« L’Afrique des 55 Etats » : Lorsque la langue d’O. Sonko fourche…
À quoi joue réellement Dakar quand une simple phrase prononcée en conférence vient brouiller des années de constance diplomatique ? Que faut-il comprendre de cette sortie du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, affirmant que l’Afrique compterait cinquante-cinq États et non cinquante-quatre ? Peut-on réduire cela à un lapsus, à une maladresse de langage, ou faut-il y voir un signal plus troublant dans un moment où chaque mot pèse lourd sur l’échiquier africain ?
Comment ne pas s’interroger, en effet, quand cette déclaration émane d’un responsable d’un pays qui, historiquement, a toujours affiché un soutien clair à la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire ? Le Sénégal n’a-t-il pas, depuis des années, multiplié les gestes politiques et diplomatiques allant dans ce sens ? N’a-t-il pas soutenu Rabat dans les enceintes onusiennes, notamment à la quatrième commission des Nations unies ? N’a-t-il pas, surtout, donné un signal fort en ouvrant un consulat général à Dakhla, acte concret bien plus parlant que de longues déclarations d’intention ?
Dès lors, comment interpréter cet écart ? Peut-on vraiment parler d’une simple confusion lorsqu’un chef de gouvernement, rompu aux codes du discours public, emploie une formulation aussi sensible sur un sujet aussi chargé ? Un responsable de ce niveau ignore-t-il réellement la portée symbolique d’un chiffre, d’une formule, d’une nuance diplomatique ? Ou faut-il admettre que, derrière la bévue apparente, s’exprime peut-être une ambiguïté plus profonde ?
Et si cet épisode n’était pas totalement déconnecté du contexte récent entre Rabat et Dakar ? Les tensions nées autour de la finale de la Coupe d’Afrique des nations organisée par le Royaume ont-elles laissé plus de traces qu’on ne veut bien l’admettre ? Le sacre des Lions de la Teranga, vécu avec amertume côté marocain, a-t-il nourri un climat émotionnel susceptible de parasiter, même à la marge, la relation politique entre les deux pays ? Une rivalité sportive peut-elle contaminer, même indirectement, un partenariat diplomatique jusque-là présenté comme solide et exemplaire ?
La question mérite d’autant plus d’être posée que le président Bassirou Diomaye Faye semble déjà engagé dans un exercice délicat d’équilibriste. Comment préserver la qualité du lien avec Rabat tout en contenant les maladresses ou les dissonances venues de la primature ? Cette cohabitation entre le chef de l’État et son Premier ministre n’ajoute-t-elle pas à la confusion ? Et après les messages d’apaisement envoyés par Dakar à la suite des crispations sportives récentes, cette nouvelle sortie ne vient-elle pas compliquer un peu plus la tâche du président sénégalais ?
Du côté marocain, faut-il voir dans le ton mesuré de Rabat le signe d’une confiance intacte, ou celui d’une vigilance polie ? Le message de félicitations adressé par Sa Majesté le Roi au président sénégalais à l’occasion de la fête de l’indépendance du Sénégal n’a-t-il pas justement rappelé le caractère prioritaire de cette relation bilatérale ? En soulignant les liens séculaires de fraternité entre les deux peuples et la coopération sans cesse renouvelée entre les deux États, le Maroc n’a-t-il pas choisi, au moins pour l’instant, de miser sur la profondeur historique plutôt que sur l’émotion du moment ?
Mais jusqu’à quand cette profondeur historique suffira-t-elle à absorber les faux pas ? Car enfin, comment ne pas relever le contraste entre cette déclaration polémique et la visite officielle effectuée fin janvier par Ousmane Sonko au Maroc à l’occasion de la quinzième commission mixte ? Cette visite n’avait-elle pas été marquée par la signature de dix-sept accords de coopération ? Le Premier ministre sénégalais n’y avait-il pas lui-même réaffirmé l’amitié historique entre Dakar et Rabat, ainsi que la dimension stratégique de leur partenariat ? Comment passer, en si peu de temps, d’un discours de consolidation à une formule qui ravive le soupçon ?
Faut-il alors attendre un rectificatif clair ?
Ousmane Sonko choisira-t-il de corriger explicitement ses propos, de lever l’ambiguïté, de restaurer sans détour la lisibilité de la position sénégalaise ?
Ou préférera-t-il laisser flotter le doute, au risque d’alimenter les interprétations et d’abîmer une relation que les deux pays ont toujours présenté comme exemplaire ?
Au fond, la vraie question est peut-être la suivante : s’agit-il d’une faute de langage, d’un incident diplomatique ou d’un test politique ? À quoi joue le Sénégal, exactement, lorsqu’il fragilise par une phrase ce qu’il prétend consolider par ses actes ? Et surtout, dans une Afrique où les alliances se recomposent à grande vitesse, le temps est-il encore aux maladresses, ou déjà aux clarifications ?
Comment ne pas s’interroger, en effet, quand cette déclaration émane d’un responsable d’un pays qui, historiquement, a toujours affiché un soutien clair à la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire ? Le Sénégal n’a-t-il pas, depuis des années, multiplié les gestes politiques et diplomatiques allant dans ce sens ? N’a-t-il pas soutenu Rabat dans les enceintes onusiennes, notamment à la quatrième commission des Nations unies ? N’a-t-il pas, surtout, donné un signal fort en ouvrant un consulat général à Dakhla, acte concret bien plus parlant que de longues déclarations d’intention ?
Dès lors, comment interpréter cet écart ? Peut-on vraiment parler d’une simple confusion lorsqu’un chef de gouvernement, rompu aux codes du discours public, emploie une formulation aussi sensible sur un sujet aussi chargé ? Un responsable de ce niveau ignore-t-il réellement la portée symbolique d’un chiffre, d’une formule, d’une nuance diplomatique ? Ou faut-il admettre que, derrière la bévue apparente, s’exprime peut-être une ambiguïté plus profonde ?
Et si cet épisode n’était pas totalement déconnecté du contexte récent entre Rabat et Dakar ? Les tensions nées autour de la finale de la Coupe d’Afrique des nations organisée par le Royaume ont-elles laissé plus de traces qu’on ne veut bien l’admettre ? Le sacre des Lions de la Teranga, vécu avec amertume côté marocain, a-t-il nourri un climat émotionnel susceptible de parasiter, même à la marge, la relation politique entre les deux pays ? Une rivalité sportive peut-elle contaminer, même indirectement, un partenariat diplomatique jusque-là présenté comme solide et exemplaire ?
La question mérite d’autant plus d’être posée que le président Bassirou Diomaye Faye semble déjà engagé dans un exercice délicat d’équilibriste. Comment préserver la qualité du lien avec Rabat tout en contenant les maladresses ou les dissonances venues de la primature ? Cette cohabitation entre le chef de l’État et son Premier ministre n’ajoute-t-elle pas à la confusion ? Et après les messages d’apaisement envoyés par Dakar à la suite des crispations sportives récentes, cette nouvelle sortie ne vient-elle pas compliquer un peu plus la tâche du président sénégalais ?
Du côté marocain, faut-il voir dans le ton mesuré de Rabat le signe d’une confiance intacte, ou celui d’une vigilance polie ? Le message de félicitations adressé par Sa Majesté le Roi au président sénégalais à l’occasion de la fête de l’indépendance du Sénégal n’a-t-il pas justement rappelé le caractère prioritaire de cette relation bilatérale ? En soulignant les liens séculaires de fraternité entre les deux peuples et la coopération sans cesse renouvelée entre les deux États, le Maroc n’a-t-il pas choisi, au moins pour l’instant, de miser sur la profondeur historique plutôt que sur l’émotion du moment ?
Mais jusqu’à quand cette profondeur historique suffira-t-elle à absorber les faux pas ? Car enfin, comment ne pas relever le contraste entre cette déclaration polémique et la visite officielle effectuée fin janvier par Ousmane Sonko au Maroc à l’occasion de la quinzième commission mixte ? Cette visite n’avait-elle pas été marquée par la signature de dix-sept accords de coopération ? Le Premier ministre sénégalais n’y avait-il pas lui-même réaffirmé l’amitié historique entre Dakar et Rabat, ainsi que la dimension stratégique de leur partenariat ? Comment passer, en si peu de temps, d’un discours de consolidation à une formule qui ravive le soupçon ?
Faut-il alors attendre un rectificatif clair ?
Ousmane Sonko choisira-t-il de corriger explicitement ses propos, de lever l’ambiguïté, de restaurer sans détour la lisibilité de la position sénégalaise ?
Ou préférera-t-il laisser flotter le doute, au risque d’alimenter les interprétations et d’abîmer une relation que les deux pays ont toujours présenté comme exemplaire ?
Au fond, la vraie question est peut-être la suivante : s’agit-il d’une faute de langage, d’un incident diplomatique ou d’un test politique ? À quoi joue le Sénégal, exactement, lorsqu’il fragilise par une phrase ce qu’il prétend consolider par ses actes ? Et surtout, dans une Afrique où les alliances se recomposent à grande vitesse, le temps est-il encore aux maladresses, ou déjà aux clarifications ?
Dernière minute : un début de clarification semble émerger du côté sénégalais.
Dans un message relayé sur les réseaux sociaux, le DG de la télévision publique sénégalaise rappele que le continent africain compte officiellement cinquante-quatre États reconnus par les Nations unies et que la référence à « cinquante-cinq États », entendue dans certaines interventions récentes, relèverait d’un simple lapsus.
Il insiste aussi sur l’attachement du Sénégal à la précision des faits, au respect du cadre institutionnel onusien et à la constance de ses positions historiques.
Sans clore totalement les interrogations, cette mise au point tend à désamorcer la polémique et à réinscrire l’épisode dans le registre de la maladresse plutôt que dans celui d’un infléchissement diplomatique.
Il insiste aussi sur l’attachement du Sénégal à la précision des faits, au respect du cadre institutionnel onusien et à la constance de ses positions historiques.
Sans clore totalement les interrogations, cette mise au point tend à désamorcer la polémique et à réinscrire l’épisode dans le registre de la maladresse plutôt que dans celui d’un infléchissement diplomatique.












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