Depuis près de soixante ans, « Amar Chitra Katha » (ACK) demeure une référence en Inde pour initier les enfants à la mythologie et à l’histoire du pays, et conserve une forte popularité à l’ère numérique. L’idée de la série est née lorsque son créateur, Anant Pai, a constaté, via un questionnaire, que les jeunes Indiens connaissaient mieux les dieux grecs que leurs propres héros mythologiques.
Paru en 1967, le premier volume d’ACK, « Histoires illustrées immortelles » en hindi rencontre un succès immédiat. Chaque album aborde un thème spécifique, des divinités hindoues aux figures de l’indépendance, et s’est vendu à des millions d’exemplaires, avec des traductions dans de nombreuses langues régionales.
La montée des séries d’animation sur Cartoon Network, puis l’adaptation télévisée du « Mahâbhârata », a freiné les ventes. Un incendie l’an dernier a même détruit une partie des archives de l’éditeur. Pourtant, la détermination de la maison n’a pas faibli.
« La majorité des lecteurs d’Amar Chitra Katha ont entre 25 et 45 ans », souligne Reena I Puri, directrice éditoriale. « Ceux qui ont grandi avec la série l’offrent à leurs enfants. »
À 13 ans, Aarav Vedhanayagam confirme: « J’adore la façon dont ils racontent les histoires, les dessins. Ça plaît à tout âge, du petit enfant au grand-père. »
La qualité du travail de recherche, d’écriture, de mise en page et de mise en couleurs reste centrale, tandis que le style graphique a évolué. « Nous étions habitués à un Ram très mince, un Shiva très mince », se souvient Mme Puri, 68 ans. « Aujourd’hui, les artistes les dessinent avec des abdominaux et des muscles saillants. »
Évolution éditoriale et respect de l’art
Les scénarios ont également gagné en nuance. Les récits de batailles valorisent courage et bravoure dans les deux camps, et les scènes de vie quotidienne ont été modernisées. « Auparavant, nous montrions l’homme lisant le journal, tandis que la femme balayait ou cuisinait. Désormais, la femme peut être représentée lisant, et l’homme lui apportant une tasse de thé », explique Reena I Puri.
La pandémie de Covid-19 a accéléré la transition numérique d’ACK. Un mois d’accès gratuit à l’application a attiré un large public, dont plus d’un quart est resté. « Nous avons compris que nous tenions là quelque chose à développer », confie Mme Puri.
Aujourd’hui, l’application génère presque autant de revenus que le papier, et un magazine numérique mensuel est en préparation. Les éditeurs refusent néanmoins de recourir à l’intelligence artificielle: « L’art doit être respecté. On ne peut pas simplement prendre des éléments de différents auteurs ou artistes, les mélanger et prétendre créer quelque chose d’original », affirme la responsable.
Pour le dessinateur Srinath Malolan, 24 ans, qui a grandi avec ACK, les possibilités de l’IA sont certes vastes, mais elles « ne remplaceront pas l’intérêt pour ACK ». La priorité reste inchangée, assure Mme Puri: « Rester fidèle à la vision de notre fondateur, raconter l’histoire de l’Inde à ses enfants. Tant que nous serons fidèles à cette vision, nous serons inébranlables. »
Paru en 1967, le premier volume d’ACK, « Histoires illustrées immortelles » en hindi rencontre un succès immédiat. Chaque album aborde un thème spécifique, des divinités hindoues aux figures de l’indépendance, et s’est vendu à des millions d’exemplaires, avec des traductions dans de nombreuses langues régionales.
La montée des séries d’animation sur Cartoon Network, puis l’adaptation télévisée du « Mahâbhârata », a freiné les ventes. Un incendie l’an dernier a même détruit une partie des archives de l’éditeur. Pourtant, la détermination de la maison n’a pas faibli.
« La majorité des lecteurs d’Amar Chitra Katha ont entre 25 et 45 ans », souligne Reena I Puri, directrice éditoriale. « Ceux qui ont grandi avec la série l’offrent à leurs enfants. »
À 13 ans, Aarav Vedhanayagam confirme: « J’adore la façon dont ils racontent les histoires, les dessins. Ça plaît à tout âge, du petit enfant au grand-père. »
La qualité du travail de recherche, d’écriture, de mise en page et de mise en couleurs reste centrale, tandis que le style graphique a évolué. « Nous étions habitués à un Ram très mince, un Shiva très mince », se souvient Mme Puri, 68 ans. « Aujourd’hui, les artistes les dessinent avec des abdominaux et des muscles saillants. »
Évolution éditoriale et respect de l’art
Les scénarios ont également gagné en nuance. Les récits de batailles valorisent courage et bravoure dans les deux camps, et les scènes de vie quotidienne ont été modernisées. « Auparavant, nous montrions l’homme lisant le journal, tandis que la femme balayait ou cuisinait. Désormais, la femme peut être représentée lisant, et l’homme lui apportant une tasse de thé », explique Reena I Puri.
La pandémie de Covid-19 a accéléré la transition numérique d’ACK. Un mois d’accès gratuit à l’application a attiré un large public, dont plus d’un quart est resté. « Nous avons compris que nous tenions là quelque chose à développer », confie Mme Puri.
Aujourd’hui, l’application génère presque autant de revenus que le papier, et un magazine numérique mensuel est en préparation. Les éditeurs refusent néanmoins de recourir à l’intelligence artificielle: « L’art doit être respecté. On ne peut pas simplement prendre des éléments de différents auteurs ou artistes, les mélanger et prétendre créer quelque chose d’original », affirme la responsable.
Pour le dessinateur Srinath Malolan, 24 ans, qui a grandi avec ACK, les possibilités de l’IA sont certes vastes, mais elles « ne remplaceront pas l’intérêt pour ACK ». La priorité reste inchangée, assure Mme Puri: « Rester fidèle à la vision de notre fondateur, raconter l’histoire de l’Inde à ses enfants. Tant que nous serons fidèles à cette vision, nous serons inébranlables. »












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