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Maroc : le choc pétrolier lié au conflit Israël-Iran pourrait coûter jusqu’à 15 MMDH


Rédigé par le Jeudi 26 Mars 2026

Le conflit israélo-iranien a déjà un impact tangible sur l’économie marocaine. Selon Saham Capital Bourse, chaque hausse de 10 dollars du prix du baril au-delà de l’hypothèse de 65 dollars retenue dans la Loi de Finances 2026 représente un surcoût d’environ 15 milliards de dirhams pour le Maroc, dont près de 90 % des besoins énergétiques sont importés. La perturbation du détroit d’Ormuz, passage stratégique de près de 20 % de l’offre mondiale de pétrole, a entraîné un quasi-arrêt du trafic maritime, faisant passer le prix du Brent au-dessus de 100 dollars le baril, soit 55 % de plus que les prévisions budgétaires.



Une facture énergétique sous pression

Les prix du gaz naturel liquéfié et du butane suivent la même tendance, pouvant atteindre jusqu’à 850 dollars la tonne, accentuant la pression sur les finances publiques et les coûts de l’énergie pour les entreprises et les ménages.
 

Trois scénarios envisagés
 

Face à cette crise, Saham Capital Bourse identifie trois trajectoires possibles : Le scénario transitoire (2 à 4 semaines) suppose un cessez-le-feu rapide et une réouverture du détroit d’Ormuz. Dans ce cas, le Brent se stabiliserait entre 70 et 80 dollars. La croissance resterait soutenue entre 4,6 % et 5 %, l’inflation entre 1,5 % et 2,5 %, et le déficit budgétaire autour de 3 % du PIB. La hausse temporaire de la facture énergétique, estimée entre 8 et 15 milliards de dirhams, provoquerait un ajustement limité sur les marchés financiers et une légère dépréciation du dirham.
 

Le scénario prolongé (6 à 12 mois) envisage un prix du Brent compris entre 90 et 110 dollars. La facture énergétique pourrait s’alourdir de 40 à 50 milliards de dirhams, le déficit courant atteindrait 2,5 % à 3,5 % du PIB, et l’inflation importée pourrait pousser Bank Al-Maghrib à relever ses taux. Le MASI reculerait alors de 10 à 15 %, reflétant une volatilité accrue.
 

Enfin, le scénario systémique (plus de 12 mois) table sur un Brent entre 120 et 130 dollars, un choc durable entraînant un surcoût énergétique de 70 à 90 milliards de dirhams. La croissance ralentirait à 3 %, l’inflation grimperait jusqu’à 6 %, le déficit courant atteindrait 4,5 % du PIB, et le MASI pourrait chuter de 15 à 20 %, témoignant d’un désengagement massif des investisseurs.
 

Conséquences et vigilance
 

Cette crise énergétique met en lumière la vulnérabilité du Maroc aux tensions géopolitiques et la nécessité de stratégies de diversification et de résilience énergétique. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la durée et l’ampleur de ce choc sur l’économie nationale.






Mamadou Bilaly Coulibaly
Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.... En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 26 Mars 2026

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