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Attention à l’Algérie, elle revient…


Il est des moments dans les vies des nations où il est sage de marquer une pause pour réflexion. Le Maroc avance certes… mais reste à savoir vers où et comment, et surtout à quels risques. Ce sont les questions qu’il faut se poser, au-delà des excitations du moment. Sans verser dans le pessimisme le plus noir, l’optimisme doit certes être de rigueur mais en évitant le narcissisme béat.



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Par Aziz Boucetta

La dictature de la géographie et de l’économie est là, et il faudra bien en prendre la mesure. Ainsi, il serait temps de regarder les choses en face, au lieu de continuer de nous gargariser de l’Algérie « sournoise et moribonde qui nous veut du mal mais que  l’on combattra par la profondeur de notre Histoire et la gloire de notre présent ». C’est le meilleur moyen de baisser la garde, qui est le meilleur moyen de ne pas voir les coups venir, qui viennent…

L’Algérie étend son influence, à la russe, dans son étranger proche, et nous Marocains, cultivons notre présence dans le vaste monde. Ce sont deux stratégies différentes, mais qui auront des conséquences. Le Maroc est une île, dit-on, et cela se confirme de plus en plus. Alger s’est rapproché de l’Italie par le gaz, puis s’est « réconcilié » avec la France pour l’uranium nigérien, s’est accaparé de la Tunisie par l’argent, et travaille durement à dompter la Mauritanie, par tous les moyens.

Puis, petit à petit, progressivement, du proche au plus lointain, l’Algérie élargit son champ d’influence en rampant, à bas bruit… Observons la TICAD, et inquiétons-nous, en regardant la dure réalité. Seuls quelques Etats ont dit « regretter » l’absence du Maroc et seule une poignée de pays ont quitté la conférence, comme la Guinée Bissau, dont le président se trouve aujourd’hui à Alger, en visite officielle!

Le Maroc, pour sa part, a renoué avec l’Espagne, entretient une douce (et toujours incertaine) idylle avec les Etats-Unis, coule une lune de miel avec l’Allemagne et roucoule face à la Chine et à la Russie.

Mais le problème avec les grands pays est … qu’ils voient grand, et que nous sommes petits. Petits par le PIB… petits par l’industrie (hors OCP)… petits par l’agriculture... petits dans les classements mondiaux d'à peu près koulchi,… petits par la confiance des Marocains, dont le tiers veut quitter le pays et dont les plus nantis sont pour une grande partie binationaux… petits par l’indigence d’une classe politique inconsciente (ou insouciante) des grands enjeux planétaires… petits par la qualité et la quantité de nos représentations diplomatiques qui ont de moins en moins de moyens face à des enjeux de plus en plus grands. En un mot, petits.

Le roi Mohammed VI, lui, voit grand, mais il est seul, ou en compagnie de quelques-uns, à avoir une telle vision, avec les perspectives qui vont avec. Mais, comme le dit le dicton marocain, une main seule n’applaudit pas…

Autrement dit, si l’Algérie tisse sa toile lentement, elle le fait sûrement dans des pays qu’elle « maîtrise » d’une manière ou d’une autre, alors que le Maroc veut jouer dans la cour des Grands sans s’en donner véritablement les moyens. Or, fait établi et confirmé par le fait, l’Algérie ne nous aime pas. Ses ressources énergétiques, même mal gérées, lui procurent des recettes de plus en plus importantes, dont elle se servira contre le pays qu’elle a désigné comme son ennemi, en l’occurrence le Maroc, et très certainement avec le concours – même discret – de la France qui n’accepte pas cette volonté d’émancipation de Rabat.

Le stress hydrique nous guette, et en premier dans les deux grandes villes que sont Casablanca et Rabat, la relance Covid n’est pas encore au rendez-vous, l’insécurité alimentaire point à l’horizon avec une récolte rachitique et un monde en émoi. La grande politique dessinée par le chef de l’Etat est compromise par l’action de petits politiciens qui hantent les institutions et n’ont le courage de rien faire.

Il faut donc cesser de nous gargariser bruyamment de nos relatifs succès et s’atteler sérieusement à envisager le monde pour ce qu’il est, un endroit dangereux pour les petits pays, dont seuls ceux qui chassent en meute pourront s’en sortir. Il est important d’ouvrir notre diplomatie à nos entrepreneurs, nos universitaires, notre communauté dans le monde (comme l’a récemment rappelé le roi), nos sportifs (ou ce qu’il en reste), afin de pouvoir nous imposer ou de simplement éviter d’imploser. Il est aussi important de mieux concevoir notre agriculture et de véritablement doper notre industrie.

Nous n’avons pas l’argent ou la puissance de nos ennemis, mais nous avons des talents. Il ne faut pas les laisser dormir.

Rédigé Aziz Boucetta sur Panora Post



Mercredi 31 Août 2022


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