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​Mon Boss lâche, bon lâche !




C’est lourd, tu sais,
d’avoir un Boss qui n’est pas seulement un Boss,
mais un parrain de vie,
un vieux radar de la politique, géopolitique et économie..
un flair de journaliste,
une mémoire de couloir,
une présence qui corrige sans prévenir
et qui protège sans trop le dire.

C’est lourd d’apprendre de lui tous les jours,
dans ses silences, ses colères, ses phrases coupées,
ses intuitions qui arrivent avant les dépêches,
ses “attention, là, il y a quelque chose”
qui valent parfois plus qu’un rapport de cent pages.

Et puis, d’un seul coup,
force majeure.
Le Boss disparaît.
Pas vraiment absent, non.
Pire : présent partout,
mais introuvable.

C’est dur d’avoir eu un Boss sans complexe,
un Boss qu’on pouvait critiquer,
clasher, provoquer, contredire,
un Boss devant qui l’ironie avait droit de cité,
un Boss qui encaissait les flèches
et renvoyait parfois des missiles,
mais toujours avec ce pacte tacite :
ici, on pense librement,
même quand on se trompe bruyamment.

Et voilà qu’un matin,
on se retrouve face aux murs.
Les murs ne répondent pas.
Les murs ne râlent pas.
Les murs ne fument pas la pipe.

Ah, cette odeur de pipe…
Elle avait fini par devenir une horloge.
Avant même d’ouvrir la porte,
en quittant l’ascenseur,
on savait : il est là.
Le Boss est dans la place.
Son parfum de tabac disait la présence,
la vigilance, la mauvaise humeur possible,
la réunion probable,
le commentaire assassin,
et parfois la tendresse cachée derrière la fumée.

C’est dur aussi, très dur,
de découvrir l’autre face du royaume :
les tâches quotidiennes,
les validations administratives,
les congés à signer,
les arrêts maladie à comprendre,
les retards stupides à avaler,
les petits désordres des grands flemmards,
les urgences bidon,
les excuses mal repassées,
les disciplines molles
qu’il gérait comme un vieux capitaine
qui connaît trop bien son équipage.

Et moi, pauvre intérimaire du trône provisoire,
me voilà coincé entre paperasse administrative et validations
pendant que mon cerveau rêve d’IA agentique,
de Claude, de Codex, d’OpenClaw,
de machines qui pensent vite,
pendant que les humains arrivent encore en retard.

Dur, dur, oui,
de s’habituer à ses paniques soudaines
devant les outils IA,
les réseaux sociaux,
les nouveaux tableaux de bord,
les interfaces qui changent sans demander pardon.

Il craignait parfois d’être dépassé.
Mais quelle comédie !
À peine la peur installée,
il lançait sa contre-attaque césarienne,
chirurgicale pour sa santé,
mais redoutablement efficace pour rattraper le retard.
Le Boss ne suivait pas toujours la vague.
Il la grondait d’abord,
puis il montait dessus.

Et maintenant ?
Il faut recevoir des ministres,
des experts,
des professeurs,
des stratèges,
des personnalités qui parlent haut,
qui savent beaucoup,
qui citent l’économie, la géopolitique,
les rapports de force et les équilibres du monde.

Et moi, je souris.
Je fais semblant.
Je tiens la boutique.
Mais je reste l’apprenti
du grand parrain absent,
celui qui savait lire une phrase politique
comme on lit une cicatrice.

C’est triste, aussi,
d’apprendre qu’il n’a pas pu aller jusqu’au bout de son Hajj.
Triste, oui.
Mais au fond,
quelque chose en moi refuse de croire
qu’un chemin de foi se mesure seulement
au nombre de pas accomplis.
Quand l’intention est droite,
quand le cœur est bon,
quand la bonté précède les gestes,
Dieu sait compter autrement que nous.

Alors oui, Boss,
tu as peut-être été arrêté par la force majeure,
mais pas par le sens.
Ce que tu portais était déjà en route.
Et ce qui est sincère
arrive parfois avant le corps.

Reviens, lâche.
Bon, lâche.

Reviens avec ta pipe,
tes colères utiles,
tes leçons déguisées,
tes peurs d’être dépassé
et tes victoires de dernière minute.

Reviens reprendre tes congés à valider,
tes retards à sermonner,
tes flemmards à recadrer,
tes ministres à jauger,
tes apprentis à bousculer.

Reviens,
parce qu’un Boss comme toi
ne se remplace pas par intérim.

On peut tenir la chaise.
On peut signer deux papiers.
On peut faire semblant devant les grands.
Mais on ne remplace pas une présence
qui sentait la pipe,
la politique,
l’expérience,
et cette forme rare d’autorité
qui autorise les autres à devenir meilleurs.

Mon Boss lâche, bon lâche,
tu nous as laissé le bureau,
les dossiers,
les urgences,
et les murs

Mais tu as oublié une chose :
nous, sans toi,
on apprend encore.
Seulement voilà,
c’est beaucoup plus lourd.

Découvrir ce poème en chanson générée par l'IA :

mon_boss_lache.mp3 Mon Boss lâche.mp3  (10.6 Mo)




Mercredi 3 Juin 2026

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