Le Venezuela, riche pourtant du plus grand gisement pétrolier prouvé au monde, a connu une dégradation rapide de ses institutions démocratiques depuis les débuts de la révolution bolivarienne.
Depuis 2014, la crise s'est transformée en véritable catastrophe humanitaire : pénuries de médicaments, panne des services publics et insécurité endémique.
La dimension humaine de cette crise est tout aussi dramatique : près de huit millions de Vénézuéliens ont quitté le pays au cours de la dernière décennie, fuyant la faim, la répression et l'absence de perspectives.
A l'intérieur, les opposants politiques ont été marginalisés, l'indépendance judiciaire sapée et les libertés fondamentales réduites, au point que de nombreuses organisations internationales parlent de régime autoritaire ou de dictature hybride.
Le pouvoir chaviste est mué en oligarchie corrompue, capturant la rente pétrolière au profit d'une élite politico-militaire et de réseaux criminels. Un modèle loin d’être unique.
L'administration Trump, revenu au pouvoir avec un discours intransigeant contre les régimes qualifiés de « socialistes » ou de « narco-États », a progressivement renforcé sa stratégie à l'égard de Caracas.
Pendant plusieurs années, Washington a multiplié les pressions : sanctions économiques lourdes visant la compagnie pétrolière nationale, restrictions financières, blocage naval et désignation du cercle de Maduro comme organisation criminelle transnationale.
Officiellement, ces mesures visaient à asphyxier les ressources du régime, en particulier les revenus pétroliers et les flux issus du narcotrafic.
En janvier 2026, cette stratégie de pression maximale atteint son paroxysme avec une opération militaire d'ampleur exceptionnelle. Des frappes ciblées et une opération spéciale coordonnée par le United States Southern Command aboutissent à la capture de Maduro dans son lit, puis à son transfert hors du territoire vénézuélien.
Le président Trump lui même annonce publiquement que Maduro et son épouse ont été arrêtés et seront jugés aux USA pour narcotrafic, corruption et participation à un prétendu cartel désigné comme organisation terroriste.
Dans la foulée, Trump promet que les États-Unis garantiront une transition politique « sûre et ordonnée » pour le Venezuela, allant jusqu'à évoquer la possibilité de « gérer » le pays jusqu'à l'organisation d'élections jugées crédibles.
Cette intervention militaire a immédiatement suscité une cascade de réactions contrastées, révélant une polarisation profonde au niveau interne comme au niveau international.
Un parti de l'opposition vénézuélienne, exilée ou mémorable sur place, présente la capture de Maduro comme l'occasion historique de reconstruire des institutions démocratiques et de relancer une économie exsangue.
Pour ses détracteurs, au contraire, l'intervention américaine constitue une violation flagrante de la souveraineté vénézuélienne et du droit international, en particulier du principe de non-recours à la force inscrit dans la Charte des Nations Unies.
Certains gouvernements d'Amérique latine et d'Europe, ainsi que des portes-parole des Nations unies, ont décrété une opération unilatérale américaine et mis en garde contre un dangereux précédent légitimant des actions similaires ailleurs dans le monde.
Même au sein de l'opposition vénézuélienne, certains acteurs redoutent que la fin d'un autoritarisme interne n'ouvre la voie à une forme de tutelle externe durable, redoublant la polarisation entre pro et anti-intervention.
Au-delà de la justification morale ou juridique, la dimension géopolitique et énergétique est centrale pour comprendre l'initiative.
Le Venezuela dispose de réserves pétrolières considérables mais de mauvaise qualité que les acteurs comme la Chine et la Russie ont cherché à sécuriser via des accords de long terme, des prêts massifs et des prises de participation.
Cette présence accumulée de puissances rivales aux portes des États-Unis s'inscrit en faux contre la vieille doctrine Monroe et alimentaire, côté américain, la perception d'un défi stratégique dans ce que Washington considère comme son « arrière-cour ».
Dans cette perspective, l'intervention ne peut être lue uniquement à travers le prisme des droits humains ou de la solidarité avec le peuple vénézuélien.
Cette ambivalence, entre discours de libération démocratique et intérêts stratégiques, nourrit la méfiance, notamment dans le Sud global.
Quelle que soit l'opinion que l'on puisse avoir sur l'intervention américaine, un point reste central : aucune transition politique durable ne peut réussir sans l'adhésion et la participation active du peuple vénézuélien en entier.
La fin de l'ère Maduro ouvre une fenêtre d'opportunité pour reconstruire des institutions démocratiques, restaurer l'État de droit, garantir la liberté d'expression et relancer l'économie, mais cette fenêtre peut se référer rapidement si la transition se fait sous la seule houlette d'acteurs externes.
Les exemples récents de l'Irak, de la Libye et de la Syrie le confirment.
Elle dépendra d'un processus politique inclusif, capable de réunir une société profondément fracturée, de prévenir les règlements de comptes et d'éviter l'émergence d'un nouveau système de dépendance, qu'il soit économique, sécuritaire ou diplomatique.
C'est aux Vénézuéliens qu'il revient de définir, dans la durée, les contours de leur avenir, si possible avec un accompagnement international fondé sur le droit, la coopération et le respect de leur souveraineté. La position de l'armée est de militaires est aussi à scruter.
PAR AZIZ DAOUDA/BLUWR.COM












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