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Sebta et Melilla sont occupées ? Notre diplomatie aussi…




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Ce qui s’est produit est grave… Le chef du gouvernement d’un Etat souverain commente la présence sur son sol d’une puissance étrangère, et il le fait sereinement, le plus amicalement du monde. Le gouvernement de ladite puissance réagit alors de manière tout à fait disproportionnée et convoque l’ambassadrice de l’autre Etat, pour la sermonner, ni sereinement et encore moins amicalement. C’est grave, et notre diplomatie doit réagir à son tour.

Les faits. Saâdeddine Elotmani est interviewé par une télé égyptienne sur la reconnaissance US de la marocanité du Sahara, puis, inévitablement, logiquement, une question lui est posée sur le sort des deux enclaves, occupées donc, de Sebta et Melilla. Il répond ceci : « Elles sont occupées, depuis des siècles, et oui, on devra en parler un jour ou l’autre ». Qu’aurait-il pu dire d’autre ? Non, elles ne sont pas occupées ? Cela aurait été faux juridiquement et géographiquement, et de la part d’un chef du gouvernement, cela aurait été cataclysmique ! Il a donc choisi l’échelon le plus bas du langage diplomatique pour répondre, gentiment. L’Espagne alors voit rouge, baisse la tête et fonce, soufflant des naseaux, convoquant Mme Karima Benyaich, ambassadrice du Maroc en Espagne… qui confirme paisiblement les propos de M. Elotmani.

Ainsi donc, nous n’aurions plus le droit de parler de nous-mêmes ? En fait, les Espagnols nous demandent ceci : Ne pas causer des deux enclaves, les protéger contre les migrants clandestins et surtout ne pas les étrangler par le lancement d’un programme de développement dans les territoires attenants.

Prochain épisode, prévisible : le roi ou le Premier ministre d’Espagne font une visite dans l’une de ces deux villes, pour bien nous montrer qui y est le patron. Telles visites seraient aujourd’hui une provocation, que le Maroc ne devrait pas laisser passer.

Mais depuis quelques mois, on sent Madrid fébrile… Le Maroc lance deux satellites d’observation, l’Espagne voit rouge. Le Maroc veut délimiter ses frontières maritimes, l’Espagne voit rouge puis, quelques mois après, elle annonce appliquer une loi sur les franchises de carburant pour nos camionneurs. C’est tout aussi légal que résolument inamical. Puis le vice-président du Conseil Pablo Iglesias remet en cause la marocanité de notre Sahara, et la ministre des AE sort littéralement de ses gonds après la décision de Donald Trump, déclarant ceci : « Le gouvernement espagnol a déjà une série de contacts avec l’équipe de Biden pour chercher un retour au multilatéralisme. Il n’y a pas de place pour l’unilatéralisme dans les relations internationales ». En gros, l’Espagne veut demander à Joe Biden de revenir sur la décision de son tumultueux prédécesseur !!

Et pourtant, l’Espagne sait pertinemment que le Sahara est marocain, et que, sous protectorat espagnol, il aurait dû être restitué au Maroc, en 1956, ou même en 1975. Autrement, pourquoi nous avoir restitué Sidi Ifni, par exemple, sans exiger que les Aït Baâmrane ne choisissentpréalablement  leur pays par autodétermination ? Depuis 1975, l’Espagne joue un double-jeu, d’ « Oulad Nass » certes, mais double-jeu quand même. Et le comportement d’Oulad nass tient beaucoup à notre collaboration migratoire et à l’engagement de notre police à éviter des drames en Espagne (comme en témoignent les décorations décernées en cascade à Abdellatif Hammouchi).

Or, après les propos tenus par le chef du gouvernement, que pensez-vous qu’il arriva ? Ce sont nos médias, professionnels ou sociaux, qui attaquèrent Saâdeddine Elotmani, l’accusant d’avoir causé un incident diplomatique avec l’Espagne. On peut ne pas aimer le PJD et son chef, mais là, ce n’est plus de l’antagonisme politique mais de l’aversion pathologique, avec laquelle toute politique devient impossible. Défendre les Espagnols, accabler notre chef du gouvernement… une étrange haine de soi nous étreint !

Pourquoi donc notre diplomatie n’a-t-elle donc pas convoqué l’ambassadeur d’Espagne sur nos terres, pour lui demander des explications et lui signifier notre courroux, suite aux maux prononcés par sa ministre après la déclaration de M. Trump ? C’est pourtant ce qu’a fait cette même dame pour Sebta et Melilla, qui ne lui appartiennent encore qu’en raison d’un passé colonial non encore définitivement apuré et d’une promesse qu’aurait faite le palais de Rabat à celui de la Zarzuela, et qui gagnerait à être prouvée !!

Le Maroc doit choisir : ou il veut jouer grand, ou il ne veut pas. Dans le premier cas, bien qu’il ne soit pas tout à fait grand, il se doit de réagir à toute provocation, quelle qu’en soit l’auteur, quel qu’en soit le pays…. C’est ainsi que fonctionnent désormais les relations internationales… et si les coups bas internes pouvaient cesser, cela serait meilleur…

Rédigé par Aziz Boucetta le 25 décembre 2020 sur https://panorapost.com/






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