Je parie que la personnalité politique marocaine à qui l’on proposera le portefeuille du ministère de l’Emploi après les élections de septembre 2026 y réfléchira à deux fois. Puis à trois. Puis à sept, au moins. Et ce ne sera ni par manque d’ambition ni par peur du pouvoir, mais parce que ce ministère-là est en train de devenir l’un des plus exposés, des plus piégés, des plus ingrats de l’architecture gouvernementale.
Le ministère de l’Emploi n’est plus un simple département technique chargé de statistiques, de programmes d’insertion et de négociations sociales périodiques. Il se trouve désormais à la jonction de toutes les tensions lourdes du pays : une jeunesse nombreuse et impatiente, un marché du travail fragmenté, une économie encore largement informelle, une révolution technologique qui avance plus vite que les réformes, et une opinion publique de plus en plus exigeante. Accepter ce poste, demain, ce sera accepter d’être comptable d’un problème que personne ne maîtrise totalement.
Le futur ministre héritera d’un marché de l’emploi profondément instable. L’intelligence artificielle commence déjà à réduire certains besoins humains dans les services, l’administration, la relation client, la traduction, le contenu. Dans le même temps, des milliers de jeunes diplômés continuent d’arriver chaque année sur le marché avec des attentes légitimes, mais des compétences parfois décalées. Entre promesses politiques, réalités économiques et impatience sociale, l’équation devient presque insoluble.
Le ministère de l’Emploi n’est plus un simple département technique chargé de statistiques, de programmes d’insertion et de négociations sociales périodiques. Il se trouve désormais à la jonction de toutes les tensions lourdes du pays : une jeunesse nombreuse et impatiente, un marché du travail fragmenté, une économie encore largement informelle, une révolution technologique qui avance plus vite que les réformes, et une opinion publique de plus en plus exigeante. Accepter ce poste, demain, ce sera accepter d’être comptable d’un problème que personne ne maîtrise totalement.
Le futur ministre héritera d’un marché de l’emploi profondément instable. L’intelligence artificielle commence déjà à réduire certains besoins humains dans les services, l’administration, la relation client, la traduction, le contenu. Dans le même temps, des milliers de jeunes diplômés continuent d’arriver chaque année sur le marché avec des attentes légitimes, mais des compétences parfois décalées. Entre promesses politiques, réalités économiques et impatience sociale, l’équation devient presque insoluble.
Le futur ministre de l’Emploi devra être à la fois pédagogue, stratège, protecteur et parfois porteur de mauvaises nouvelles.
Ce ministère est aussi un piège politique. Les résultats y sont lents, souvent invisibles, rarement spectaculaires. Le chômage baisse rarement par décret. Les créations d’emplois ne répondent pas aux calendriers électoraux. Et quand la conjoncture se durcit, c’est vers ce ministre que se tournent les regards, les critiques, parfois la colère. Il récolte ce qu’il ne sème pas toujours, et il paie pour des décisions prises bien au-delà de son périmètre.
Il y a enfin une dimension morale, presque existentielle. Comment parler d’espoir, de mérite, d’égalité des chances, quand le travail lui-même se transforme, se fragmente, se raréfie dans certaines filières ? Comment promettre de l’emploi stable dans un monde où la norme devient la transition, la reconversion, l’incertitude ? Le futur ministre de l’Emploi devra être à la fois pédagogue, stratège, protecteur et parfois porteur de mauvaises nouvelles. Peu de postes exigent une telle solidité intérieure.
Alors oui, j’en fais le pari : celui ou celle qui acceptera ce portefeuille en 2026 ne le fera pas à la légère. Il y aura des nuits de réflexion, des hésitations sincères, des calculs politiques, mais aussi une question plus intime : suis-je prêt à affronter la réalité du travail tel qu’il est en train de devenir, et non tel qu’on aimerait qu’il reste ?
Ce ministère ne sera plus un tremplin. Il sera une épreuve. Et peut-être, pour celui ou celle qui osera l’assumer pleinement, une occasion rare de réconcilier la politique avec le réel.
Il y a enfin une dimension morale, presque existentielle. Comment parler d’espoir, de mérite, d’égalité des chances, quand le travail lui-même se transforme, se fragmente, se raréfie dans certaines filières ? Comment promettre de l’emploi stable dans un monde où la norme devient la transition, la reconversion, l’incertitude ? Le futur ministre de l’Emploi devra être à la fois pédagogue, stratège, protecteur et parfois porteur de mauvaises nouvelles. Peu de postes exigent une telle solidité intérieure.
Alors oui, j’en fais le pari : celui ou celle qui acceptera ce portefeuille en 2026 ne le fera pas à la légère. Il y aura des nuits de réflexion, des hésitations sincères, des calculs politiques, mais aussi une question plus intime : suis-je prêt à affronter la réalité du travail tel qu’il est en train de devenir, et non tel qu’on aimerait qu’il reste ?
Ce ministère ne sera plus un tremplin. Il sera une épreuve. Et peut-être, pour celui ou celle qui osera l’assumer pleinement, une occasion rare de réconcilier la politique avec le réel.












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