Une progression de 141,5 % portée par une offre très large
Les marques chinoises s’installent durablement dans le paysage automobile marocain. Les 21 marques suivies par l’AIVAM ont totalisé 17.096 immatriculations de voitures particulières entre janvier et août 2026, soit une progression de 141,5 % sur un an. Leur part de marché atteint désormais 11,6 %, contre un peu plus de 5 % à la même période de 2025. Le mois d’août a établi un nouveau record avec 1.935 ventes, représentant 15,2 % des voitures particulières écoulées. Cette poussée s’appuie sur une multiplication des modèles, du SUV thermique accessible à la berline hybride rechargeable, en passant par les véhicules électriques. Les nouveaux entrants proposent souvent un niveau d’équipement élevé, de grands écrans, des aides à la conduite et des garanties étendues à des prix agressifs. Ils profitent aussi d’un renouvellement rapide des gammes et d’une capacité industrielle permettant de lancer plusieurs nouveautés au cours d’une même année.
Le service après-vente sera l’arbitre de la croissance
Le succès initial ne garantit pas automatiquement une présence durable. Les automobilistes marocains jugeront les marques sur la disponibilité des pièces, la compétence des ateliers, le traitement des garanties et la valeur de revente. La construction d’un réseau solide demande du temps, des stocks et une formation continue des techniciens, notamment pour les systèmes hybrides et électriques. La diversité des enseignes peut aussi provoquer une sélection naturelle : les groupes disposant d’un importateur expérimenté et d’un maillage national partiront avec un avantage. Pour les marques historiques, la concurrence chinoise impose de revoir les prix, les équipements et la rapidité de lancement des modèles. Pour le consommateur, elle élargit le choix, mais rend la comparaison plus complexe. Il faut examiner la sécurité, la consommation réelle, la garantie de la batterie et le coût des réparations, au-delà de la seule fiche d’équipement. La part de marché de 11,6 % constitue un tournant : les constructeurs chinois ne sont plus des acteurs périphériques, mais l’un des moteurs de la recomposition du marché marocain. L’évolution peut enfin influencer la stratégie industrielle nationale. Plusieurs groupes chinois recherchent des bases proches de l’Europe et de l’Afrique, et le Maroc dispose d’infrastructures portuaires, d’accords commerciaux et d’un tissu de sous-traitants. Une présence commerciale forte peut précéder des investissements dans l’assemblage, les composants ou les batteries. Ces projets devront toutefois produire des emplois, développer les fournisseurs locaux et respecter les mêmes exigences environnementales que les acteurs déjà installés. Du côté des autorités, l’homologation et la surveillance du marché doivent suivre la multiplication des marques. Les consommateurs ont besoin de rappels de sécurité rapides, de pièces disponibles et d’interlocuteurs identifiés. La compétition sera bénéfique si elle améliore durablement le rapport qualité-prix, et non si elle se limite à une guerre promotionnelle suivie d’un retrait de certaines enseignes.












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