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Un casse-tête nommé RNI




Par Aziz Boucetta

un_casse_tete_nomme_rnibreak1627389141.mp3 A lire ou à écouter en podcast :  (1.23 Mo)

A chaque élection, ses surprises, bonnes ou mauvaises, généralement mauvaises… En 2011, le PJD rafle la mise… en 2016, le PAM rôde et se pose en sérieux challenger du PJD, avant de mordre la poussière et en 2021, voilà le RNI qui se prend à « y » croire, et à déployer tous les moyens pour « y » arriver. « Y », c’est le gouvernement, en pole position. Légalement certes, mais cela pose un très sérieux problème d’éthique et de légitimité. « Nous méritons mieux », pour reprendre le slogan électoral bleu.
 

En 2016, l’actuellement moribond PAM avait le vent (entre autres) en poupe. Il n’était certes pas plus attirant qu’aujourd’hui, mais cette année-là, il proposait une alternative au projet très « libéro-conservateur » du PJD. C’était le choc des titans, version locale, entre deux les bêtes politiques qu’étaient Abdelilah Benkirane et Ilyas el Omary. Les idées – il y en avait – s’opposaient aux idées, l’argent faisait face à l’argent et les manipulations de tous types des uns n’avaient d’égales et de limites que celles des autres. Globalement, les forces s’équilibraient et le moins mauvais l’emporta. : entre les « libéro-conservateurs » et les « libéro-manipulateurs », ce furent les premiers qui gagnèrent.
 

Aujourd’hui, il en va différemment, ce qui est très dangereux pour notre très perfectible et encore plus fragile démocratie. Cette élection du 8 septembre ne se jouera pas à l’idéologie, ou même au légitime antagonisme politique, mais à l’argent, et c’est celui qui en a le plus qui détient le plus de chances de l’emporter. Plus ou moins légalement, plus ou moins légitimement, mais l’emporter ! La logique marchande semble avoir chassé la pratique politique.
 

Dans le monde d’aujourd’hui, une élection, c’est de l’argent, car il faut mobiliser des électeurs de plus en plus abstentionnistes… il est donc nécessaire d’agir sur les réseaux, qui ne s’activent qu’avec de l’argent ; il est impératif de disposer d’une logistique considérable pour fluidifier les mécanismes partisans… Une élection, c’est donc de l’argent, mais dans d’acceptables dimensions, car trop d’argent et trop de déséquilibres financiers entre partis politiques et voilà que cette élection devient une manipulation, une caricature, une forfaiture. Un danger.
 

Et dans la bataille électorale qui a déjà commencé, le RNI déploie de l’argent, beaucoup d’argent et des promesses que seuls osent ceux qui les font et seuls y croient ou veulent y croire ceux qui les reçoivent. Le parti d’Aziz Akhannouch (ce n’est pas une faute de français car jamais ce parti n’a autant « appartenu » à une seule personne) se déploie dans tous les sens, en multipliant les moyens dans la plus pure logique capitaliste d’expansion. L’offre et la demande politiques sont soignées…
 

Du côté de la demande, on avait jeté la Fondation Joud dans l’arène, distribuant paniers et vivres, sermons et promesses, même s’il y a eu démentis. Pour l’offre, la liste des candidats bleus vient de sortir, et… elle fait peur ! Des promoteurs immobiliers, des entrepreneurs, des responsables (ou anciens responsables) de football, des clans familiaux, la plupart nouveaux « membres » dans le parti ; seuls quelques noms de RNIstes connus et reconnus, à l’instar de Rachid Talbi Alami, apparaissent… Comment toutes ces personnes, dont l’éthique de certains pourrait être judiciairement questionnée, peuvent-elles donc se retrouver autour d’une seule idéologie politique, au demeurant très difficile à définir, voire à trouver ? Quel est le point de convergence entre les uns et les autres, et quelle personne sensée pourrait-elle croire à une quelconque convergence ? S’est-on vraiment, réellement et profondément intéressé à l’éthique, au passé et au futur de tous ces gens et de chacun d'eux ? Quel est l’intérêt politique réel de tous ces candidats dont on n’a jamais, ou alors très rarement, entendu aucun tousser une position politique ou même balbutier une déclaration idéologique ?
 

L’argent est un aimant et un facilitateur des relations entre personnes, mais en politique, il est une calamité. Dans un royaume qui tangue entre celui d’avant et celui d’aujourd’hui, pour reprendre le mot de Nasser Bourita, il faut une force politique qui prenne la mesure des défis multiples qui nous attendent : Sortie de la crise sanitaire, relance économique, stabilisation sociale, rétablissement de la confiance des populations, lancement des immenses chantiers de couverture médicale, bascule géopolitique, évolution des alliances…
 

Au vu de la liste des candidats RNI, il est légitime, voire salutaire, de s’interroger sur les véritables desseins d’un parti qui dispose de si peu de penseurs, de chercheurs, d’idéologues et d’académiciens, et qui aligne tant d’entrepreneurs et de promoteurs, certainement compétents dans leurs métiers, mais sans pour autant que cela en fasse de bons politiques. Cela évoque les cas Trump et, plus anciennement, de Berlusconi qui ont montré (avec la confirmation de leurs successeurs dans d’autres pays) que si l’argent ne fait pas forcément le bonheur, en politique, il peut assurément engendrer des malheurs. En cas de victoire du RNI, il faudra y trouver un chef du gouvernement accepté par les populations, qui devront déjà vivre cinq années durant avec un parti d’hommes d’affaires aux (carnets de) commandes…
 

L’argent est nécessaire pour gagner, mais quand il devient une nécessité, un problème se pose. أَلَيْسَ مِنكُم رَجُلٌ رَّشِيدٌ ؟
 

Rédigé par Aziz Boucetta sur https://panorapost.com




Mardi 27 Juillet 2021


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