers textes suscitant en leur temps et encore aujourd’hui des contestations.
2025, cependant, c’est la fête du sacrifice sacrifiée, la spéculation sur les viandes qui bat son plein, un code de procédure pénale à la fois avant-gardiste mais qui complique singulièrement les dénonciations d’élus indélicats, une très molle lutte contre la corruption…
2025, c’est l’avant-dernière année de cette mandature et du gouvernement qui va avec, et c’est aussi une année qu’on peut sans risque d’abus qualifier de celle du naufrage gouvernemental et du chavirage de la scène politique.
1/ Un pays, deux vitesses. En Chine, ils avaient inventé l’expression « un pays, deux systèmes » ; au Maroc, nous avons « un pays, deux vitesses ». Et c’est le roi en personne qui a dénoncé cette situation dans son discours du Trône, appelant au lancement immédiat de « l’approche en termes de développement territorial intégré ».
Et aussitôt après, le ministère de l’Intérieur a procédé à la mise en place des structures et politiques nécessaires à cette approche, laissant quasiment le gouvernement à sa gestion d’affaires courantes ou au suivi de chantiers déjà démarrés.
2/ Mouvement d’humeur de la jeunesse. Durant tout le mois d’octobre, les jeunes de la majeure partie des villes du pays sont régulièrement sortis dans les rues pour dénoncer la mauvaise qualité de l’éducation nationale, la mauvaise tenue de la santé publique et la mauvaise approche de la gouvernance publique en général.
Les choses avaient failli déraper au début avec les dérives de certains manifestants, mais les forces de l’ordre avaient pu reprendre le contrôle de la situation, encadrant les sit-ins et assurant la sécurité de tous. Le gouvernement, se sentant coupable de la situation et tétanisé devant son ampleur, restait coi.
3/ Séisme institutionnel en perspective des élections. Ce séisme prend deux aspects. Le premier est la facilitation accordée désormais aux jeunes de pouvoir se porter candidats législatives sans passer par la jusque-là nécessaire onction d’un parti politique.
Cela limitait la confiance des jeunes et leur adhésion politique. Ils bénéficieront également du remboursement des ¾ de leurs dépenses électorales.
Le second aspect est le durcissement légal du contrôle de l’éthique des candidats, limitant ainsi et d’autant la marge de manœuvre des partis politiques, portés vers la facilité d’investir des « machines » électorales, sans trop se soucier de leur éthique passée, présente, et bien évidemment à venir. Le gouvernement assiste à cela, passivement, n’en pouvant mais.
Ainsi, si on met bout à bout ces différents événements, les jeunes dans la rue un mois durant, le dessaisissement du gouvernement de la mission de développement territorial intégré désormais confiée au ministère régalien de l’Intérieur, et le changement des lois et pratiques électorales, on comprend que le gouvernement n’achève pas son mandat avec la bénédiction populaire ou institutionnelle.
Et pour tous ces événements, on aura constaté l’absence, devenue habituelle, du chef du gouvernement, et des cadres les plus éminents de son parti, le RNI.
Et pourtant, la classe politique est unanime à considérer que le RNI d’Aziz Akhannouch œuvre à bas bruit mais à haute concentration et technicité à préparer les législatives à venir ; les principaux responsables politiques pensent dans leur large majorité que, contrairement à un parti qui se résignerait à passer dans l’opposition face à ses manquements éthiques et politiques, le RNI a la ferme intention de remporter le prochain scrutin et de se maintenir en poste.
Les deux autres partis de la coalition gouvernementale, PAM et Istiqlal, devront déployer des trésors d’imagination pour pouvoir, le jour venu, se présenter devant des électeurs passablement remontés et les convaincre qu’ils ne sont pas responsables des travers et autres dérives du gouvernement Akhannouch…
Dans l’intervalle, bonne année 2026 et rendez-vous est pris pour l’étape électorale.
PAR AZIZ BOUCETTA/PANORAPOST.MA












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