52 000 entreprises à terre : le signal d’alarme ignoré du bâtiment marocain
Le secteur du BTP, souvent perçu comme un baromètre de l’activité économique, traverse aujourd’hui une crise silencieuse mais profonde. Il emploie plus de quatre-vingt-trois pour cent de la main-d’œuvre nationale et représente près de quatre-vingt-dix-huit pour cent du tissu des entreprises de construction. Autrement dit, lorsque le BTP souffre, c’est l’économie populaire qui encaisse le choc, bien avant les grands groupes ou les donneurs d’ordre institutionnels.
Contrairement à une lecture superficielle, la vague de faillites observée en 2025 ne peut être réduite à un simple ralentissement cyclique. Certes, l’héritage de la pandémie, la sécheresse persistante et les tensions inflationnistes ont fragilisé les trésoreries. Mais l’infographie met en lumière des causes structurelles anciennes, devenues aujourd’hui explosives.
La première est l’asphyxie financière. L’accès au crédit bancaire demeure extrêmement difficile pour les PME du secteur. Les banques, devenues plus prudentes, refusent souvent la restructuration des dettes ou la reprogrammation des crédits, y compris dans le cadre de dispositifs publics comme « Intelaka ». Résultat : des entreprises techniquement viables sont poussées vers la liquidation faute d’oxygène financier.
À cela s’ajoute le poids croissant de la fiscalité et des charges sociales. La hausse progressive de la pression fiscale, combinée à l’augmentation des cotisations sociales, réduit drastiquement les marges déjà faibles des petites entreprises. Dans un secteur où les délais de paiement sont longs et souvent imprévisibles, cette rigidité fiscale agit comme un accélérateur de faillite.
Contrairement à une lecture superficielle, la vague de faillites observée en 2025 ne peut être réduite à un simple ralentissement cyclique. Certes, l’héritage de la pandémie, la sécheresse persistante et les tensions inflationnistes ont fragilisé les trésoreries. Mais l’infographie met en lumière des causes structurelles anciennes, devenues aujourd’hui explosives.
La première est l’asphyxie financière. L’accès au crédit bancaire demeure extrêmement difficile pour les PME du secteur. Les banques, devenues plus prudentes, refusent souvent la restructuration des dettes ou la reprogrammation des crédits, y compris dans le cadre de dispositifs publics comme « Intelaka ». Résultat : des entreprises techniquement viables sont poussées vers la liquidation faute d’oxygène financier.
À cela s’ajoute le poids croissant de la fiscalité et des charges sociales. La hausse progressive de la pression fiscale, combinée à l’augmentation des cotisations sociales, réduit drastiquement les marges déjà faibles des petites entreprises. Dans un secteur où les délais de paiement sont longs et souvent imprévisibles, cette rigidité fiscale agit comme un accélérateur de faillite.
Le maillon faible de la commande publique :
Autre facteur clé : les retards de paiement, notamment de la part des grandes entreprises et des donneurs d’ordre publics ou parapublics. Pour une PME, un retard de plusieurs mois peut suffire à déséquilibrer toute la chaîne de trésorerie. Le paradoxe est cruel : des entreprises travaillent sur des chantiers publics, contribuent à l’effort national d’infrastructure, mais sombrent faute d’être payées à temps.
Plus grave encore, les petites entreprises sont de plus en plus exclues des nouveaux investissements. Les grands projets privilégient des opérateurs capables d’absorber les risques financiers, laissant les TPE cantonnées à des marchés sous-traités, peu rentables et fortement exposés aux aléas.
L’infographie pointe également un déficit de coordination administrative. Les relations avec l’administration fiscale, la CNSS ou les collectivités locales restent marquées par une logique de contrôle plutôt que d’accompagnement. Dans un contexte de crise, cette rigidité transforme la régulation en facteur de fragilisation.
Plus inquiétant encore, l’absence d’une politique contracyclique claire pour le secteur. Alors que d’autres économies activent des mécanismes de soutien ciblés en période de ralentissement, les PME marocaines du BTP se retrouvent souvent seules face à des chocs successifs.
La multiplication des faillites ne se limite pas à une problématique entrepreneuriale. Elle constitue un risque social majeur. Chaque entreprise qui ferme, ce sont des emplois perdus, des familles fragilisées, une économie locale qui se contracte. À terme, la spirale peut nourrir le chômage, l’informalité et la défiance vis-à-vis des institutions.
Sur le plan macroéconomique, l’affaiblissement du BTP menace l’investissement global, la dynamique de croissance et même la capacité du pays à mener ses grands chantiers structurants. Une économie ne se développe pas durablement en sacrifiant ses PME.
Repenser l’urgence économique, la situation actuelle appelle moins des discours que des décisions rapides et cohérentes :
À défaut, l’année 2026, déjà annoncée comme plus difficile, pourrait transformer cette crise sectorielle en fracture économique durable.
Plus grave encore, les petites entreprises sont de plus en plus exclues des nouveaux investissements. Les grands projets privilégient des opérateurs capables d’absorber les risques financiers, laissant les TPE cantonnées à des marchés sous-traités, peu rentables et fortement exposés aux aléas.
L’infographie pointe également un déficit de coordination administrative. Les relations avec l’administration fiscale, la CNSS ou les collectivités locales restent marquées par une logique de contrôle plutôt que d’accompagnement. Dans un contexte de crise, cette rigidité transforme la régulation en facteur de fragilisation.
Plus inquiétant encore, l’absence d’une politique contracyclique claire pour le secteur. Alors que d’autres économies activent des mécanismes de soutien ciblés en période de ralentissement, les PME marocaines du BTP se retrouvent souvent seules face à des chocs successifs.
La multiplication des faillites ne se limite pas à une problématique entrepreneuriale. Elle constitue un risque social majeur. Chaque entreprise qui ferme, ce sont des emplois perdus, des familles fragilisées, une économie locale qui se contracte. À terme, la spirale peut nourrir le chômage, l’informalité et la défiance vis-à-vis des institutions.
Sur le plan macroéconomique, l’affaiblissement du BTP menace l’investissement global, la dynamique de croissance et même la capacité du pays à mener ses grands chantiers structurants. Une économie ne se développe pas durablement en sacrifiant ses PME.
Repenser l’urgence économique, la situation actuelle appelle moins des discours que des décisions rapides et cohérentes :
- des mécanismes réels de restructuration des dettes,
- une discipline stricte des délais de paiement,
- une fiscalité plus contracyclique,
- et surtout, une reconnaissance politique claire que les PME ne sont pas un problème à gérer, mais une richesse à protéger.












L'accueil




















