Le chiffre est loin d’être anodin. À lui seul, il donne la mesure de l’effort engagé. Selon le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, 1,15 million d’éleveurs ont déjà profité de la première tranche du programme national de reconstitution du cheptel. À ce stade, près de 5,5 milliards de dirhams ont été mobilisés, sur une enveloppe globale de 12,8 milliards prévue sur deux ans, entre 2025 et 2026.
Derrière cette mobilisation financière, il y a une urgence bien réelle. Le secteur de l’élevage traverse une période délicate, marquée par la pression des coûts et les effets persistants des aléas climatiques. Dans ce contexte, l’État a choisi d’intervenir directement, en activant un mécanisme de soutien ciblé, pensé pour répondre aux besoins immédiats des éleveurs.
Concrètement, les fonds engagés servent en priorité à l’acquisition d’aliments pour bétail, un poste de dépense devenu critique ces dernières années. Une partie du soutien prend également la forme d’avances destinées à préserver les femelles ovines et caprines dédiées à la reproduction. Un choix stratégique : sans renouvellement du cheptel, toute relance resterait illusoire.
Le programme s’inscrit dans le cadre des orientations royales visant à renforcer la résilience du monde rural et à sécuriser les équilibres agricoles du pays. Il traduit aussi une volonté de maintenir l’activité dans des territoires où l’élevage reste souvent un pilier économique et social.
Depuis le 24 mars, une nouvelle phase a été enclenchée avec le lancement d’une opération de contrôle portant sur la conservation des femelles reproductrices. Cette étape, technique en apparence, est déterminante. Elle conditionne le versement de la deuxième tranche du soutien, attendu dans les prochains jours via les mêmes circuits de paiement.
Sur le terrain, les autorités assurent un suivi rapproché. Le ministère de l’Agriculture a mobilisé ses services pour recueillir les réclamations des éleveurs. Celles-ci sont examinées quotidiennement par des commissions locales présidées par les gouverneurs, afin d’ajuster le dispositif si nécessaire.
Reste que l’adhésion massive des bénéficiaires envoie un signal fort. Elle témoigne d’un besoin réel, mais aussi d’une certaine confiance dans ce programme exceptionnel. Pour beaucoup d’éleveurs, il ne s’agit pas seulement d’un soutien ponctuel, mais d’une bouffée d’oxygène dans un contexte incertain.
À mi-parcours, la reconstitution du cheptel avance donc à un rythme soutenu. Mais la réussite du programme se jouera sur la durée, dans sa capacité à transformer ce soutien d’urgence en véritable levier de relance pour l’élevage marocain.












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