Parution de L'i-MaG de l'ODJ Avril 2022




Edito de Ahmed Naji directeur de la publication

Le moral des Marocains est inversement proportionnel au taux d’inflation. Plus celui-ci grimpe, moins c’est le bonheur au sein des ménages. Une déprime de la courbe de consommation ne fait, par ailleurs, jamais l’affaire du gouvernement. C’est une arithmétique sociopolitique des plus simples.

La Réserve fédérale des Etats-Unis et la Banque centrale européenne ont si longtemps fait tourner leurs planches à billet, sous la magique dénomination d’assouplissement quantitatif, que l’effet boomerang était prévisible.

Et à peine l’économie mondiale, dévastée par les conséquences de la crise sanitaire, a-elle entamé un début de redressement post-pandémique que les blindés russes ont déferlé sur l’Ukraine, écrasant sous leurs chenilles les efforts consentis pour relancer les activités.

Relever les taux d’intérêts pour juguler l’inflation galopante reviendrait à étouffer le début de redressement économique susmentionné. Ne pas le faire, c’est laisser se dégrader, de manière persistante, le pouvoir d’achat, le climat social et la stabilité politique. 
Tel est le dilemme des banques centrales, nous explique notre éditorialiste économique. A coups de sanctions occidentales contre la Russie, d’obligation faite par cette dernière à ses clients « inamicaux » de payer son gaz naturel en rouble, dont la valeur a été rattachée à celle de l’or, et de l’émergence du pétroyuan, signe avant-coureur de la dédollarisation programmée, les marchés financiers, des obligations souveraines et de change ne savent plus à quel saint se vouer.

Du gaz en pipeline, c’est aussi ce qu’escompte le Maroc maintenant que ses relations avec l’Espagne ont repris des couleurs, après que le voisin du Nord se soit rangé à la solution de l’autonomie des provinces du Sud du royaume.

Remettre en fonction le gazoduc Maghreb-Europe, mais dans le sens inverse, fait déjà hurler de douleur les dirigeants du pays voisin de l’Est, que le repositionnement de l’Espagne au sujet du Sahara avait déjà plongé dans une profonde déprime.

Dans les camps de Tindouf, l’ambiance est encore plus étrange. La petite minorité séquestrée de vrais sahraouis marocains, dont les noms figurent sur la liste du recensement espagnol de 1974, se pavane. L’heure de la délivrance se rapproche.

Tous ceux, par contre, originaires du Sahara oriental, en Algérie, de l’Azawad, dans le Nord du Mali et autres Beidanes du Nord de la Mauritanie, que le régime de Boumediene avait ramené à Tindouf pour gonfler la population des camps, sa sachant exclus, ne cachent pas leur frustration.

Pendant ce temps, le spectre du Covid rôde encore dans nos égouts, prévient notre éditorialiste amoureux de l’environnement.

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