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Percée historique de l’UGTM dans les élections professionnelles


« Ce succès est le fruit de l’engagement quotidien de l’Union Générale des Travailleurs du Maroc vis-à-vis des préoccupations réelles de la classe laborieuse marocaine », déclare M. Enaâm Mayara, Secrétaire Général de l’UGTM, qui a décrypté pour notre confrère « L’Opinion » les résultats des dernières élections professionnelles



Interview de Enâam Myara par Hiba Chaker

Quelle est votre appréciation des résultats obtenus lors des élections des représentants des travailleurs ?

L’UGTM a remporté une victoire écrasante en se classant première centrale syndicale affiliée à un parti politique. Nous tenons à exprimer notre fierté des militants et militantes de l’Union dans toutes les régions du Maroc, parce qu’ils représentent le réel couronnement de cette victoire. Nous considérons que ce succès est le fruit de l’engagement quotidien de l’Union Générale des Travailleurs du Maroc vis-à-vis des préoccupations réelles de la classe laborieuse marocaine. Toutefois, ce n’est que le début de la lutte pour surmonter la crise Covid-19 et assurer la protection des droits des travailleurs marocains.

Vous avez eu plus de 5900 délégués, 60% de plus que les élections de 2015 : à quoi est due cette hausse ?

D’abord, c’est le résultat du travail acharné et de la coopération de l’ensemble des militants et militantes de l’UGTM que je tiens à féliciter. C’est également grâce à la ligne militante empruntée par l’Union générale qui ne comporte pas de surenchères ni de manigances de nature à porter atteinte à la classe ouvrière, mais qui se distingue plutôt par le réalisme et le travail de terrain. Cette réussite est aussi le résultat de la neutralité adoptée par les structures qui ont organisé ces élections, notamment dans le secteur privé, en premier lieu le ministère du Travail et de l’Insertion professionnelle, ce qui a facilité la mobilisation des entreprises et des opérateurs économiques dans le cadre de ces élections professionnelles : par conséquent, le nombre d’entreprises qui ont ouvert le champ à ces échéances électorales a connu une hausse au-delà de nos prévisions.

L’UGTM a enregistré une nette progression au Sahara, quelles sont les actions que vous prévoyez pour la classe laborieuse issue de cette région ?

L’UGTM a raflé la mise non seulement au Sahara mais également à l’Oriental et au Souss et dans d’autres régions. Concernant le Sahara, il est vrai que l’action syndicale est récente par rapport aux autres régions. D’abord, nous travaillons sur l’encadrement des travailleurs dans les secteurs public et privé et sur la structuration au sein des entités de production, effort qui a été couronné par la conclusion de trois conventions collectives l’année dernière à Laayoune. Nous allons veiller également durant les six prochaines années à mettre en place des conventions collectives pour protéger les travailleurs au sein des petites et moyennes entreprises.

Pour ce qui est des élections dans le secteur privé qui comporte le plus grand nombre de représentants, l’UGTM est en pole position des syndicats : en quoi cette victoire va-t-elle impacter votre travail ?

L’UGTM est l’allié principal des travailleurs marocains que ce soit dans le secteur public ou privé. Durant les quatre dernières années, nous avons porté un intérêt particulier aux travailleurs du secteur informel. Nous avons créé plusieurs Fédérations affiliées à l’UGTM pour les taxieurs, les prothésistes dentaires et autres secteurs oeuvrant dans l’informel pour lesquels nous avons édifié des syndicats sectoriels afin de les intégrer au tissu socioéconomique du pays.

Ces efforts continueront sans relâche dans le cadre du nouveau projet royale portant sur la généralisation de la protection sociale. Ce projet représente donc une autre entrée pour l’effort d’encadrement syndical des travailleurs.

Quels sont les dossiers prioritaires que vous comptez aborder après les élections – dialogue social, droit de la grève, hausse des salaires… ?

Nous comptons aborder les grands dossiers qui nous préoccupent en tant que centrale syndicale, notamment la protection des libertés syndicales dans le contexte de la crise pandémique, surtout après une décennie sous un gouvernement qui a vidé le dialogue social de toute sa substance. En deuxième lieu, nous songeons au chantier de la protection sociale auquel nous devons adhérer positivement afin de mobiliser les travailleurs marocains.

D’ailleurs, nous veillerons à la mise au jour des législations sociétales qui concernent le code du travail, la loi sur la grève et la loi relative aux syndicats professionnels et les raccorder avec les conventions internationales. Ainsi, le Maroc pourrait garantir la justice sociale et un travail décent pour tous et se démarquera à l’échelle internationale en matière de législation du travail.

Quels sont les défis qui pourraient entraver la concrétisation de votre programme ?

L’UGTM a été créée le 20 mars 1960. Depuis, on continue à lutter pour garantir un emploi décent à tous les Marocains. À mon humble avis, aucun défi ne pourrait arrêter ce combat acharné. Nous croyons au dialogue comme moyen pour réaliser les revendications et les objectifs de l’Union générale des travailleurs marocains. Si un jour le dialogue cesse, nous allons lutter encore et encore, coûte que coûte, pour réaliser ces objectifs.
 

Mardi 6 Juillet 2021


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