Menu
lodj lodj
séprateur .png
lodj
Twitter
YouTube
Digital TV
LinkedIn
Facebook
Instagram
Tiktok
search








Parlement : après le quotient électoral, pourquoi pas une amnistie ?




A lire ou à écouter en podcast :

break_time500msparlement1616711850__1_.mp3 Parlement : après le quotient électoral, pourquoi pas une amnistie ?  (973.69 Ko)

Maâti Monjib est, donc, libre, quoique sous conditions. L’essentiel est qu’il se trouve aujourd’hui parmi les siens. Mais il est le seul parmi tant d’autres, encore privés des leurs. M. Monjib était en grève de la faim depuis trois semaines et il aurait été du plus mauvais effet qu’il décède en détention, criant son innocence dans son dernier souffle. La justice l’a donc remis en liberté, conditionnelle certes mais liberté quand même.
 
L’historien est sorti de prison à quelques heures de nominations à la tête de l’édifice judiciaire du royaume, avec Mohamed Abdennabaoui et Hassan Daki respectivement en premier président et en procureur général près de la Cour de Cassation. Ces deux hauts, très hauts magistrats auront comme objectif de remettre de l’ordre dans l’appareil de Dame Justice au Maroc, quelque peu souffrante depuis des années.
 
Les réfractaires à tout diront que ces nominations sont un tour de vis supplémentaire et les thuriféraires de tout soutiendront que c’est… merveilleux. Mais entre le noir absolu et le blanc immaculé, on trouve une large zone de gris, dans laquelle chacun se situera comme il le souhaite.

Car les faits sont là, et les effets seront scrutés.
  Il est temps que le pays devienne leader en matière des droits de l’Homme, comme il a su « percer » dans bien des domaines et susciter l’admiration du monde, hier pour sa gestion du printemps des peuples (pour ne pas dire « arabe », le Maroc étant un pays à multiple culture), et aujourd’hui pour sa maîtrise relativement de bonne facture de la crise sanitaire. L’Etat marocain a montré que quand il veut, il peut.
 
On dit ici et là que si la justice a libéré Maâti Monjib, c’est parce que l’offensive des ONG défenseures des droits l’aurait effrayée. Il ne semblerait pas que cela soit le cas, le Maroc ayant pris de l’assurance depuis quelques temps. A preuve, les condamnés de Gdim Izik sont toujours en prison, et semblent devoir (logiquement) le rester longtemps. Non, M. Monjib a été remis en liberté car quelqu’un, quelque part, a compris que le pays se porterait très mal s’il avait la mort de l’historien sur la conscience.
 

Le Maroc a ouvert plusieurs fronts à l’extérieur, et il doit se donner les moyens de les gérer tous, simultanément. Il a donc besoin d’une mobilisation interne, qui ne peut advenir que si les esprits sont réconciliés. Nous l’avons dit et nous le redisons, sereinement : il est temps, et il est même urgent, de légiférer sur une amnistie large, à défaut d’être globale. Et une amnistie par les parlementaires est prévue dans la constitution, en son article 71. Nos députés, si prompts à faire front commun pour le quotient électoral, peuvent pousser leur « avantage » en votant une loi d’amnistie.
 

Cela redorerait leur blason et, qui sait, pourrait même leur attirer une certaine sympathie de la population !
 

Des juges ont jugé et nous respecterons l’autorité de la chose jugée. Mais la chose jugée peut être « cassée » par la Cour de Cassation et rejugée, rejaugée, si le pardon est accordé par les victimes. Le « quelqu’un, quelque part » qui a décidé de remettre M. Monjib en liberté peut convaincre ses pairs et les vaincre à l’idée de se montrer conciliants et cléments à l’égard de tant d’autres, toujours derrière les barreaux.
 

Les détenus médiatiques et médiatisés, facilement identifiables, une large part des détenus en préventive, les détenus des articles 489, 490 et 491… cela fait beaucoup de monde à libérer, et cela ferait beaucoup de bien à tout le monde.
 

Nous avons besoin de croire, de rire, d’espérer, de nous fêter, de nous reprendre en cette période si difficile, et aussi pour les années à venir, porteuses de tant d’incertitudes et de tellement de défis à relever… Relevons-nous donc, sereinement, l’esprit apaisé, le sourire aux lèvres et le baume au cœur. Le Maroc est bien trop grand pour maintenir tant de ses enfants en prison.
 

Au risque assumé de se répéter, il suffit d’une petite décision qui donnerait une immense espérance. Un petit acte pour quelqu’un, pour quelques-uns, une joie immense pour les Marocains.
 

Rédigé par Aziz Boucetta sur https://panorapost.com





Lundi 29 Mars 2021


Dans la même rubrique :
< >

Samedi 21 Mai 2022 - 19:18 Ukraine : L’aveu

Samedi 21 Mai 2022 - 19:09 Le triangle Russie-Kazakhstan-Chine

Chroniqueurs invités | Coup de cœur



Magazine créé avec Madmagz.






Avertissement : Les textes publiés sous l’appellation « Quartier libre » ou « Chroniqueurs invités » ou “Coup de cœur” ou "Communiqué de presse" doivent être conformes à toutes les exigences mentionnées ci-dessous.

1-L’objectif de l’ODJ est de d’offrir un espace d’expression libre aux internautes en général et des confrères invités (avec leurs accords) sur des sujets de leur choix, pourvu que les textes présentés soient conformes à la charte de l’ODJ.

2-Cet espace est modéré  par les membres de la rédaction de lodj.ma, qui conjointement assureront la publication des tribunes et leur conformité à la charte de l’ODJ

3-L’ensemble des écrits publiés dans cette rubrique relève de l’entière responsabilité de leur(s) auteur(s).la rédaction de lodj.ma ne saurait être tenue responsable du contenu de ces tribunes.

4-Nous n’accepterons pas de publier des propos ayant un contenu diffamatoire, menaçant, abusif, obscène, ou tout autre contenu qui pourrait transgresser la loi.

5-Tout propos raciste, sexiste, ou portant atteinte à quelqu’un à cause de sa religion, son origine, son genre ou son orientation sexuelle ne sera pas retenu pour publication et sera refusé.

Toute forme de plagiat est également à proscrire.