Le "Nouveau Gaza"!
L'administration de Donald Trump a profité du lancement du "Conseil de paix" à Davos pour présenter sa vision de la reconstruction de l'enclave palestinienne, ravagée par deux ans de frappes d'Israël. ! Mais , que sait-on du plan américain pour reconstruire le territoire palestinien dévasté ?
Donald Trump avait déjà suscité une vague d'indignation quand il avait proposé de transformer la bande de Gaza en "Riviera", début 2025. Un an plus tard, les Etats-Unis semblent conserver la même vision du futur de l'enclave palestinienne dévastée.
Donald Trump avait déjà suscité une vague d'indignation quand il avait proposé de transformer la bande de Gaza en "Riviera", début 2025. Un an plus tard, les Etats-Unis semblent conserver la même vision du futur de l'enclave palestinienne dévastée.
C'est au Forum économique mondial de Davos (Suisse) que l'administration américaine a révélé, jeudi 22 janvier, un plan pour un "Nouveau Gaza", dont le front de mer serait transformé en un complexe luxueux de gratte-ciels.
Le "Nouveau Gaza", une zone touristique au financement flou !
"Je vais avoir beaucoup de succès à Gaza, ça va être beau à voir", a déclaré Donald Trump alors qu'il présentait son controversé "Conseil de paix". "Je suis un promoteur immobilier dans l'âme (...) et j'ai dit 'Regardez ce site en bord de mer, regardez ce superbe lot foncier, ce que ce pourrait être pour tant de gens'".
Le projet pourrait voir le jour dans trois ans, a affirmé son gendre Jared Kushner, qui s'est chargé de la présentation, à grand renfort de visuels préparés à l'aide de l'intelligence artificielle.Jared Kushner, qui n'a aucune fonction officielle mais fait office d'émissaire parmi d'autres pour le conflit à Gaza, a estimé que ce "maître projet" était voué à un "succès effrayant".
La bande de Gaza est pourtant ravagée par la guerre menée par Israël en représailles à l'attaque du 7-Octobre. Les opérations militaires ont détruit une grande partie des bâtiments, fait plus de 270 000 morts selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, et près de 800 000 déplacés internes dans l'enclave.
Un cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis est entré en vigueur en octobre, mais la crise humanitaire perdure et un peu plus de la moitié du territoire – une zone quasi vidée de sa population – reste contrôlée par l'Etat hébreu.
Voici ce que l'on sait des très hypothétiques projets américains pour l'avenir du territoire. Des tours d'habitation et une zone de "tourisme côtier" Parmi les visuels présentés sur scène à Davos par Jared Kushner, on pouvait notamment apercevoir une esquisse de dizaines de tours d'appartements avec terrasse surplombant une allée ombragée.
Une carte montrait l'enclave entière divisée en zones à différents usages. L'intégralité du littoral méditerranéen de l'enclave y est présentée comme destinée au "tourisme côtier" et occupée par "180 tours", tandis que le reste du territoire se partage entre des quartiers résidentiels, des étendues de parcs, terrains agricoles et installations sportives, et des zones dédiées aux industries et aux data centers, plutôt situées en bordure de la frontière avec Israël.
"Les zones résidentielles n'occuperaient qu'environ la moitié de la carte, tandis que certaines zones désignées pour l'agriculture sont situées sur des sols pauvres et sablonneux, impropres à la culture", remarque le Washington Post(Nouvelle fenêtre).
Les villes seraient construites sur un modèle "pré-planifié, composées d'immeubles d'appartements de plusieurs étages", séparées des zones touristiques et loin des bordures de l'enclave, précise encore le quotidien américain.
Un objectif de construction en trois ans
"Au Moyen-Orient, ils construisent des villes comme ça, pour deux ou trois millions de personnes, ils le font en trois ans", a assuré Jared Kushner devant le public de Davos.
"C'est faisable en trois ans si nous voulons que ce le soit." Le plan américain, divisé en quatre phases, commencera selon lui par la construction de plus de "100 000 unités résidentielles dans la 'Nouvelle Rafah'", du nom de la grande ville du sud du territoire, et se terminerait par la ville de Gaza.
Ces deux zones, comme la majeure partie de la bande de Gaza, ont été dévastées par les frappes de l'armée israélienne. La situation humanitaire y est considérée comme "catastrophique" : fin décembre, l'ONU avait souligné que, si les Gazaouis n'étaient plus en situation de famine, l'insécurité alimentaire restait "critique".
Israël filtre toujours l'aide humanitaire à destination de Gaza, alors que l'accès à l'eau et à l'électricité y est très compliqué.Mi-janvier, un haut responsable de l'ONU, Jorge Moreira da Silva, rappelait la présence de 60 millions de tonnes de décombres sur le territoire, recouvrant "des munitions non explosées, des déchets dangereux et, malheureusement, des dépouilles de personnes".
Il a estimé à 25 milliards de dollars les investissements nécessaires pour reconstruire les infrastructures et les services publics du territoire palestinien. En 10 ans, le PIB de Gaza serait de 10 milliards de dollars, et le revenu moyen par foyer atteindrait 13.000 dollars, grâce «au plein-emploi à 100% et aux possibilités offertes à tous».
«Dans les 100 jours à venir, nous allons continuer sans relâche à nous assurer que cela se réalise»Il a affirmé que le «Comité national pour l'administration de Gaza», censé travailler sous l'autorité du «Conseil de paix» de Donald Trump, avait reçu une proposition du promoteur immobilier israélien Yakir Gabay.
«Il s'est porté volontaire pas pour le profit, mais vraiment en écoutant son coeur», a assuré Jared Kushner. «Donc dans les 100 jours à venir nous allons continuer sans relâche à nous assurer que cela se réalise», a-t-il ajouté.
Il a estimé qu'un désarmement complet du Hamas, prévu par l'accord de cessez-le-feu conclu en octobre, convaincrait les investisseurs et les donateurs. «Il va y avoir de fantastiques opportunités d'investissement», a conclu M. Kushner.
Sa présentation ne mentionnait pas le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays avait porté en 2025 un plan de reconstruction de Gaza soutenu par des pays arabes et accueilli favorablement par l'Union européenne.
Selon un communiqué de ses services, M. Sissi est rentré à l'aube jeudi, quelques heures après un tête-à-tête avec Donald Trump au cours duquel les deux hommes ont échangé des compliments, le président américain le qualifiant de «grand leader» et de «type génial».
En attendant, les projets de Trump placent l'enclave palestinienne sous tutelle étrangère, avec un protectorat illégal soutenu par le Conseil de sécurité de l'ONU !
Environ 70 000 tonnes d'explosifs sont tombées sur Gaza depuis le début de la guerre et le service de la lutte antimines de l'ONU estime que "5 à 10%" de ces munitions n'ont pas explosé.Un financement encore très flouL'administration américaine estime à 25 milliards de dollars les investissements nécessaires pour reconstruire les infrastructures et les services publics du territoire palestinien.
Jared Kushner a affirmé que le "Comité national pour l'administration de Gaza", censé travailler sous l'autorité du "Conseil de paix" de Donald Trump, avait reçu une proposition du promoteur immobilier israélien Yakir Gabay. "Il s'est porté volontaire pas pour le profit, mais vraiment en écoutant son cœur", a-t-il assuré.
Le gendre du président américain n'a pas précisé davantage la façon dont ce plan serait financé. Il a estimé qu'un désarmement complet du Hamas, prévu par l'accord de cessez-le-feu conclu en octobre mais qui n'a pas commencé, convaincrait les investisseurs et les donateurs. Aucun pays ne s'est pour l'instant publiquement engagé à verser des fonds pour la reconstruction de Gaza.
L'avis des Palestiniens, d'Israël et des pays voisins pas évoqué !
Outre le flou sur de nombreux détails concrets, la présentation américaine ne mentionnait pas le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays avait porté, en 2025, un plan de reconstruction de Gaza soutenu par des pays arabes et accueilli favorablement par l'Union européenne.
L'administrateur palestinien Ali Shaath, à la tête de l'organe technocratique censé administrer la bande de Gaza sous la supervision du "Conseil de Paix", avait pourtant déclaré quelques jours plus tôt que les travaux de reconstruction "s'appuieraient essentiellement" sur le plan égyptien.
L'instance qu'il préside étant, entre autres, censée superviser ce chantier colossal.Dans cette présentation, rien n'a été dit, non plus, de l'opinion d'Israël sur le projet. Le plan ne pose pas non plus la question du consentement des Palestiniens. Ni même de ce qu'il va advenir de la population de la bande de Gaza au commencement des travaux.
Si selon l'administrateur du territoire , le passage de Rafah ouvrira "dans les deux sens" la semaine prochaine, une grosse incertitude entoure l'avenir politique de l'enclave et celui des palestiniens qui sont toujours menacés de déportation et de génocide.
Avec AFP
Jared Kushner a affirmé que le "Comité national pour l'administration de Gaza", censé travailler sous l'autorité du "Conseil de paix" de Donald Trump, avait reçu une proposition du promoteur immobilier israélien Yakir Gabay. "Il s'est porté volontaire pas pour le profit, mais vraiment en écoutant son cœur", a-t-il assuré.
Le gendre du président américain n'a pas précisé davantage la façon dont ce plan serait financé. Il a estimé qu'un désarmement complet du Hamas, prévu par l'accord de cessez-le-feu conclu en octobre mais qui n'a pas commencé, convaincrait les investisseurs et les donateurs. Aucun pays ne s'est pour l'instant publiquement engagé à verser des fonds pour la reconstruction de Gaza.
L'avis des Palestiniens, d'Israël et des pays voisins pas évoqué !
Outre le flou sur de nombreux détails concrets, la présentation américaine ne mentionnait pas le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays avait porté, en 2025, un plan de reconstruction de Gaza soutenu par des pays arabes et accueilli favorablement par l'Union européenne.
Une grosse incertitude entoure l'avenir politique de l'enclave et celui des palestiniens qui sont toujours menacés de déportation et de génocide.
L'administrateur palestinien Ali Shaath, à la tête de l'organe technocratique censé administrer la bande de Gaza sous la supervision du "Conseil de Paix", avait pourtant déclaré quelques jours plus tôt que les travaux de reconstruction "s'appuieraient essentiellement" sur le plan égyptien.
L'instance qu'il préside étant, entre autres, censée superviser ce chantier colossal.Dans cette présentation, rien n'a été dit, non plus, de l'opinion d'Israël sur le projet. Le plan ne pose pas non plus la question du consentement des Palestiniens. Ni même de ce qu'il va advenir de la population de la bande de Gaza au commencement des travaux.
Si selon l'administrateur du territoire , le passage de Rafah ouvrira "dans les deux sens" la semaine prochaine, une grosse incertitude entoure l'avenir politique de l'enclave et celui des palestiniens qui sont toujours menacés de déportation et de génocide.
En attendant, les projets de Trump placent l'enclave palestinienne sous tutelle étrangère, avec un protectorat illégal soutenu par le Conseil de sécurité de l'ONU !
Avec AFP












L'accueil
















