À Cannes, Peter Jackson n’est pas venu seulement recevoir une Palme d’or d’honneur. Il est apparu comme un cinéaste en mouvement, loin de l’image du monument figé que son parcours hollywoodien pourrait laisser croire. Entre anecdotes sur ses débuts gore en Nouvelle-Zélande, souvenirs du "Le Seigneur des Anneaux" et réflexion nuancée sur l’intelligence artificielle, une annonce a surtout électrisé la Croisette : le second Tintin est enfin en écriture. Quinze ans après les premières promesses.
Durant une masterclass dense et souvent drôle, Jackson a rappelé qu’avant d’être l’un des plus grands artisans du blockbuster moderne, il reste un réalisateur façonné par le bricolage et l’expérimentation. Évoquant Bad Taste, il a défendu un cinéma du système D, né de l’inventivité plus que des moyens. « Le meilleur chemin pour un jeune cinéaste sans argent, c’est l’horreur », a-t-il lancé avec autodérision. Une phrase qui résume bien sa trajectoire : chez Jackson, même les excès les plus grotesques ont toujours été guidés par une obsession de mise en scène.
Mais c’est évidemment le retour de Tintin qui a capté toute l’attention. Depuis "Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne", réalisé par Steven Spielberg et conçu comme le premier volet d’un diptyque, le projet semblait perdu dans les limbes d’Hollywood. Jackson devait prendre le relais pour la suite, mais les années ont passé sans nouvelle concrète. À Cannes, le réalisateur a finalement confirmé que le film existait toujours. Mieux encore : il a révélé travailler actuellement sur le scénario, allant jusqu’à plaisanter sur le fait d’avoir écrit dessus le matin même dans sa chambre d’hôtel avant de monter sur scène.
Derrière l’humour, cette déclaration révèle surtout la volonté de Jackson de renouer avec une promesse artistique laissée en suspens. Le cinéaste a également précisé que cette nouvelle aventure ne reprendrait pas directement la fin du "Secret de La Licorne". Le futur film devrait proposer un récit indépendant, sans que l’album d’Hergé adapté ne soit encore connu. Un choix qui laisse imaginer une approche plus libre, davantage tournée vers la réinvention que vers la logique classique de franchise.
Cette annonce intervient à un moment particulier de la carrière du réalisateur. Depuis "Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées", Jackson s’est éloigné de la fiction traditionnelle pour se consacrer à des projets documentaires et patrimoniaux comme They Shall Not Grow Old ou The Beatles: Get Back. Un virage qui a profondément transformé son rapport aux images, à la mémoire et à la technologie.
Son discours sur l’intelligence artificielle à Cannes s’inscrit dans cette continuité. Loin des positions radicales, Jackson a défendu une approche pragmatique : la technologie peut enrichir le cinéma à condition de respecter l’éthique et les droits des créateurs. Une vision cohérente avec son parcours, lui qui a toujours utilisé l’innovation comme un outil au service du récit et de la transmission.
C’est précisément pour cela que le retour de Tintin intrigue autant. Le projet pourrait devenir le point de rencontre idéal entre deux facettes du réalisateur : le pionnier technologique derrière Weta Digital et le cinéaste plus contemplatif de ces dernières années, fasciné par les archives, la mémoire et la restauration du patrimoine visuel.
Au fond, cette rencontre cannoise a surtout rappelé une chose : derrière les records du box-office et l’ampleur industrielle de ses films, Peter Jackson reste un auteur profondément attaché au cinéma populaire. Un metteur en scène nourri par Buster Keaton, King Kong et les rêves d’enfance. D’ailleurs, lorsqu’il évoque son œuvre avec émotion, ce n’est pas forcément vers la Terre du Milieu qu’il se tourne, mais vers King Kong, sans doute son film le plus personnel.
À 64 ans, Peter Jackson apparaît moins comme une légende immobile que comme un créateur en perpétuel retour vers ses obsessions fondatrices : l’aventure, le merveilleux, la mémoire et l’innovation. Et dans ce mouvement circulaire, voir Tintin renaître après quinze ans d’attente ressemble peut-être enfin à l’accomplissement d’un vieux rêve de cinéma.
Durant une masterclass dense et souvent drôle, Jackson a rappelé qu’avant d’être l’un des plus grands artisans du blockbuster moderne, il reste un réalisateur façonné par le bricolage et l’expérimentation. Évoquant Bad Taste, il a défendu un cinéma du système D, né de l’inventivité plus que des moyens. « Le meilleur chemin pour un jeune cinéaste sans argent, c’est l’horreur », a-t-il lancé avec autodérision. Une phrase qui résume bien sa trajectoire : chez Jackson, même les excès les plus grotesques ont toujours été guidés par une obsession de mise en scène.
Mais c’est évidemment le retour de Tintin qui a capté toute l’attention. Depuis "Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne", réalisé par Steven Spielberg et conçu comme le premier volet d’un diptyque, le projet semblait perdu dans les limbes d’Hollywood. Jackson devait prendre le relais pour la suite, mais les années ont passé sans nouvelle concrète. À Cannes, le réalisateur a finalement confirmé que le film existait toujours. Mieux encore : il a révélé travailler actuellement sur le scénario, allant jusqu’à plaisanter sur le fait d’avoir écrit dessus le matin même dans sa chambre d’hôtel avant de monter sur scène.
Derrière l’humour, cette déclaration révèle surtout la volonté de Jackson de renouer avec une promesse artistique laissée en suspens. Le cinéaste a également précisé que cette nouvelle aventure ne reprendrait pas directement la fin du "Secret de La Licorne". Le futur film devrait proposer un récit indépendant, sans que l’album d’Hergé adapté ne soit encore connu. Un choix qui laisse imaginer une approche plus libre, davantage tournée vers la réinvention que vers la logique classique de franchise.
Cette annonce intervient à un moment particulier de la carrière du réalisateur. Depuis "Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées", Jackson s’est éloigné de la fiction traditionnelle pour se consacrer à des projets documentaires et patrimoniaux comme They Shall Not Grow Old ou The Beatles: Get Back. Un virage qui a profondément transformé son rapport aux images, à la mémoire et à la technologie.
Son discours sur l’intelligence artificielle à Cannes s’inscrit dans cette continuité. Loin des positions radicales, Jackson a défendu une approche pragmatique : la technologie peut enrichir le cinéma à condition de respecter l’éthique et les droits des créateurs. Une vision cohérente avec son parcours, lui qui a toujours utilisé l’innovation comme un outil au service du récit et de la transmission.
C’est précisément pour cela que le retour de Tintin intrigue autant. Le projet pourrait devenir le point de rencontre idéal entre deux facettes du réalisateur : le pionnier technologique derrière Weta Digital et le cinéaste plus contemplatif de ces dernières années, fasciné par les archives, la mémoire et la restauration du patrimoine visuel.
Au fond, cette rencontre cannoise a surtout rappelé une chose : derrière les records du box-office et l’ampleur industrielle de ses films, Peter Jackson reste un auteur profondément attaché au cinéma populaire. Un metteur en scène nourri par Buster Keaton, King Kong et les rêves d’enfance. D’ailleurs, lorsqu’il évoque son œuvre avec émotion, ce n’est pas forcément vers la Terre du Milieu qu’il se tourne, mais vers King Kong, sans doute son film le plus personnel.
À 64 ans, Peter Jackson apparaît moins comme une légende immobile que comme un créateur en perpétuel retour vers ses obsessions fondatrices : l’aventure, le merveilleux, la mémoire et l’innovation. Et dans ce mouvement circulaire, voir Tintin renaître après quinze ans d’attente ressemble peut-être enfin à l’accomplissement d’un vieux rêve de cinéma.












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