Le dernier tableau de bord « Crédits-Dépôts bancaires » de Bank Al-Maghrib décline un constat clair : à fin juillet 2025, l’encours du financement participatif pour l’habitat a atteint 27,4 milliards de dirhams (MMDH), en hausse de 17,8 % sur un an par rapport à juillet 2024. Cette progression s’inscrit dans une trajectoire ascendante entamée les années précédentes, où les montants n’avaient cessé de croître d’année en année.
Ce bond significatif ne se limite pas à un effet ponctuel du marché : déjà en avril et juin 2025, les statistiques trimestrielles publiées par la banque centrale montraient une montée régulière du financement participatif, avec des encours qui avaient franchi respectivement 26,2 MMDH et 27 MMDH.
Cette montée en puissance trouve un écho direct dans le quotidien des ménages. Pour un jeune couple aspirant à son premier logement ou une famille cherchant à consolider son patrimoine, ces solutions alternatives conformes aux principes de la finance islamique offrent une réponse qui dépasse parfois les contraintes stricte des crédits bancaires classiques. Je me rappelle, en parlant avec un courtier à Casablanca, combien certains emprunteurs se sentent plus à l’aise avec des produits participatifs, perçus comme plus éthiques et mieux adaptés à leurs attentes.
Entre curiosité et pragmatisme, le financement participatif séduit :
- Il permet de contourner les mécanismes traditionnels de crédit à intérêt, jugés parfois trop lourds ou inaccessibles pour les classes moyennes.
- Il répond à une demande sociétale pour des produits financiers en phase avec les valeurs individuelles et culturelles d’une partie importante de la population marocaine.
Parallèlement, l’ensemble des crédits accordés aux ménages dans leur globalité continue de progresser. À fin juillet, les prêts familiaux (logement et consommation) ont augmenté de près de 3 %, traduisant un maintien de la demande malgré un environnement économique encore marqué par des incertitudes.
Cependant, cette embellie ne doit pas occulter certaines fragilités. Le marché immobilier traditionnel, sur lequel ces mécanismes s’appuient, reste sensible aux fluctuations des taux d’intérêt et à la conjoncture économique globale un facteur qui pourrait peser sur la demande dans les prochains trimestres.
Dans un Maroc en pleine mutation économique, où les aspirations à l’accession à la propriété se heurtent parfois à des obstacles structurels, le financement participatif immobilier et plus particulièrement la Mourabaha immobilière apparaît comme une réponse innovante et résiliente. Son évolution vigoureuse jusqu’à mi-2025 invite à poursuivre une réflexion plus large sur la manière dont la finance peut être à la fois performante, inclusive et en phase avec les valeurs de la société marocaine.












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