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35.000 morts en 10 ans, le code de la route en déroute !


On n’en parle pas assez, ou plutôt serait-il plus juste de dire qu’on n’en parle plus comme avant… la conduite des Marocains est l’une des pires catastrophes que connaît ce pays, une catastrophe qui se déroule à bas bruit.



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Par Aziz Boucetta

Douze ans après la promulgation du nouveau code de la route, les gens conduisent toujours à tombeau ouvert et l’hécatombe se poursuit. Il est légitime de se demander quand le gouvernement prendra-t-il, vraiment, les mesures qui s’imposent. Si, bien évidemment, il en a conscience et si, bien entendu, il en a le temps, car nous sommes en été, la saison des chauffards et des meurtres par inattention !

Les chiffres, d’abord. Malgré le droit, la loi et la foi, les accidents de la circulation dans le plus beau pays du monde ont fait une moyenne de 3.700 tués par an depuis 2012 (source, NARSA), et même l’année 2020, celle du confinement et des restrictions à la mobilité, a enregistré, quand même, 3.005 tués. Ajoutés aux décès, et toujours en 2021, 10.743 blessés graves, c’est-à-dire des gens avec un handicap lourd ou permanent.

Sur le plan financier, et selon le directeur de l’agence Narsa, les accidents coûtent environ 2,5% du PIB, chiffre a minima car ne prenant pas en considération tous les paramètres, comme par exemple le coût de formation d’un médecin ou d’une ingénieure fauchés dans la fleur de l’âge.

En 10 ans, donc, des dizaines de milliers de morts, des dizaines de milliers de nouveaux handicapés et des dizaines de milliards de dollars. Voilà ce qu’il en coûte, chaque année, au Maroc de ne pas plus, plus durement, plus sévèrement, plus radicalement sévir contre ces chauffards qui jouent sur les routes et se jouent des règlements.

Lui, il roule sur l’autoroute, il est sans doute pressé pour raisons le concernant, il slalome entre les véhicules en sirotant un café froid, fonce dans la bande d’arrêt d’urgence, sans considération pour sa vie et celle des autres…

Elle, elle est au volant de sa voiture, engagée dans la circulation ; au feu rouge, hop un coup de crayon sur les paupières, un petit fard à joue, une grande bouchée de son pain au chocolat, avant de démarrer en trombe quand le feu passe au vert, et parfois même quand il est encore rouge… Eux, ils sont ados, ils ont à peine passé leur permis, ils ont pris la voiture de papa ou de maman et, le soir venu, « quand il n’y a plus ni feu rouge qui compte ou panneau stop qui importe » (selon l’un d’eux), ils multiplient les sensations fortes en roulant comme les jeunes écervelés qu’ils sont…

Les triporteurs tuent, les motocyclistes et cyclistes se tuent, les piétons aussi, les chauffards chauffent les statistiques de la mort.

Les feux rouges sont ignorés, allégrement grillés, les « stops » ne sont respectés que quand il y a...

un policier dans le coin, les limitations de vitesse ne sont observées que là où se trouve un radar, la signalisation n’est ni impérative ni indicative, mais simplement décorative. Et les morts s’accumulent, les blessés s’entassent, les cris de douleur fusent, les larmes coulent et le chagrin déchire. Malheureusement trop tard. Au Maroc, pas besoin de guerre civile ou de séisme, les gens assurent d’eux-mêmes l’hécatombe. En 10 ans, 35.000 morts et 100.000 handicapés.

Et puis il y a cette dictature des taxis. Blancs, rouges, bleus, souvent aussi décolorés dehors qu’édulcorés dedans, ils roulent comme ils conçoivent, foncent comme ils doivent et ramassent des clients comme ils peuvent.

Pas de code, pas de civisme, refus absolu de la ceinture de sécurité, aucune discipline dans les gares, et les aéroports, où ces chauffeurs de taxis, rugueux et hargneux, viennent racoler le chaland, le monnayent âprement entre eux, le parquent dans leurs véhicules avant de foncer à la recherche d’autres passagers.

L’Etat marocain, si fort et si puissant, sûr de lui et conquérant, a perdu la bataille face à ces chauffeurs de taxis qui l’ont fait plier et, plus généralement, cet Etat a perdu la guerre de la route contre ses propres citoyens !

Et pourtant, ce même Etat a mis les moyens, institutionnels, juridiques et techniques. L’agence Narsa a été créée pour améliorer la gestion de la circulation, le code de la route a évolué, plus sévère contre les contrevenants, des radars dernière génération ont fleuri sur nos routes, policiers et gendarmes sont plus professionnels et moins corrompus.

Et rien n’y fait, absolument rien, les morts et les blessés se multiplient, les dégâts et les hécatombes se poursuivent, classant nos routes parmi les plus dangereuses au monde.

Alors que faire ? Etre encore plus sévère dans la répression des mauvais chauffards. Oui, répression, il n’y a pas d’autres mots contre ces délinquants d’un genre nouveau.

Mettre en place une police dédiée, qui surveille, et une juridiction spéciale, qui sévit, avec un code de la route aussi sévère que possible. Mise en fourrière et retrait de permis pour de longues, très longues durées, travaux d’intérêt général au besoin, prison/bracelets électroniques pour les plus inconscients, condamnation et casier judiciaire pour les récidivistes, délation récompensée à la coréenne (du Sud) contre les contrevenants…

Aucun passe-droit, pas de fils ou fille de, pas de haut fonctionnaire ou haut gradé, tout le monde doit respecter le code, ou en payer le prix. Elevé, très élevé.

Aux grands maux, les grands moyens. Et connaissant l’âme des Marocains, cela ne durera pas longtemps avant que les choses rentrent dans l’ordre et les chauffards dans le rang.

Autrement, on pourra continuer à compter nos morts par dizaines de milliers. Ajoutés aux départs définitifs, par dizaines de milliers aussi, il ne restera plus grand monde dans ce pays autoproclamé plus beau du monde…

Rédigé par Aziz Boucetta sur Panorapost 



Jeudi 27 Juillet 2023


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