La critique, oui. La démolition morale, non
À force de répéter que « le Maroc ne gagnera pas », de décrédibiliser chaque victoire, de réduire chaque progrès à un coup de chance, certains ex-commentateurs se sont enfermés dans une posture de défaite anticipée. Ce n’est plus de l’analyse. C’est un récit. Un récit anxiogène, martelé, presque obsessionnel.
Le problème n’est pas qu’ils doutent. Le doute est humain. Le problème est qu’ils installent le doute comme horizon unique. Qu’ils parlent avant les matchs comme après des défaites imaginaires. Qu’ils traitent l’enthousiasme populaire comme une naïveté coupable, voire comme une menace.
Un supporter qui croit n’est pas un imbécile. Un peuple qui espère n’est pas manipulé. Il est vivant.
Un projet sportif marocain qu’on ne peut plus balayer d’un revers de main
La Fédération a investi. Les infrastructures ont changé d’échelle. La formation s’est professionnalisée. Les choix techniques ne sont plus dictés par la panique ou la pression populaire, mais par une vision à moyen et long terme. Walid Regragui n’est pas un gourou intouchable, mais ce n’est pas non plus un figurant parachuté par hasard. Il a prouvé. Sur le terrain. Face aux meilleurs.
Les joueurs, eux, évoluent dans les plus grands championnats, avec des exigences élevées, une culture de la gagne, une discipline tactique qui n’existait pas à ce niveau il y a encore quinze ans. Ce Maroc-là est respecté. Observé. Redouté même.
Continuer à parler du football marocain comme s’il était condamné à l’échec, c’est refuser de voir la réalité. Ou choisir de ne pas la voir.
À qui profite le défaitisme permanent ?
Certainement pas l’équipe. Certainement pas les joueurs, qui lisent, entendent, ressentent. Certainement pas les supporters, qui ont enfin le droit de rêver sans s’excuser. Et certainement pas le football national, qui a besoin d’un environnement exigeant mais stable.
Le défaitisme chronique finit toujours par devenir une posture confortable. Celle du « je l’avais dit ». Celle de l’analyste qui ne perd jamais, parce qu’il a toujours parié sur la chute. Mais ce confort intellectuel a un coût collectif. Il érode la confiance. Il installe une fatigue morale. Il abîme le lien entre l’équipe et son public.
Un ancien journaliste sportif n’est pas obligé de devenir le gardien du temple de la déprime nationale.
Supporter n’est pas renoncer à l’esprit critique
Mais croire, soutenir, pousser, ce n’est pas être aveugle. C’est faire un choix émotionnel assumé. C’est comprendre que le sport de haut niveau se joue aussi dans les têtes. Que la confiance est une ressource stratégique.
Les grandes nations sportives l’ont compris depuis longtemps. Elles protègent leurs équipes dans les moments clés. Elles débattent, oui, mais elles ne sabotent pas l’élan collectif à la veille des batailles.
Le Maroc mérite cette maturité-là.
Un peuple uni derrière ses Lions, ce n’est pas un danger, c’est une force
Le réduire à une manipulation émotionnelle ou à une hystérie collective est non seulement faux, mais méprisant. Le peuple marocain sait faire la part des choses. Il sait applaudir sans idolâtrer. Il sait critiquer sans détruire.
La Monarchie constitutionnelle, l’esprit d’unité nationale, l’Islam de tolérance, la diversité sociale et culturelle du pays ont toujours trouvé dans le sport un terrain d’expression apaisé. Le football, quand il est porté avec intelligence, rassemble sans exclure.
Casser cela pour exister médiatiquement est une faute morale.
La liberté d’expression n’excuse pas tout
À la veille d’un match décisif, marteler l’échec comme une certitude n’est pas un acte neutre. Ce n’est pas « dire la vérité ». C’est influencer le climat. Et parfois, consciemment ou non, saboter ce qui est en train de se construire.
Un journaliste, même à la retraite, porte une responsabilité symbolique. Sa parole pèse. Elle façonne des imaginaires. Elle peut éclairer ou assombrir.
Dans ce contexte précis, choisir systématiquement l’angle le plus anxiogène n’est pas du courage intellectuel. C’est une facilité.
Les Lions de l’Atlas avancent. Le reste c'est du bruit
Le reste est du bruit. Du commentaire à vide. De la posture. De la nostalgie parfois, déguisée en expertise.
Le Maroc avance. Son football aussi. Il trébuchera encore, peut-être. Il gagnera aussi. Mais il n’a plus à s’excuser d’y croire.
Et à ceux qui confondent analyse et sabotage, lucidité et cynisme, une chose est sûre : l’histoire ne se souvient jamais des prophètes de malheur. Elle se souvient de ceux qui ont osé construire, soutenir, accompagner.












L'accueil





Chers camarades algériens, si c’est vous, prenez donc quelques vacances…













