Propos de Karl Smari Hreinsson :
Si je me trouve ici aujourd’hui, c’est en raison du lien historique qui unit l’Islande au Maroc, et plus précisément à la ville de Salé, un lien qui remonte à l’année 1627.
Cette année-là, des pirates, que nous appelons plutôt des corsaires, attaquèrent l’Islande, notamment la localité de Grindavík, dans le sud-ouest du pays. Ils capturèrent environ trente à quarante personnes, les ramenèrent à Salé et les vendirent comme esclaves sur les marchés.
Nous disposons de documents qui attestent ces événements, et cette histoire est aujourd’hui bien connue. Il y a six ou sept ans, on m’a demandé d’écrire un ouvrage à ce sujet, que j’étudiais déjà depuis longtemps. J’ai ainsi publié Northern Captives. The Story of the Barbary Corsair Raid on Grindavík in 1627, le premier, et jusqu’à présent le seul, livre entièrement consacré au raid des corsaires de Salé en Islande. Par la suite, avec mon collègue Adam Nicholls, j’ai coécrit un autre ouvrage portant sur l’attaque contre Westman Island et de l’est de l’Islande.
Au total, nous avons publié quatre livres consacrés aux raids des corsaires nord-africains et marocains contre l’Islande. Ces ouvrages ont été traduits dans plusieurs langues. En début d’année, une édition en français a vu le jour à Casablanca sous le titre La Razzia septentrionale. Il s’agit de l’ouvrage le plus complet jamais publié à l’étranger sur ces raids nord-africains en Islande, et sans doute l’un des plus précieux, tant par la richesse de ses sources que par l’ampleur de son approche. Il ne traite pas seulement des attaques en mer, mais aussi des opérations terrestres, pour lesquelles nous disposons en Islande d’une documentation particulièrement abondante.
Ce n’est véritablement qu’à la parution de ces livres, rédigés avec Adam Nicholls, que le rôle de Salé est devenu plus largement reconnu. L’opinion dominante jusque-là attribuait ces raids exclusivement à Alger ou, de manière générale, aux Turcs, comme on désignait alors les musulmans d’Afrique du Nord. Or, le raid mené contre Grindavík fut dirigé par Murat Reis, de son vrai nom le Néerlandais Jan Jansoon van Haarlem. Il convient de distinguer clairement le raid algérien de celui de Salé : ce dernier fut d’ampleur beaucoup plus limitée. Murat Reis ne disposait que d’un seul navire et ne captura qu’un nombre relativement restreint de personnes.
Ma présence aujourd’hui au Maroc est directement liée à la publication française de notre ouvrage plus tôt cette année. Début avril, j’ai participé à une conférence à l’Université de Casablanca, organisée par la Société d’historien locale. C’est ensuite M. Ali Bouallou qui m’a invité à venir présenter ici l’histoire du raid de Salé. Je sais que cette période suscite désormais un vif intérêt au Maroc, en particulier à Salé, mais aussi dans d’autres villes notamment grâce aux travaux de Leïla Matani, professeure à l’Université Hassan II, qui s’intéresse de près à l’histoire atlantique du XVIIᵉ siècle. C’est d’ailleurs elle qui a recommandé à l’éditeur de faire traduire le livre en français, estimant qu’il constituerait une contribution précieuse pour les chercheurs et le public marocain.
Cette année-là, des pirates, que nous appelons plutôt des corsaires, attaquèrent l’Islande, notamment la localité de Grindavík, dans le sud-ouest du pays. Ils capturèrent environ trente à quarante personnes, les ramenèrent à Salé et les vendirent comme esclaves sur les marchés.
Nous disposons de documents qui attestent ces événements, et cette histoire est aujourd’hui bien connue. Il y a six ou sept ans, on m’a demandé d’écrire un ouvrage à ce sujet, que j’étudiais déjà depuis longtemps. J’ai ainsi publié Northern Captives. The Story of the Barbary Corsair Raid on Grindavík in 1627, le premier, et jusqu’à présent le seul, livre entièrement consacré au raid des corsaires de Salé en Islande. Par la suite, avec mon collègue Adam Nicholls, j’ai coécrit un autre ouvrage portant sur l’attaque contre Westman Island et de l’est de l’Islande.
Au total, nous avons publié quatre livres consacrés aux raids des corsaires nord-africains et marocains contre l’Islande. Ces ouvrages ont été traduits dans plusieurs langues. En début d’année, une édition en français a vu le jour à Casablanca sous le titre La Razzia septentrionale. Il s’agit de l’ouvrage le plus complet jamais publié à l’étranger sur ces raids nord-africains en Islande, et sans doute l’un des plus précieux, tant par la richesse de ses sources que par l’ampleur de son approche. Il ne traite pas seulement des attaques en mer, mais aussi des opérations terrestres, pour lesquelles nous disposons en Islande d’une documentation particulièrement abondante.
Ce n’est véritablement qu’à la parution de ces livres, rédigés avec Adam Nicholls, que le rôle de Salé est devenu plus largement reconnu. L’opinion dominante jusque-là attribuait ces raids exclusivement à Alger ou, de manière générale, aux Turcs, comme on désignait alors les musulmans d’Afrique du Nord. Or, le raid mené contre Grindavík fut dirigé par Murat Reis, de son vrai nom le Néerlandais Jan Jansoon van Haarlem. Il convient de distinguer clairement le raid algérien de celui de Salé : ce dernier fut d’ampleur beaucoup plus limitée. Murat Reis ne disposait que d’un seul navire et ne captura qu’un nombre relativement restreint de personnes.
Ma présence aujourd’hui au Maroc est directement liée à la publication française de notre ouvrage plus tôt cette année. Début avril, j’ai participé à une conférence à l’Université de Casablanca, organisée par la Société d’historien locale. C’est ensuite M. Ali Bouallou qui m’a invité à venir présenter ici l’histoire du raid de Salé. Je sais que cette période suscite désormais un vif intérêt au Maroc, en particulier à Salé, mais aussi dans d’autres villes notamment grâce aux travaux de Leïla Matani, professeure à l’Université Hassan II, qui s’intéresse de près à l’histoire atlantique du XVIIᵉ siècle. C’est d’ailleurs elle qui a recommandé à l’éditeur de faire traduire le livre en français, estimant qu’il constituerait une contribution précieuse pour les chercheurs et le public marocain.












L'accueil














