L’intelligence artificielle possède une facture cachée. Et elle pourrait bientôt apparaître sur l’étiquette de votre prochain ordinateur.
La mémoire DRAM est utilisée partout : PC, smartphones, consoles, serveurs.
Mais les data centers consacrés à l’intelligence artificielle ont désormais un appétit gigantesque pour des mémoires beaucoup plus performantes, notamment les HBM associées aux accélérateurs IA.
Pour les fabricants de semi-conducteurs, le calcul est simple.
Pourquoi consacrer autant de capacités à une mémoire classique lorsque l’industrie de l’IA est prête à payer beaucoup plus cher pour des composants haut de gamme ?
Résultat : l’offre disponible pour l’électronique grand public se resserre.
Le phénomène a déjà reçu un surnom : « RAMageddon ».
La mémoire coûte beaucoup plus cher
Selon le Financial Times, les prix de certaines mémoires DRAM ont été multipliés par cinq sur un an, poussant déjà plusieurs grands fabricants d’électronique à relever leurs tarifs ou à revoir leurs produits.
IDC avait prévenu dès le début de l’année que la pénurie mondiale de mémoire pourrait peser fortement sur les marchés du smartphone et du PC jusqu’en 2027.
Pour un smartphone milieu de gamme, la mémoire représente une partie suffisamment importante du coût des composants pour qu’une hausse brutale devienne difficile à absorber.
Et le consommateur marocain ?
Le Maroc fabrique certaines composantes électroniques, mais importe l’essentiel de ses smartphones, ordinateurs et consoles.
Une augmentation mondiale des prix finit donc tôt ou tard par arriver chez nous.
Avec éventuellement un effet encore plus visible sur les appareils d’entrée et de milieu de gamme, où les fabricants disposent de moins de marge pour absorber les surcoûts.
Un constructeur peut alors augmenter son prix. Ou conserver son prix mais proposer moins de RAM ou de stockage.
Dans les deux cas, le consommateur paie.
Le paradoxe de l’IA
Voilà peut-être l’aspect le plus intéressant.
Un étudiant marocain qui n’utilise aucun outil d’IA payant pourrait voir son ordinateur devenir plus cher parce que Microsoft, Google, Meta ou d’autres construisent des data centers gigantesques.
L’IA ne concurrence donc plus seulement certains métiers.
Elle commence à concurrencer les consommateurs pour l’accès aux mêmes capacités industrielles.
Pendant vingt ans, l’électronique nous avait habitués à une règle simple : davantage de puissance pour moins cher.
Le supercycle de l’IA pourrait temporairement inverser cette logique.
Après avoir demandé combien coûte ChatGPT, nous allons peut-être devoir poser une autre question : combien l’IA ajoute-t-elle désormais au prix de tout le reste ?












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