L'ODJ Média

lodj





TAKAMOUL : Programme national d’inclusion économique des jeunes et de développement des très petites entreprises


Rédigé par La Rédaction le Mercredi 14 Octobre 2026

Entretien avec L’ODJ Média. Fondation Moubadara pour les Jeunes et l’Entrepreneuriat (FMJE), présidée par Mouncef Kettani. Forum de Tanger pour le Dialogue, présidé par Driss Koraich.



QUESTION 1 : Quelle est l’origine du programme TAKAMOUL et sur quelle expérience repose-t-il ?

Le programme TAKAMOUL est né d’une réflexion fondée sur plusieurs décennies d’expérience dans l’accompagnement des jeunes entrepreneurs et la représentation des très petites entreprises, des artisans, des commerçants et des professionnels.

Cette expérience s’est notamment construite à travers mon engagement au sein de l’Union générale des entreprises et professions (UGEP), que j’ai présidée pendant plus de quinze ans et dont je suis aujourd’hui président d’honneur.

L’UGEP, à travers ses fédérations sectorielles et ses représentations territoriales, m’a permis de connaître directement les réalités des métiers, les difficultés rencontrées par les petits professionnels et leurs aspirations en matière de développement.

Parallèlement, la Fondation Moubadara pour les Jeunes et l’Entrepreneuriat (FMJE) a développé une expérience importante dans l’accompagnement à la création de très petites entreprises.

Au cours des quatre dernières années, la Fondation a accompagné la création de plus de 2 000 TPE, notamment dans le cadre de programmes soutenus par l’Initiative nationale pour le développement humain.

Notre méthodologie repose sur une période de préparation et de formation de trois à six mois, suivie d’un accompagnement post-création de 24 mois. Les résultats enregistrés dans ces programmes font apparaître un taux de réussite supérieur à 90 %.

Cette expérience a été développée progressivement dans une vingtaine de préfectures et provinces.

Les premières interventions ont notamment concerné Marrakech, Aït Ourir, El Kelaâ des Sraghna et Safi, dans le cadre de programmes s’appuyant sur des méthodes et procédures issues de travaux de la Banque mondiale et mis en œuvre avec les acteurs territoriaux de l’INDH.

La FMJE a progressivement constitué ses propres outils pédagogiques, ses méthodes d’évaluation et ses équipes permanentes, comprenant une cinquantaine d’experts salariés formés en interne.

C’est de cette double expérience — la connaissance des professionnels et l’accompagnement des jeunes — qu’est née l’idée de TAKAMOUL.

Nous avons constaté que deux catégories de population disposent de ressources complémentaires.

D’un côté, les jeunes NEET, qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni dans le système éducatif, et qui recherchent une perspective d’insertion économique.

De l’autre, des professionnels expérimentés, souvent actifs dans des unités de production informelles, qui disposent d’un savoir-faire, d’équipements, d’une clientèle et d’une activité existante, mais qui rencontrent des difficultés pour se moderniser ou se développer.

Notre idée consiste à organiser la rencontre entre ces deux catégories afin de transformer leur complémentarité en opportunités économiques durables.

Le Forum de Tanger pour le Dialogue, présidé par Driss Koraich, s’est associé à cette démarche en apportant une dimension institutionnelle, universitaire et académique.

Cette complémentarité entre l’expérience opérationnelle de la FMJE et la capacité de mobilisation intellectuelle et institutionnelle du Forum constitue aujourd’hui l’un des fondements du programme.

Un cycle de dix tables rondes thématiques a ainsi été engagé pour enrichir la réflexion et préparer le grand Forum TAKAMOUL du 3 décembre 2026 à Tanger.

Notre première ambition opérationnelle est de lancer, en janvier 2027, un programme pilote de 500 binômes dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.

QUESTION 2 : Quels sont les objectifs de TAKAMOUL et comment envisagez-vous son financement et son déploiement ?

TAKAMOUL porte une ambition nationale : accompagner un million de binômes sur dix ans, entre 2027 et 2036, soit un million de jeunes NEET et un million de professionnels expérimentés.

Il s’agit d’un objectif stratégique à long terme, qui devra être atteint progressivement, en fonction des résultats, des capacités opérationnelles et des financements mobilisés.

Le programme vise simultanément plusieurs objectifs : favoriser l’insertion économique des jeunes, moderniser les très petites entreprises, améliorer les revenus des professionnels, faciliter la formalisation des activités et contribuer au développement économique des territoires.

Nous souhaitons intervenir progressivement dans les différentes régions du Royaume, avec une perspective de couverture des 75 préfectures et provinces et des 1 503 communes.

Il ne s’agira cependant pas de répartir mécaniquement les bénéficiaires entre les territoires. Les interventions seront adaptées aux besoins locaux, au tissu économique existant et aux capacités de mobilisation des professionnels.

Un démarrage progressif :

Le programme pilote sera engagé en 2027 dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, avec 500 binômes.

Dès le premier trimestre 2027, nous envisageons de préparer les conditions d’une extension vers la région Fès-Meknès, où la FMJE dispose déjà d’une expérience importante.

La région de Casablanca-Settat pourra également être envisagée parmi les premières extensions.

Notre objectif est de développer progressivement les capacités nécessaires à une implantation dans plusieurs régions, avec une perspective de trois à quatre régions opérationnelles à l’horizon 2029 et une organisation capable de préparer une couverture des douze régions.

Le rythme effectif dépendra des résultats et des ressources disponibles.

Un modèle reposant sur les dispositifs existants :

Nous souhaitons mobiliser les réseaux associatifs, les organisations professionnelles, les collectivités territoriales, les chambres de commerce, les établissements de formation, les universités et les organismes publics d’accompagnement.

Les plateformes de jeunes de l’INDH, les dispositifs de formation professionnelle et les structures régionales d’appui pourront constituer des partenaires potentiels.

Notre démarche consiste à utiliser les infrastructures et les compétences existantes plutôt qu’à multiplier inutilement les structures.

Un coût prévisionnel de 20 000 dirhams par binôme :

Sur la base de notre expérience, nous avons retenu un coût prévisionnel de 20 000 dirhams par binôme, comprenant les principales prestations de mobilisation, de formation et d’accompagnement sur 24 mois.

Ce coût est rendu possible grâce aux outils pédagogiques déjà développés par la FMJE et à ses équipes permanentes formées en interne.

Le budget du programme pilote de 500 binômes est donc estimé à 10 millions de dirhams.

À l’échelle de l’objectif national d’un million de binômes, l’enveloppe théorique représenterait 20 milliards de dirhams répartis sur dix ans, hors investissements complémentaires dans les entreprises.

Ces montants représentent des besoins prévisionnels et non des financements déjà acquis.

Nous souhaitons construire un modèle de financement diversifié associant les institutions publiques, les collectivités territoriales, les entreprises privées, les organisations internationales et les mécènes.

QUESTION 3 : Comment seront sélectionnés les jeunes et les professionnels, constitués les binômes et organisé leur accompagnement ?

La réussite de TAKAMOUL dépendra largement de la qualité de la mobilisation des bénéficiaires et de la constitution des binômes.
 
Mobiliser les professionnels à travers leurs organisations :
 
Nous nous appuierons sur les réseaux de l’UGEP, du Syndicat national des commerçants professionnels (SNCP) et de الفضاء المغربي المهني.
 
Ces organisations disposent de représentations sectorielles et territoriales permettant d’identifier les professionnels jusque dans les quartiers et les espaces économiques de proximité.
 
Selon nos premières estimations, leurs réseaux regroupent un ensemble de l’ordre de 300 000 très petites entreprises affiliées, chiffre qui reste à consolider.
 
Nous souhaitons proposer aux professionnels une démarche de transmission des savoir-faire, mais également une opportunité de développement de leur propre activité.
 
Une mobilisation ciblée des jeunes :
 
La FMJE dispose d’une expérience importante dans la mobilisation des jeunes à travers les associations locales, les caravanes de sensibilisation, les campagnes de proximité et les outils numériques.
 
Dans certains programmes, nous avons reçu jusqu’à dix candidatures pour une place disponible.
 
Pour TAKAMOUL, nous privilégierons cependant une mobilisation progressive, adaptée aux capacités réelles d’accueil et d’accompagnement.
 
Nous souhaitons éviter de susciter des attentes auxquelles nous ne pourrions pas répondre immédiatement.
 
Le profilage des bénéficiaires :
 
Chaque professionnel senior fera l’objet d’une évaluation portant sur son activité, ses compétences, ses capacités d’accueil et ses objectifs économiques.
 
Le jeune sera également accompagné dans l’identification de ses aptitudes, de ses motivations, de ses centres d’intérêt et de ses contraintes pratiques.
 
Nous tiendrons compte notamment de la proximité géographique, des conditions de travail et des perspectives professionnelles.
 
Nous envisageons de développer des outils numériques de profilage et de rapprochement des profils, inspirés notamment de certaines expériences françaises.
 
Ces outils resteront complémentaires aux entretiens individuels et à l’appréciation humaine.
 
Une formation adaptée aux métiers :
 
La FMJE dispose déjà de mallettes pédagogiques et de méthodes d’accompagnement expérimentées.
 
Nous souhaitons les adapter aux spécificités des métiers avec les fédérations professionnelles, les enseignants, les chercheurs, les ingénieurs et les étudiants.
 
Les formations concerneront à la fois le jeune, le professionnel senior et le binôme dans son ensemble.
 
Une première période d’intégration de douze semaines :
 
Le jeune bénéficiera d’une période initiale de stage de douze semaines, à raison de cinq jours par semaine.
 
Une indemnité de 50 dirhams par jour sera prévue, soit 3 000 dirhams par jeune, entièrement financée par TAKAMOUL et versée par l’intermédiaire du professionnel senior, selon des modalités qui devront respecter le cadre légal applicable.
 
Cette période permettra aux deux participants de mieux se connaître et d’identifier les perspectives de collaboration.
 
Plusieurs possibilités de développement :
 
À l’issue de cette première période, différentes formules pourront être envisagées : recrutement salarié, association dans une entreprise existante, création d’une société commune, développement d’une activité complémentaire, création d’une entreprise indépendante ou transmission progressive de l’activité du senior.
 
Aucune formule ne sera imposée.
 
Le choix dépendra des aspirations des deux parties et des perspectives économiques du projet.
 
Un accompagnement de 24 mois :
 
Le suivi commencera dès le premier jour du stage et se poursuivra pendant 24 mois.
 
Il portera sur les compétences, la qualité de la collaboration, les résultats économiques, la formalisation et les possibilités de financement.
 
L’accompagnement sera assuré principalement par les experts permanents de la FMJE.
 
Cette organisation permet de réduire considérablement les coûts par rapport à un recours systématique à des consultants externes.
 
Répartition du budget par binôme.
 
Poste Montant :
 
- Sensibilisation et mobilisation : 1 000 DH.
- Profilage et constitution du binôme : 1 500 DH.
- Formation du jeune NEET : 2 000 DH.
- Formation du professionnel senior : 1 500 DH.
- Formation commune et accompagnement sur 24 mois : 6 000 DH.
- Prime de stage : 3 000 DH.
- Logistique : 2 000 DH.
- Gestion, digitalisation et évaluation : 3 000 DH.

Total : 20 000 DH.
 
Nous avons choisi de ne pas annoncer prématurément un taux de réussite.
 
Les douze premiers mois du programme pilote permettront d’établir les premières références de performance. Le suivi individuel se poursuivra pendant 24 mois afin d’évaluer la pérennité des résultats.

QUESTION 4 : Comment encourager les unités de production informelles à rejoindre l’économie formelle ?

Notre première démarche consistera à faire découvrir aux professionnels les dispositifs d’incitation et d’accompagnement existants, qui demeurent souvent méconnus.

Nous souhaitons changer la perception de la formalisation.

Elle ne doit pas être considérée uniquement comme une obligation administrative ou fiscale, mais comme une opportunité de sécurisation, de développement et de valorisation de l’entreprise.

La sécurisation juridique, comptable et fiscale. 

Nous voulons sensibiliser les professionnels à l’existence des centres de gestion agréés et des structures susceptibles de les accompagner dans l’organisation de leur comptabilité et la compréhension de leurs obligations.

Nous souhaitons également attirer leur attention sur les risques liés à l’exercice d’une activité en nom propre, notamment lorsque certaines dettes professionnelles ou fiscales peuvent engager leur patrimoine personnel.

La création d’une société dotée de la personnalité morale peut, selon la forme juridique retenue et les responsabilités prévues par la loi, permettre une meilleure séparation entre le patrimoine personnel et celui de l’entreprise.

L’accès aux financements :

La structuration juridique et comptable peut faciliter l’accès à certaines possibilités de financement et d’investissement.

Elle peut également ouvrir de nouvelles perspectives pour l’accueil d’associés, l’augmentation du capital et le développement de projets économiques.

La formation continue : 

Nous souhaitons aider les professionnels à identifier les dispositifs susceptibles de contribuer au financement de la formation continue.

La modernisation des métiers exige une amélioration permanente des compétences, aussi bien pour le professionnel senior que pour le jeune.

La constitution d’un patrimoine d’entreprise : 

Une entreprise structurée peut consolider ses actifs, développer sa clientèle, améliorer sa valeur économique et préparer sa transmission.

Nous souhaitons que les professionnels prennent conscience de la valeur de leur expérience, de leurs équipements, de leur savoir-faire et de leur fonds de commerce.

La mutualisation des assurances et des services : 

Nous souhaitons également développer les avantages de la mutualisation des besoins.

En regroupant plusieurs professionnels par métier, fédération ou territoire, il devient possible de rechercher des conditions plus avantageuses auprès des compagnies d’assurance.

Cette démarche pourra concerner les équipements, les machines, les locaux et les risques professionnels.

Elle pourra également faciliter l’accès à des formules collectives de couverture médicale complémentaire, selon les conditions proposées par les assureurs et l’éligibilité des bénéficiaires.

La mutualisation pourra progressivement s’étendre à d’autres prestations, notamment les achats groupés, la maintenance, les services numériques ou l’accompagnement comptable.

La liberté de choix des professionnels : 

TAKAMOUL n’imposera pas une forme juridique ou un modèle économique unique.

Certains professionnels souhaiteront développer leur activité, d’autres moderniser leurs équipements, accueillir des associés, augmenter leur capital, vendre leur entreprise ou préparer sa transmission.

Notre rôle sera de présenter les différentes possibilités, d’en expliquer les avantages et les contraintes, puis de laisser les intéressés décider.

La FMJE comme passerelle vers les organismes d’appui :

Nous souhaitons apprendre aux professionnels à identifier les organismes compétents, à connaître leurs programmes et à les solliciter à bon escient.

Lorsque ces organismes seront présents localement, la FMJE facilitera leur utilisation.

Lorsqu’ils seront absents ou difficilement accessibles, elle pourra assurer directement les fonctions d’accompagnement nécessaires, dans la limite de ses compétences et de ses moyens.

Notre objectif est que la formalisation résulte d’un choix économique éclairé, associé à de véritables perspectives de développement.

QUESTION 5 : Comment comptez-vous financer TAKAMOUL et garantir sa pérennité ?

Le financement de TAKAMOUL reposera sur une stratégie de diversification des ressources.
 
Nous ne souhaitons pas faire dépendre un programme de cette ambition d’une seule source de financement.
 
Nous envisageons de solliciter les collectivités territoriales et les conseils régionaux, les grandes entreprises marocaines, les multinationales implantées au Maroc, les banques, les compagnies d’assurance, les opérateurs de télécommunications, les organisations internationales, les organismes de coopération, les fondations et les mécènes.
 
Ces différents partenaires pourront intervenir en fonction de leurs missions, de leurs moyens et de leurs priorités.
 
Le financement du programme pilote :
 
Le budget prévisionnel du programme pilote de 500 binômes s’élève à 10 millions de dirhams, sur la base d’un coût de 20 000 dirhams par binôme.
 
Ce montant constitue un objectif de mobilisation et non un financement déjà acquis.
 
Il couvre les principales prestations d’accompagnement, mais pas nécessairement les investissements complémentaires destinés au développement des entreprises.
 
Le parrainage des binômes :
 
Nous souhaitons proposer aux partenaires un mécanisme de parrainage leur permettant de financer un nombre déterminé de binômes.
 
À titre d’exemple : Nombre de binômes Contribution.
 
- 1 : 20 000 DH.
- 10 : 200 000 DH.
- 25 : 500 000 DH.
- 50 : 1 000 000 DH.
- 100 : 2 000 000 DH.
 
Les partenaires pourront privilégier un territoire ou une filière professionnelle, sans intervenir dans la sélection individuelle des bénéficiaires.
 
Ils disposeront de rapports leur permettant de suivre l’utilisation des contributions et les résultats obtenus.
 
Les contributions en nature :
 
Les partenaires pourront également apporter des formations, des équipements, des outils numériques, des prestations d’assurance, de la connectivité ou d’autres services.
 
Ces contributions viendront compléter les financements directs.
 
Une mobilisation assurée conjointement :
 
La recherche des financements et la mobilisation des partenaires seront conduites conjointement par la FMJE et le Forum de Tanger pour le Dialogue.
 
Nous souhaitons conserver, dans cette première phase, une organisation simple, sans créer de structure supplémentaire.
 
La pérennité du programme reposera avant tout sur sa capacité à démontrer son efficacité et à produire des résultats mesurables.
 
Nous voulons faire de TAKAMOUL non pas un programme de subvention supplémentaire, mais un investissement collectif dans l’emploi des jeunes et le développement économique des territoires.

QUESTION 6 : Comment sera organisée la gouvernance du programme et quelles garanties de transparence seront mises en place ?

TAKAMOUL repose sur un partenariat entre la Fondation Moubadara pour les Jeunes et l’Entrepreneuriat et le Forum de Tanger pour le Dialogue.

Nous avons choisi une gouvernance simple, fondée sur la complémentarité de nos deux organisations.

La FMJE : mise en œuvre et gestion.

La FMJE assurera la mise en œuvre opérationnelle du programme.

Elle sera chargée de la mobilisation des bénéficiaires, de leur sélection, de la constitution des binômes, des formations et de l’accompagnement pendant 24 mois.

Elle assurera également la gestion administrative, comptable et financière du programme.

Cette responsabilité comprendra la préparation des budgets, le suivi des conventions, la gestion des ressources financières, la comptabilité et la production des rapports administratifs et financiers.

Nous prévoyons une comptabilité analytique propre à TAKAMOUL, permettant de distinguer ses recettes et ses dépenses des autres activités de la Fondation.

Le Forum de Tanger pour le Dialogue : mobilisation et réflexion stratégique :

Le Forum de Tanger pour le Dialogue assurera principalement la mobilisation institutionnelle, universitaire et des partenariats stratégiques.

Il jouera également un rôle central dans la réflexion académique et prospective.

Cette démarche a déjà été engagée à travers un cycle de dix tables rondes thématiques.

Ces travaux prépareront le grand Forum TAKAMOUL du 3 décembre 2026 à Tanger.

Ils devront aboutir à l’élaboration du Livre blanc de Tanger, réunissant les analyses, recommandations et propositions issues de cette réflexion collective.

Ce Livre blanc sera présenté aux partenaires du programme, aux décideurs politiques, aux institutions gouvernementales, aux collectivités territoriales et aux acteurs économiques.

Une stratégie commune :

Les grandes orientations de TAKAMOUL seront définies conjointement par les deux organismes.

La mobilisation des financements sera également conduite en commun.

Nous ne souhaitons pas multiplier les structures administratives pendant la phase pilote.

Transparence et évaluation :

Les partenaires financiers devront pouvoir connaître l’affectation de leurs contributions, les actions réalisées et les résultats obtenus.

Des rapports périodiques d’activité, des états financiers et des indicateurs de performance permettront d’assurer ce suivi.

Notre ambition est de conjuguer l’expérience opérationnelle de la FMJE avec la mobilisation institutionnelle et intellectuelle du Forum de Tanger pour le Dialogue.

QUESTION 7 : Comment TAKAMOUL contribuera-t-il à la création d’emplois durables et à l’amélioration des revenus des professionnels seniors ?

La particularité de TAKAMOUL est de considérer que l’insertion économique du jeune et le développement de l’activité du professionnel senior constituent deux objectifs complémentaires et indissociables.

Nous ne souhaitons pas simplement placer un jeune auprès d’un professionnel pendant quelques semaines.

Notre ambition est de construire une relation économique durable, capable de créer de la valeur pour les deux membres du binôme.

Le senior apporte son expérience, son savoir-faire, ses équipements, sa clientèle et sa connaissance du marché.

Le jeune peut apporter de nouvelles compétences, une meilleure maîtrise des outils numériques, des capacités d’innovation et une volonté de construire son avenir professionnel.

Plusieurs voies vers l’emploi durable :

Le jeune pourra devenir salarié, associé dans une entreprise existante, partenaire dans une nouvelle structure ou entrepreneur indépendant accompagné par le senior.

Dans certains cas, il pourra participer à la transmission progressive de l’entreprise.

Aucune formule ne sera imposée.

Le développement du senior :

Nous considérons que TAKAMOUL ne pourra réussir durablement si le professionnel senior n’en retire pas lui-même des avantages concrets.

Nous souhaitons donc l’accompagner dans la modernisation de ses équipements, l’amélioration de sa gestion, le développement commercial, l’accès au financement et la valorisation de son entreprise.

La mutualisation des assurances, l’accès à la formation continue et les dispositifs d’appui existants pourront également contribuer à améliorer ses conditions d’activité.

Une création de valeur réciproque :

L’emploi durable du jeune dépendra largement de la viabilité économique de l’activité qui l’accueille.

Si l’entreprise du senior améliore sa productivité, son chiffre d’affaires et sa rentabilité, elle disposera de meilleures perspectives pour maintenir l’emploi du jeune et éventuellement créer d’autres emplois.

Nous souhaitons donc mesurer les résultats des deux membres du binôme.

Pour le jeune, nous suivrons l’accès à une activité rémunérée, l’évolution de ses revenus, ses compétences et la stabilité de son insertion.

Pour le senior, nous examinerons l’évolution de l’activité, de la rentabilité, des équipements, de l’organisation et de la valeur économique de l’entreprise.

Le suivi commencera dès le premier jour et se poursuivra pendant 24 mois.

Nous avons volontairement choisi de ne pas annoncer de taux de réussite avant les premiers résultats du programme pilote.

Nous ne voulons pas opposer les générations, mais organiser leur complémentarité pour créer davantage de valeur, d’emplois et d’opportunités économiques durables.

QUESTION 8 : Comment envisagez-vous le déploiement territorial de TAKAMOUL et son passage à l’échelle nationale ?

TAKAMOUL a été conçu dès son origine comme un programme à vocation nationale.

Notre ambition est d’accompagner un million de binômes sur dix ans, entre 2027 et 2036.

Toutefois, nous avons volontairement choisi de commencer par une phase pilote afin de tester la méthodologie, de mesurer les résultats et de construire les conditions d’un déploiement progressif.

Le pilote de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma : 

Le programme pilote sera engagé en janvier 2027 dans la région du Nord.

Il portera sur 500 binômes, soit 1 000 bénéficiaires directs.

Cette phase permettra de tester la mobilisation, la sélection, le profilage, les formations, l’accompagnement et l’évaluation.

Elle permettra également de mieux comprendre les différences entre les grandes villes, les villes intermédiaires et les communes disposant de moyens d’accompagnement plus limités.

Les premières extensions :

Nous envisageons de préparer dès le premier trimestre 2027 les conditions d’une extension vers Fès-Meknès, où la FMJE dispose déjà d’une expérience importante.

Casablanca-Settat pourra également être envisagée parmi les premières régions concernées.

Le rythme de déploiement dépendra des ressources mobilisées, des capacités opérationnelles et des résultats obtenus.

Nous souhaitons développer progressivement les capacités nécessaires pour intervenir dans plusieurs régions, avec une perspective de trois à quatre régions opérationnelles à l’horizon 2029.

Une implantation adaptée aux territoires :

Nous ne souhaitons pas répartir mécaniquement les bénéficiaires.

Les interventions devront tenir compte du nombre de jeunes concernés, du tissu économique local, des métiers présents, des capacités d’accueil des professionnels et de la disponibilité des organismes d’accompagnement.

Nous souhaitons mobiliser les réseaux associatifs, les organisations professionnelles, les collectivités territoriales, les chambres de commerce, les établissements de formation et les universités.

Dans les territoires où ces structures sont insuffisantes, la FMJE pourra renforcer son intervention directe.

Une généralisation fondée sur les résultats :

Les douze premiers mois du programme pilote permettront d’établir une première évaluation.

Le suivi de chaque binôme se poursuivra pendant 24 mois afin d’apprécier la pérennité des emplois et des activités.

Le passage à l’échelle nationale ne devra pas être une simple multiplication quantitative des binômes, mais la reproduction progressive d’un modèle dont l’efficacité aura été éprouvée.

Notre ambition est de contribuer à réduire les disparités territoriales en valorisant les ressources humaines et économiques existantes dans toutes les régions du Royaume.

QUESTION 9 : Quel rôle les universités, les chercheurs et les étudiants peuvent-ils jouer dans TAKAMOUL ?

Nous considérons que l’implication des universités, des écoles d’ingénieurs, des chercheurs et des étudiants constitue l’une des dimensions les plus innovantes de TAKAMOUL.

Notre ambition est de rapprocher davantage le monde universitaire des réalités économiques et sociales des territoires.

Développer la recherche appliquée :

Les organisations professionnelles disposent déjà de nombreuses études et recommandations concernant les difficultés des métiers et des filières économiques.

Notre objectif n’est pas de recommencer systématiquement ces études, mais de transformer leurs recommandations en programmes d’action concrets.

Nous souhaitons associer les enseignants-chercheurs, les ingénieurs et les étudiants à cette démarche.

Les projets de fin d’études, les mémoires et les travaux de recherche pourraient porter sur des problématiques directement proposées par les professionnels.

Il pourra s’agir de modernisation des équipements, d’amélioration des procédés de production, de réduction des coûts, de digitalisation, de commercialisation ou de mise en conformité avec les normes applicables.

Le parrainage universitaire des binômes :

Nous souhaitons également développer un mécanisme de parrainage des binômes par les universitaires.

Un enseignant, un chercheur ou une équipe d’étudiants pourrait accompagner un ou plusieurs binômes dans la résolution de difficultés techniques, commerciales ou organisationnelles.

Cette contribution viendrait compléter l’accompagnement assuré par les experts permanents de la FMJE.

Le senior apporterait son expérience pratique, le jeune participerait à la mise en œuvre des améliorations et l’universitaire contribuerait par ses connaissances scientifiques et techniques.

La mobilisation des étudiants :

Nous souhaitons associer les organisations étudiantes, notamment les Jeunes Leaders Marocains (JLM), à cette démarche.

Les étudiants pourraient ainsi contribuer à des projets ayant une utilité économique et sociale directe.

Ils bénéficieraient, en retour, d’une meilleure connaissance des réalités professionnelles.

Les établissements de formation professionnelle :

En 2025, dans le cadre de l’UGEP, nous avons engagé plusieurs échanges avec la direction et les équipes de la Cité des métiers et des compétences de Casablanca.

Ces rencontres ont réuni des représentants d’une vingtaine de fédérations sectorielles.

Elles ont permis d’identifier des pistes de collaboration visant à rapprocher les formations des réalités des métiers.

Ces pistes n’ont pas encore donné lieu à une mise en œuvre opérationnelle, mais elles constituent une expérience que nous souhaitons prolonger.

Le numérique et l’intelligence artificielle :

Nous envisageons également de développer des outils numériques facilitant la formation, le partage des connaissances et le suivi des binômes.

L’intelligence artificielle pourra contribuer à l’organisation des ressources pédagogiques et à l’identification de solutions adaptées aux besoins des professionnels.

Ces technologies resteront complémentaires à l’accompagnement humain.

Une transmission réciproque des savoirs :

Nous souhaitons dépasser une conception dans laquelle le savoir circule uniquement de l’université vers l’entreprise.

Les professionnels expérimentés possèdent des connaissances précieuses, acquises pendant plusieurs décennies de pratique.

Leur savoir-faire mérite d’être reconnu, documenté et transmis.

TAKAMOUL doit devenir un espace de transmission réciproque des savoirs, où l’expérience professionnelle rencontre les connaissances scientifiques et les compétences des nouvelles générations.

QUESTION 10 : Quels sont les principaux obstacles que pourrait rencontrer TAKAMOUL et quelles conditions devront être réunies pour assurer sa réussite ?

Nous sommes conscients qu’un programme de l’ampleur de TAKAMOUL comporte des difficultés qu’il serait irréaliste de sous-estimer.

Notre expérience nous a appris que la réussite d’un programme dépend moins de la pertinence de son concept que de la qualité de sa mise en œuvre et de la continuité de son accompagnement.

La mobilisation des professionnels :

Le premier défi sera de convaincre les professionnels expérimentés de participer.

Certains pourront hésiter à accueillir un jeune par manque de temps, par crainte de perturber leur activité ou parce qu’ils ne perçoivent pas immédiatement les avantages de cette collaboration.

Nous devrons leur présenter TAKAMOUL comme une opportunité de développement économique, et non comme une obligation supplémentaire.

Les organisations professionnelles joueront un rôle essentiel dans cette mobilisation.

La compatibilité des binômes :

Un rapprochement mal préparé pourrait conduire à des incompréhensions ou à une rupture de collaboration.

Nous accorderons donc une importance particulière au profilage, aux entretiens individuels et à la compatibilité des projets.

Nous prévoirons également la possibilité de réorienter un jeune ou de reconstituer un binôme lorsque cela sera nécessaire.

Le financement :

Le financement représente naturellement un défi majeur.

Le coût prévisionnel de 20 000 dirhams par binôme repose sur une organisation maîtrisée et sur l’expérience de la FMJE.

Toutefois, nous devrons sécuriser les ressources nécessaires pour assurer l’ensemble de l’accompagnement sur 24 mois.

Nous éviterons de lancer davantage de binômes que nous ne pourrons effectivement accompagner jusqu’au terme de leur parcours.

Les disparités territoriales :

Tous les territoires ne disposent pas des mêmes organismes de formation, de financement et d’accompagnement.

Nous chercherons à mobiliser les structures existantes et à développer des solutions complémentaires lorsque celles-ci seront insuffisantes.

Les outils numériques et la formation à distance pourront également contribuer à réduire certaines difficultés d’accès.

Les obstacles à la formalisation :

Certains professionnels peuvent craindre les charges fiscales, les obligations administratives ou les coûts supplémentaires liés à la formalisation.

Notre rôle sera de leur expliquer les avantages et les contraintes des différentes options.

Nous souhaitons que la formalisation soit associée à des perspectives concrètes de développement, plutôt qu’à une simple obligation administrative.

Le risque d’une approche trop quantitative :

Notre ambition nationale d’un million de binômes ne doit pas nous conduire à privilégier le nombre de bénéficiaires au détriment de la qualité.

Nous distinguerons clairement les jeunes sensibilisés, les bénéficiaires formés, les binômes constitués et les emplois ou activités économiques effectivement consolidés.

L’évaluation et l’amélioration continue :

Le suivi commencera dès le premier jour et se poursuivra pendant 24 mois.

Les douze premiers mois du pilote permettront de mesurer les premiers résultats, les coûts réels et les difficultés rencontrées.

Ces enseignements serviront à améliorer les méthodes avant d’engager des extensions plus importantes.

La confiance et l’adhésion volontaire :

Au-delà de ces différents défis, nous considérons que la réussite de TAKAMOUL reposera sur la confiance réciproque entre les deux membres du binôme.

Le jeune doit être motivé par une véritable perspective d’insertion.

Le senior doit percevoir un intérêt économique et humain à transmettre son expérience et à accueillir de nouvelles compétences.

Notre responsabilité sera de créer les conditions de cette rencontre et de leur donner les moyens de construire un projet viable.

TAKAMOUL ne doit pas être considéré comme un simple mécanisme de placement de jeunes, mais comme un programme de transformation économique fondé sur la complémentarité des générations, la valorisation des métiers et le développement des territoires.

TAKAMOUL : une nouvelle approche de l’inclusion économique

À travers TAKAMOUL, la Fondation Moubadara pour les Jeunes et l’Entrepreneuriat et le Forum de Tanger pour le Dialogue souhaitent proposer une démarche originale d’inclusion économique, fondée sur la valorisation de deux ressources humaines complémentaires.

D’un côté, des jeunes qui recherchent des perspectives d’insertion professionnelle et entrepreneuriale.

De l’autre, des professionnels expérimentés qui disposent de compétences, de savoir-faire et d’activités économiques susceptibles d’être modernisées, développées ou transmises.

Notre ambition est de transformer cette complémentarité en un véritable levier de développement territorial.

Le programme repose sur une méthodologie structurée, un accompagnement de 24 mois, une mobilisation des réseaux professionnels et universitaires, une stratégie de financement diversifiée et une évaluation progressive des résultats.

Nous avons choisi de commencer par un programme pilote de 500 binômes en 2027 dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.

Cette première expérience permettra de mesurer les résultats, d’améliorer les méthodes et de préparer progressivement le déploiement national.

Notre conviction est que le Maroc dispose déjà, dans ses territoires, d’un potentiel humain, professionnel et entrepreneurial considérable.

L’enjeu n’est pas seulement de créer de nouvelles opportunités économiques, mais également de mieux organiser, accompagner et valoriser celles qui existent.

TAKAMOUL entend ainsi contribuer à construire des passerelles durables entre les générations, les métiers, les entreprises, les universités et les institutions, au service de l’emploi des jeunes et du développement économique du Maroc.





Mercredi 14 Octobre 2026

Scroll Deep Think | Breaking news | Info en affiche | Communiqué de presse | Gaming | Eco Business | Digital & Tech | Santé & Bien être | Lifestyle | Culture & Musique & Loisir | Sport Maroc | Auto-moto | Room | Podcasts R212 | Les dernières émissions de L'ODJ TV | Last Conférences & Reportages | Bookcase | LODJ Média


Bannière Lodj DJ






LODJ24 TV
آخر الأخبار
جاري تحميل الأخبار...
BREAKING NEWS
📰 Chargement des actualités...

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html








Vos contributions
LODJ Vidéo