On pourrait croire que ce Manifeste n’est pas pour moi. Que passé un certain âge, on signe surtout des souvenirs, pas des textes tournés vers l’avenir. Et pourtant. Si j’ai apposé mon nom au Manifeste de la jeunesse du 11 janvier 2026, ce n’est ni par nostalgie, ni par posture morale. C’est par cohérence. Et peut-être par lucidité tardive.
J’appartiens à une génération qui a bénéficié d’un État en construction, de promesses collectives encore crédibles, d’ascenseurs sociaux certes imparfaits mais fonctionnels. Nous avons profité de l’école publique, de l’administration, d’un récit national relativement lisible.
Et soyons honnêtes : nous avons aussi laissé s’installer des angles morts. Des lenteurs. Des rentes. Des compromis commodes. Aujourd’hui, les jeunes héritent d’un pays plus complexe, plus ouvert, mais aussi plus dur, plus inégal, plus exigeant. Le Manifeste le dit sans détour : le Maroc vit une transition démographique décisive, et cette « fenêtre » ne produira des fruits que si la jeunesse est réellement associée aux décisions, à la création de richesse et à sa répartition
Signer ce texte, pour moi, c’est reconnaître que le problème de la jeunesse n’est pas un problème de jeunesse. C’est un problème de gouvernance, de confiance et de transmission. Le Manifeste n’est ni un programme électoral ni un catalogue de revendications irréalistes. C’est une plateforme de responsabilité partagée, qui parle d’éducation, de santé mentale, de travail digne, de participation politique, de lutte contre la corruption, de citoyenneté numérique. Autrement dit, il parle du cœur du contrat social.
En tant que senior, je signe aussi pour une raison plus inconfortable : parce que se taire serait une forme de démission. La solidarité entre générations n’est pas un slogan aimable, c’est un choix politique. Soutenir ce Manifeste, c’est accepter que le monde ne nous appartienne plus tout à fait, et que c’est très bien ainsi. C’est admettre que la jeunesse n’a pas besoin de leçons, mais d’espace, de règles justes et d’institutions crédibles.
Le 11 janvier renvoie à un autre moment fondateur de notre histoire. En 1944, des jeunes ont signé pour l’indépendance. En 2026, ils signent pour la dignité, la participation et l’avenir. La continuité est là. Il serait paradoxal que ceux qui ont bénéficié des fruits de l’histoire refusent d’en soutenir les graines.
J’appartiens à une génération qui a bénéficié d’un État en construction, de promesses collectives encore crédibles, d’ascenseurs sociaux certes imparfaits mais fonctionnels. Nous avons profité de l’école publique, de l’administration, d’un récit national relativement lisible.
Et soyons honnêtes : nous avons aussi laissé s’installer des angles morts. Des lenteurs. Des rentes. Des compromis commodes. Aujourd’hui, les jeunes héritent d’un pays plus complexe, plus ouvert, mais aussi plus dur, plus inégal, plus exigeant. Le Manifeste le dit sans détour : le Maroc vit une transition démographique décisive, et cette « fenêtre » ne produira des fruits que si la jeunesse est réellement associée aux décisions, à la création de richesse et à sa répartition
Signer ce texte, pour moi, c’est reconnaître que le problème de la jeunesse n’est pas un problème de jeunesse. C’est un problème de gouvernance, de confiance et de transmission. Le Manifeste n’est ni un programme électoral ni un catalogue de revendications irréalistes. C’est une plateforme de responsabilité partagée, qui parle d’éducation, de santé mentale, de travail digne, de participation politique, de lutte contre la corruption, de citoyenneté numérique. Autrement dit, il parle du cœur du contrat social.
En tant que senior, je signe aussi pour une raison plus inconfortable : parce que se taire serait une forme de démission. La solidarité entre générations n’est pas un slogan aimable, c’est un choix politique. Soutenir ce Manifeste, c’est accepter que le monde ne nous appartienne plus tout à fait, et que c’est très bien ainsi. C’est admettre que la jeunesse n’a pas besoin de leçons, mais d’espace, de règles justes et d’institutions crédibles.
Le 11 janvier renvoie à un autre moment fondateur de notre histoire. En 1944, des jeunes ont signé pour l’indépendance. En 2026, ils signent pour la dignité, la participation et l’avenir. La continuité est là. Il serait paradoxal que ceux qui ont bénéficié des fruits de l’histoire refusent d’en soutenir les graines.












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