Un malaise profond chez les soignants
Du côté des syndicats, la réaction est immédiate. Pour Fatima-Zahra Belline, responsable syndicale à Rabat-Salé-Kénitra, investir dans la communication alors que les hôpitaux souffrent de pénuries et de tensions sociales relève d’une fuite en avant. Elle estime que vouloir vendre une image positive sans traiter les problèmes de fond revient à cacher les dysfonctionnements du système.
Selon elle, un hôpital ne se résume ni à ses murs ni à ses équipements. Il repose avant tout sur les femmes et les hommes qui y travaillent, leurs conditions professionnelles, leur formation et le respect de la dignité des patients. Or, ces piliers restent fragiles, notamment dans les zones rurales et montagneuses, où l’isolement et le manque de moyens compliquent le quotidien.
“Cosmétique extérieure” ou vraie réforme ?
Même son de cloche à Essaouira. Ayoub Chkobi, vice-secrétaire provincial du Syndicat indépendant des infirmiers et techniciens de santé, parle d’une logique de cosmétique extérieure. Pour lui, l’image actuelle des hôpitaux publics reflète une réalité vécue par les citoyens, pas un problème de storytelling. Dépenser des millions pour embellir cette image risque, selon lui, de créer un décalage encore plus grand entre discours officiel et vécu réel.
Alors que la tension sociale reste élevée dans le secteur de la santé, cette polémique pose une question simple : la réforme passera-t-elle par la communication ou par l’investissement humain et structurel ? Les prochains arbitrages budgétaires et les réponses du ministère seront scrutés de près. Parce qu’au final, comme on dit souvent, le patient voit tout.












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