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NMD : Une première lecture


Que vive le débat et rendez-vous le 08 septembre.



Par Dr Samir Belahsen

Le rapport de la Commission du Nouveau Modèle de Développement vient d’être présenté à Sa Majesté le Mardi 25 Mai, 2021.
Le débat est lancé.

Nous attendons des débats constructifs à l’intérieur des partis politiques, entre partis, au Parlement, et entre les différents acteurs économiques et sociaux. Ce serait, à mon avis un bon support pour alimenter les débats électoraux et en rehausser le niveau.
 

Le pacte de Développement :

A la recherche d’un consensus sur une vision à 15 ans. Un pacte loin des clivages idéologiques et politiques. L’opérationnalisation, comme dirait L. Haddad, ou le déploiement pour reprendre M. El Atouabi, pourront avoir des arômes différents mais le cap
consensuel est « défini ». Un peu trop consensuel à mon gout.

Le mécanisme de suivi :

Il sera présidé par sa Majesté, il veillera au respect des engagements inclus dans le Pacte du développement et assurerait une certaine agilité pour s’adapter à l’environnement. Il me conviendrait qu’il ait ne serait -ce qu’une inspiration démocratique.

Les objectifs à l’horizon 2035 :

Le chiffrage des objectifs 2035 est en soi positif, mais ces objectifs sont certes réalisables mais, à mon avis, un peu minimalistes.
Les taux de croissance prévus me paraissent trop faibles pour assurer les objectifs d’emploi, pas assez volontaristes surtout si l’on tient compte du fait que le contenu emploi de la croissance est de plus en plus faible, avec la digitalisation il le serait de plus en plus…
Etant adepte du quinquennat et même des plans quinquennaux, j’aurais souhaité une déclinaison des étapes -qinquennats-législtures.

 Les cinq grands paris du Maroc :
1-recherche/action au service du territoire
2-l’énergie à faible coût carbone
3- les plateformes numériques
4-la diversification des sources de financement
5- le Made in Morocco.


Difficile d’en discuter, ils faisaient l’unanimité avant le NMD, rien d’innovant alors que les ambitions sont énormes, c’est ce que le professeur Haddad appelle « le socle d’un Maroc nouveau, meilleur, et plus équitable ».

Le rapport a fait un diagnostic des carences en matière de gouvernance sans présenter une vision claire des ruptures nécessaires du système de gouvernance.

Le rapport fait également la même économie concernant la participation citoyenne, l’état de droit, les libertés et le système judiciaire.
En règle générale, le diagnostic est assez bien posé mais les solutions, quand le rapport en parle, manquent d’audace et d’innovation.
Mon impression est que les rédacteurs du rapport ont cherché à éviter :

- Ce qui ne fait pas l’unanimité, tout ce qui fâche ou pourrait facher…
- Ce qui nécessiterait une révision de la constitution



Pour “une économie dynamique et diversifiée créatrice de valeur ajoutée et d’emplois” le rapport sur le NMD préconise :
 
  1. La sécurisation de l’initiative entrepreneuriale,
  2.  L’orientation des “acteurs économiques vers les activités productives,
  3. La réalisation d’un “choc” compétitif,
  4. La mise en place d’un “cadre macroéconomique au service de la croissance,”
  5.  L’émergence de l’économie sociale comme secteur économique à part.

L’institution du « défenseur de l’entreprise », rattaché au chef du gouvernement pourrait être une bonne idée si elle s’accompagne du renforcement des représentations démocratiques et associatives des entreprises.  Il ne faut en aucun cas penser que ce défenseur se substituerait à ces institutions.

Comment lutter contre les privilèges et les situations de rente ?
A quelles rentes s’attaquer ?
Comment lutter contre les conflits d’intérêt ?
Contre l’impunité ?

Rien n’est explicite à ces niveaux. Quand aucune piste sérieuse n’est abordée, on est alors dans les vœux.

Deux idées intéressantes qui auraient mérité qu’on en fasse des pistes avec un peu plus d’audace et de courage :

-Le nouveau mécanisme harmonisé pour le pilotage et l’exécution des politiques sectorielles stratégiques”.
- Conditionner l’appui de l’Etat à la “contribution à la création de valeur et d’emplois et de respect des obligations sociales”.

Des questions sans réponse :

1-Digitalisation & emplois :
A la recherche du choc de compétitivité, la digitalisation est largement citée dans le rapport mais le rapport ne se pose pas la question : Quel impact sur l’emploi ?  

2-L’intégration de l’informel :
Tout le monde est d’accord, mais quelle fiscalité ? Quelles incitations ? Quelles sanctions ?

3-La réduction de la facture énergétique :
Dans la recherche du choc de compétitivité le rapport préconise la réduction de la facture énergétique.
Pour plusieurs secteurs c’est la bonne réponse, mais là aussi il reste la question du comment et je dirais même du combien.
Si l’Etat doit subventionner encore l’Energie, il faudrait savoir comment et combien ça couterait et comme l’a souligné le professeur L.Haddad  cela ne rime pas avec le recours aux énergies renouvelables couteuses. 

 La problématique est que l’on voudrait un Etat « socialement » providence et un Etat qui assumerait la charge du choc de compétitivité sans dire le comment ni le combien.

Après une décennie RNI-PJD perdue, le Covid aidant, on s’aperçoit que notre bourgeoisie est incapable et que nos filets sociaux sont inadéquats.

On attend de l’Etat de régler tout ça en 15 ans. Créer une classe d’entrepreneurs en mettant la main à la poche et assurer une protection sociale généralisée, ça va chiffrer…
Financer cela supposerait :
  • Une nouvelle fiscalité.
Un impôt sur la fortune ?
Une Contribution sociale généralisée ?
Une revue de l’Impôt sur le revenu ?
Quel avenir pour la fiscalité agricole ?
 
  • Un recours massif à l’endettement.
Quel niveau serait soutenable avec une croissance espérée par le rapport à 6 % ?
 
  • Des privatisations ?
  • De nouvelles alliances géopolitiques et économiques ?
 
Ces deux chapitres auraient mérité un bon focus, le rapport n’explore même pas les pistes de réflexion.

Ce ne sont pas des détails, c’est le cœur du problème. Ce sera le cœur du débat électoral.

Il reste que le rapport de la commission Benmoussa a le mérite d’exister, j’ose espérer que les partis politiques feront l’effort de répondre, chacun à sa manière, aux questions en suspens. Dans ce cas les silences assourdissants du rapport auraient été productifs.

Alors, je le rappelle, les inscriptions sur les listes électorales sont ouvertes depuis lundi 02 juin.

Que vive le débat et rendez-vous le 08 septembre.
 

 
 
 Dr Samir Belahsen


 



Lundi 31 Mai 2021


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